2019, l'année de la dette grecque

L’année a été marquée par un plus bas historique pour le taux allemand à dix ans et le taux belge à dix ans. La dette grecque a offert la meilleure performance.

Alors qu’en 2018, beaucoup d’analystes s’attendaient à une remontée des taux obligataires, le contraire s’est produit. En juillet de cette année, le taux belge à dix ans a basculé pour la première fois de son histoire en territoire négatif, alors que le taux allemand à dix ans s’est enfoncé toujours plus bas sous zéro. Le mouvement à la baisse observé sur le marché obligataire de la zone euro est arrivé après les déclarations de plusieurs membres de la Banque centrale européenne, qui ont alors indiqué que l’inflation de la zone euro restait intolérablement basse et que la BCE assouplirait encore sa politique monétaire si nécessaire pour la redresser. Le taux allemand à dix ans est même tombé sous le taux de la facilité de dépôt de la BCE, touchant en août un plus bas historique de -0,718%.

Rachats d’actifs

La courbe obligataire a même retrouvé une situation plus observée depuis 2016. Le taux suisse à 50 ans est tombé en dessous de 0% pour la première fois depuis août 2016. Toute la courbe des taux suisse est passée en territoire négatif.

La persistance des taux longs à un plus bas a poussé les investisseurs à se réfugier sur les dettes souveraines plus risquées, en Europe, et sur les marchés émergents.

La BCE a abaissé son taux de dépôt à -0,50% en septembre et annoncé un nouveau programme de rachats d’actifs pour un montant mensuel de 20 milliards d’euros, qui a été à l’œuvre dès le mois de novembre. Parallèlement, aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine a abaissé trois fois ses taux d’intérêt, en raison de l’impact de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

L’International Capital Market Association, qui regroupe des professionnels de la finance, s’inquiète de la persistance de la faiblesse des taux d’intérêt sur la dette européenne. Celle-ci pose un vrai défi pour les investisseurs, souligne l’association. L’échec des politiques monétaires à relancer l’inflation a conduit beaucoup d’investisseurs à penser que les taux longs en Europe vont rester bas pendant longtemps, comme au Japon.

La dette grecque star

La persistance des taux longs à un plus bas a poussé les investisseurs à se réfugier sur les dettes souveraines plus risquées, en Europe, et sur les marchés émergents. En 2019, l’obligation souveraine la plus performante a été celle de la Grèce, qui a rapporté 31% aux investisseurs en termes de rendement, coupons inclus. La dette italienne a également été prisée, avec un rendement de 16% cette année, selon les indices Bloomberg Barclays. Les obligations italiennes ont même été citées comme l’un des quatre actifs à détenir en 2019, selon le gestionnaire d’actifs Blackrock, après les actions américaines et le Brent.

Pause

Toutefois, les investisseurs commencent à douter que les performances des obligations cette année vont se reproduire en 2020. Car les signes d’amélioration économique après le ralentissement mondial, sur fond d’apaisement des tensions commerciales, ont poussé les banques centrales à appuyer sur le bouton pause. Richard Hodges, responsable taux chez Nomura, estime que la baisse "des rendements des obligations d’État européennes" est terminée. "Dans le meilleur des cas, le rendement s’élèvera à 2-3% l’année prochaine", indique-t-il. Toutefois, les investisseurs ne s’attendent pas à un grand mouvement de ventes sur le marché obligataire, en partie parce que certains marchés ne sont pas très liquides.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés