À Chicago, deux parquets résistent au Covid-19

Au CBOE, comme au CME, les parquets sont divisés en pits et les traders y descendent pour crier leurs ordres. ©Bloomberg

Le Chicago Mercantile Exchange et le CBOE disposent chacun d’un parquet où les traders exécutent encore les transactions, malgré la numérisation et le coronavirus.

À Chicago, il existe encore deux parquets où sont exécutées les transactions par des traders. Le premier appartient au Chicago Mercantile Exchange (CME) et le second au CBOE Global Markets. Pour le second, le parquet sert uniquement au trading en options. Il a été rouvert le 15 juin après trois mois de fermeture en raison du Covid-19. Celui du CME a seulement été partiellement rouvert ce lundi, pour les transactions en options sur l’eurodollar. Les autres produits, comme les futures sur le S&P 500, les graines et le soja, restent encore en mode électronique.

Ces deux parquets résistent dans le temps. La ville avait pourtant vu son principal parquet, racheté par le Chicago Mercantile Exchange en 2007, fermer ses portes en 2015. Toutes les transactions sur les futures avaient alors migré vers sa plateforme électronique Globex. Celle-ci a été lancée en 1992, et avec elle a démarré la transformation électronique du Chicago Mercantile Exchange.

32%
de baisse
Les volumes des options sur l'eurodollar ont chuté fortement en janvier par rapport à la même période en 2019.

Confronté à une baisse des volumes sur son parquet, le CME a fermé presque tous ses “pits”, ces arènes où descendent les traders arborant des vestes de couleur vive, comme pour briller dans ces lieux sombres éclairés par des lumières artificielles. Les traders donnent de la voix et utilisent leurs doigts pour signaler leur volonté d’acheter ou vendre des titres. Toutefois, la bourse de dérivés a conservé onze pits.

Le pit le plus actif est celui des options sur l’eurodollar. Mais il n’échappe pas, lui non plus, à une baisse de volumes depuis quelques années. En janvier, les volumes des options sur l’eurodollar traitées sur le parquet du CME ont chuté de 32% par rapport à 2019. Malgré cette baisse, ils comptent encore pour la moitié des contrats exécutés au sein du groupe.  C'est pourquoi le CME a rouvert en premier le pit consacré aux options sur l’eurodollar.

28%
du trading des options
Le CBOE concentre encore une part significative des volumes de transactions sur les options sur son parquet.

Toutefois, Globex traite 90% des volumes au total du CME, le reste est traité sur le parquet. Selon un porte-parole, 450 personnes travaillent comme traders ou comme supports des opérations dans les onze pits que compte le CME.

Du côté du CBOE, une plus large portion des volumes de transactions est encore traitée sur le parquet. La nature des titres traités sur le lieu explique cette résistance à l’électronique. Les contrats d’option liés au S&P 500 et à l’indice de volatilité Vix sont ancrés à ses pits.  En 2019, environ 28% du trading des options ont eu lieu sur le parquet du CBOE. Et jusqu’au 11 mars de cette année, cette proportion s’élevait à 27%.

Un sort menacé

Avec la fermeture des parquets en raison de la pandémie de Covid-19, les transactions sont toutes devenues électroniques. Ni le CME ni le CBOE n’ont expérimenté de problèmes avec cette transition forcée. Des traders ont été surpris par la facilité avec laquelle cette transition s’est opérée. Et certains se demandent si le CME et le CBOE ne seraient pas tentés de fermer définitivement leurs parquets respectifs. Car ils ont un coût de maintien élevé pour les bourses. Des traders soulignent aussi que des intervenants se sont familiarisés avec l’électronique durant la longue fermeture du parquet.

Le CBOE prévoit toutefois de déménager son parquet situé au 400 South Lasalle Street durant le second semestre de cette année. Il a choisi de s’implanter dans l’ancien bâtiment occupé par le Chicago Board of Trade (CBOT), qui a fusionné en 2007 avec le CME. Ce déménagement fait grand bruit à Chicago.

Le bâtiment du CBOT a été vendu par le CME en 2012 à un consortium d’investisseurs, dont Glenstar Properties, mais le groupe a gardé un leasing de quinze ans pour le parquet dédié au trading de futures sur les produits agricoles et pour des bureaux. Le pit du groupe des options sur l’eurodollar se situe dans un autre bâtiment, localisé au 333 South LaSalle Street.

Une réouverture compliquée

Depuis leur réouverture, les parquets du CME et du CBOE accueillent moins de traders. Car les deux bourses de dérivés ont volontairement restreint l’accès du personnel pour essayer de maintenir une distance sociale entre les gens. Toutefois, la structure des pits complique la tâche des bourses, car avant la fermeture des lieux, les traders se pressaient au centre de ces arènes pour crier leurs ordres.

Le CME a demandé aux traders de porter un masque ou une visière de protection. Ils doivent respecter une distance entre eux de 1,5 mètre et une cabine sur deux sur le parquet est marquée d’une croix. Ils doivent aussi remplir un questionnaire 48h avant d’accéder au parquet.

Du côté du CBOE, le masque est aussi obligatoire sur le parquet. Un examen médical est pratiqué sur chaque personne entrant dans le bâtiment du parquet.

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