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À 1.000 milliards de dollars, Tesla divise toujours autant

La nouvelle usine de Tesla à Berlin doit contribuer à l'augmentation de la production du groupe. Mais cela justifie-t-il sa récente hausse boursière? ©AFP

Les analystes restent divisés au sujet de la valorisation de Tesla. Certains pointent le flou des prévisions du groupe et d'autres ses avantages compétitifs.

Chère, l'action Tesla ? Grâce à une ascension fulgurante en bourse, le constructeur de voitures électriques est parvenu à intégrer le club des entreprises kilomilliardaires. Avec une capitalisation boursière de plus de 1.000 milliards de dollars, le groupe d'Elon Musk divise toujours autant les analystes financiers. Environ la moitié d'entre eux conseillent d'acheter le titre Tesla, tandis que les autres sont soit neutres, soit vendeurs de l'action du groupe américain.

"Tesla détient un ensemble de technologies qui lui permettraient d’être, à long terme, un champion dans l’auto et l’énergie."
Morgan Stanley

Morgan Stanley a sans doute contribué à l'engouement récent pour l'action du constructeur automobile américain, qui avait bondi de plus de 12% lundi à près de 1.025 dollars. Le week-end dernier, la banque d'affaires a nettement relevé son objectif de cours pour la valeur, en le portant de 900 à 1.200 dollars.

Morgan Stanley, qui recommande aux investisseurs de "surpondérer" Tesla, fait remarquer que le résultat opérationnel annualisé du producteur de véhicules électriques n'est plus très loin de 13 milliards de dollars, ce qui le rapproche de celui de General Motors et de Ford . Mais, souligne la banque américaine, Tesla parvient à ce niveau à partir d'un chiffre d'affaires qui ne représente qu'une fraction de celui des groupes automobiles traditionnels.

Doutes

"Tesla est dominant dans la construction de voitures électriques, les batteries et la conduite autonome", ajoute Adam Jonas, analyste de Morgan Stanley. "Tesla détient aussi un ensemble de technologies favorables et d’autres activités qui permettraient à l’entreprise d’être, à long terme, un champion dans l’automobile et l’énergie."

250 $
JP Morgan pessimiste
La banque d'affaires JP Morgan conseille de "sous-pondérer" Tesla et vise un cours de 250 dollars, moins du quart du niveau actuel.

Un des grands soutiens actuels de l'action Tesla en bourse est la perspective de voir le groupe augmenter considérablement sa production dans les prochains mois grâce à la mise en service de ses deux nouvelles usines situées à Austin, dans l'État américain du Texas, et en Allemagne, à Berlin. Selon les analystes, le constructeur, qui a vendu moins d'un demi-million de voitures en 2020, pourrait en écouler jusqu'à un million et demi l'année prochaine.

Certains émettent toutefois des doutes à ce sujet. JP Morgan, qui conseille de "sous-pondérer" l'action Tesla, souligne qu'en publiant récemment ses résultats trimestriels, le groupe automobile n'a pas donné de nouvelles sur cette hausse de production attendue. La banque d'affaires persiste à considérer que la valorisation actuelle de Tesla est difficile à justifier. Fixé à 250 dollars, son objectif de cours n'atteint pas le quart du prix actuel de l'action.

Prévisions "vagues"

Parmi les sceptiques, on trouve aussi le courtier Cowen, qui prévoit une "performance en ligne avec le marché" de Tesla et lui attribue un objectif de cours de 625 dollars. Cowen estime que les perspectives émises par le constructeur automobile restent "vagues". Il souligne aussi l'écart important entre les attentes du marché et les prévisions de Tesla: alors que celui-ci table sur une croissance de plus de 50% de ses livraisons en 2022, les analystes attendent, en moyenne, une augmentation de 70%, s'étonne le courtier.

"Plusieurs raisons expliquent pourquoi Tesla a été moins affecté par la pénurie de semi-conducteurs."
Credit Suisse

Credit Suisse, qui affiche une note "neutre" à l'égard de l'action Tesla, vise un cours de 830 dollars. Son analyste épingle tout de même la capacité du groupe à remédier aux problèmes d'approvisionnement. "Plusieurs raisons expliquent pourquoi les volumes de Tesla ont été moins affectés par la pénurie de semi-conducteurs", dit-il. Et de citer notamment la production, par Tesla, de ses propres logiciels, ce qui permet au constructeur automobile de changer plus facilement de fournisseur de puces électroniques.

Le résumé

  • Tesla, dont la capitalisation a dépassé 1.000 milliards de dollars, divise les analystes.
  • Morgan Stanley voit l'action grimper à 1.200 dollars grâce à ses avancées dans l'auto et l'énergie.
  • JP Morgan, qui vise un cours de 250 dollars, épingle le manque d'informations sur la hausse de production attendue.
  • Credit Suisse pointe la capacité de Tesla à éviter la pénurie de semi-conducteurs.

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