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Voici pourquoi l'Europe est (encore) à la traîne de Wall Street en 2018

©AFP

Depuis le début de l'année, l'indice Stoxx Europe 600 accuse un repli alors que son homologue américain voit la vie en vert. Les raisons de ce décalage?

C’est un constat déjà tiré à multiples reprises mais qui perdure encore cette année: l’Europe boursière est à la traîne par rapport à Wall Street. Cette fois, la principale raison en est simple. La plupart des actions technologiques favorites des investisseurs sont cotées à Wall Street. Il n’y a qu’à jeter un oeil sur les gains de plus de 80% enregistrés cette année par Twitter (+83%) et Netflix (+103%) pour saisir l'engouement que suscite ces valeurs.

"L’Europe manque d’actions technologiques cool" estime Max Kettner, un stratégiste de la Commerzbank à Londres. "Cela sera difficile de voir l’Europe surperformer les Etats-Unis", prévient-il.

Depuis le début de l’année, l’indice européen Stoxx Europe 600 s’est contracté de 2,61% tandis que le S&P 500 peut s’enorgueillir d’un gain de 1,48% qu’il doit, pour l’essentiel, aux valeurs technos. Goldman Sachs a en effet constaté que plus de 100% du return total de 3% enregistré par l’indice depuis le début de l’année est le fait de 10 actions dont huit font partie de ce segment très prisé où l’on retrouve les incontournables FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google).

Voici les dix actions qui ont contribué à plus de 100% du return du S&P 500 depuis le début de l'année. ©Bloomberg

Toutefois, si l’on retire les actions technos et les valeurs télécoms du benchmark américain, l’écart se réduit sensiblement, l’indice affichant un repli de 0,6%.

Ce n’est pas que de ce côté-ci de l’Atlantique, les valeurs technologiques ont démérité. Loin de là. Avec un gain de 5% depuis le début de l’année ce compartiment est même l’un des plus performants. Le hic, c’est qu’il ne pèse que 4,7% au sein du Stoxx Europe 600 contre 26% pour le S&P500.

L'euro n'aide pas

Il existe, bien sûr, d’autres facteurs qui expliquent le retard accumulé par le Vieux continent. La croissance bénéficiaire est à la remorque des Etats-Unis alors que la volatilité politique en Espagne, en Italie et en Allemagne maintiennent les investisseurs sur leurs gardes.

Lorsque l’euro a entamé sa glissade en avril, certains analystes espéraient que ce soutien aux exportateurs allait donner un coup de fouet aux actions européennes. Mais, selon Max Kettner de la Commerzbank, cette théorie a tourné court car les investisseurs se sont plutôt focalisés sur les raisons négatives derrière la faiblesse de la monnaie unique, à savoir la crainte des droits de douane des Etats-Unis.

L'écart sur dix ans se creuse

La comparaison sur le long terme des deux indices ne tourne pas non plus à l’avantage de l’Europe. Sur dix ans, le S&P 500 affiche une croissance de 120% alors qu’elle est cantonnée à 34% du côté du Stoxx 600. La croissance bénéficiaire européenne est estimée à 6,1% cette année et à 8,6% en 2019 alors que pour les Etats-Unis, elle atteint respectivement 23% et 11%.

"Si nous ôtons les technos des deux indices, l’écart se réduit ; un exercice intéressant pour un obtenir une comparaison plus juste serait de pondérer les secteurs de la même manière au sein des deux benchmarks" souligne pour sa part Andrew Milligan, responsable de la stratégie globale chez Aberdeen Standard Investments. "Toutefois, nous devons accepter le fait que la croissance des bénéfices aux Etats-Unis est plus solide que celle en Europe et cela n’est pas dû uniquement aux sociétés de technologies. "

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