Wall Street chute, les Bourses asiatiques s'affolent. L'Europe reste calme

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La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 2,32% vendredi, plombée par la chute de Wall Street la veille, à laquelle s'est ajouté l'impact de la baisse des cours du pétrole. Comment les Bourses européennes vont-elles réagir en cette fin de semaine chaotique sur les places financières mondiales? A l'ouverture, le repli est plutôt limité.

Tokyo, qui avait perdu plus de 7% en début de semaine avant de rebondir, a lâché 2,32% , tandis que Hong Kong plongeait de 4,34% en cours de matinée avant de limiter ses pertes. Même affolement à Shanghai où l'indice composite abandonnait plus de 5% dans les premiers échanges.

Dans le même temps, les actifs jugés sûrs comme le yen et l'or s'apprécient.

→ Ce samedi, retrouvez notre dossier consacré à cette folle semaine boursière. Dans L'Echo et sur lecho.be


Une folle semaine

Le répit aura été bref. La Bourse de New York a été regagnée jeudi par une grande fébrilité, qui a fait chuter ses indices vedettes de plus de 10% depuis les sommets atteints fin janvier.

Le Dow Jones Industrial Average , qui regroupe 30 grands noms de Wall Street, a perdu 4,15%, soit plus de 1.000 points.

Un peu plus tôt, les marchés européens avaient aussi trébuché, Paris finissant en baisse de près de 2%, Londres de 1,5% et Francfort de 2,62%. Le Bel 20 s'est petit à petit enfoncé dans le rouge, plombé par plusieurs poids lourds de la cote. L'indice bruxellois a ainsi clôturé sur un repli de 2% à 3.911,96 points.

→ A l'ouverture en Europe ce vendredi, le repli est plutôt limité. Pour les cours en temps réel, consultez notre Market Live.

"C'est reparti. Juste au moment où on pensait pouvoir revenir en toute sécurité sur les marchés, ils sont de nouveau sur la défensive", a commenté dans une note David de Garis, directeur au sein de la National Australia Bank.

Pourquoi les marchés chutent-ils?

Que se passe-t-il?

La déroute de Wall Street avait été déclenchée la semaine dernière par une montée rapide du taux d'emprunt à dix ans des Etats-Unis, dans la foulée de l'annonce d'une statistique positive.

Après plusieurs mois d'euphorie boursière et sur fond d'amélioration de l'économie, les investisseurs se sont soudainement inquiétés d'une possible accélération de l'inflation et d'une remontée plus rapide que prévu des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Jeudi, c'est un autre indicateur qui fait redouter une accélération de la normalisation de la politique monétaire, alors que les inscriptions hebdomadaires au chômage ont enregistré une baisse surprise pour descendre à leur deuxième plus bas niveau en 45 ans.

Lisez notre analyse Les marchés chutent mais c'est sain

Dans le même temps, la Banque d'Angleterre (BoE) a prévenu d'un resserrement monétaire peut-être plus marqué si l'économie continuait de s'améliorer.

Les indices mesurant la volatilité s'envolaient en cette fin de semaine, "signe que les inquiétudes des investisseurs s'intensifient", a commenté pour l'agence Bloomberg News Hideyuki Ishiguro, analyste chez Daiwa Securities à Tokyo. "Le marché américain est entré dans une phase de correction, c'en est fini de la tendance à la hausse", a-t-il jugé.

La volatilité sur les marchés

Et la suite?

Les observateurs restaient pour la plupart optimistes au vu de la bonne santé des économies mondiales et des solides résultats d'entreprises publiés ces derniers jours.

Correction salutaire ou nouveau cycle baissier? Lisez ici notre analyse suite à la chute des Bourses en début de semaine

"Le marché des actions va continuer à évoluer comme cela (en dents de scie, ndlr) sans que l'on sache quand cela va s'arrêter", estimait ainsi Art Hogan, de Wunderlich Securities.

Dans les salles de marchés, l'ambiance "est plus à la frustration qu'autre chose", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas vraiment de la panique (...) c'est une façon de tester jusqu'où on peut descendre."

Du côté de la banque centrale américaine, on se voulait aussi rassurant. Le président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, a minimisé jeudi les secousses boursières: "C'est une goutte d'eau (...). Le petit repli sur le marché boursier n'a virtuellement pas d'implication sur les perspectives économiques", a-t-il insisté.

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