À vos ciseaux, voici les dividendes!

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Il est bientôt l’heure de songer aux dividendes. Comme c’est devenu la coutume, parmi les 20 actions de l’indice Bel 20, Belgacom inaugurera la saison des versements des dividendes à la Bourse de Bruxelles.

Cela se passera ce mardi 22 avril. Le coupon, d’un montant de 1,26 euro, sera détaché ce jour et payé à partir du 24 avril.

En dehors du Bel 20, c’est Wereldhave Belgium, lié à l’indice Bel Mid (actions moyennes) qui l’ouvre, ou plutôt qui vient de l’ouvrir. Le gestionnaire immobilier, dont le détachement du coupon a eu lieu le 14 avril dernier, effectue déjà, depuis jeudi passé, le paiement d’un montant de 3,30 euros à ses actionnaires.

Colruyt devrait en principe clore, pour le Bel 20, la période des versements des dividendes au titre des exercices fiscaux 2013 en septembre, et Aedifica, pour le Bel Mid, fin octobre.

"À vos ciseaux!" donc. L’image est bien évidemment symbolique. Cette expression remonte au temps où les actionnaires logeaient leurs actions dans un coffre à leur nom, chez leur banquier. Et s’y rendaient, à chaque fois que les sociétés s’apprêtaient à leur verser des dividendes. Aujourd’hui, cette expression n’a plus lieu d’être. Dématérialisation des actions oblige, celles-ci (ainsi d’ailleurs que d’autres produits financiers comme les bons d’État, les bons de caisse et les obligations) sont désormais inscrites sur un compte-titres auprès d’une institution financière. À charge pour cette dernière d’assurer pour le compte de son client le détachement des coupons.

Peut-être huit dividendes en hausse dans le Bel 20

Peut-être huit dividendes en hausse dans le Bel 20

Pour revenir aux dividendes versés par les 20 sociétés du Bel 20, sept de ces dernières ont décidé de le relever. Dans cette catégorie, AB InBev est le champion avec une hausse de 20,6% du montant à 1,5375 euro, suivi d’Ageas qui le gonfle de 16,7% à 1,05 euro et de Delhaize Group chez qui il croît de 11,42% à 1,17 euro. Chez Elia (+ 4,8%), GBL (+ 2,6%), UCB (+ 2%) et AVH (+ 1,8%), il augmente de moins de 5%.

Deux petites précisions: la première, c’est que tous les montants cités dans cet article, s’entendent nets de précompte (25%). Il est bon aussi d’avoir à l’esprit, et il s’agit de la seconde précision, qu’une poignée de sociétés à la Bourse de Bruxelles attribuent en deux temps leur dividende annuel. Dans le Bel 20, c’est le cas d’AB InBev qui avait déjà payé un acompte de 0,45 euro le 13 novembre 2013, et attribuera donc le 5 mai prochain un montant final de 1,0875 euro, payé deux jours plus tard. Mais aussi de Belgacom, bpost, GDF Suez, Solvay, Umicore, Delta Lloyd, et de Befimmo.

En raison de son exercice fiscal décalé qui s’achève le 31 mars, Colruyt n’a pas encore donné d’informations sur le montant du dividende qu’il envisage d’attribuer. Selon les analystes répertoriés par Bloomberg, le distributeur pourrait décider d’une hausse de 6% à 0,7950 euro. Ce qui porterait, si cela se vérifie, à 8 le nombre de sociétés à avoir mieux gâté leurs actionnaires.

Huit membres du Bel 20 ont préféré ne pas modifier le dividende afférent à l’année 2013. Parmi eux, on trouve Belgacom, Befimmo, Umicore et Solvay, entre autres. Nouveau venu dans le Bel 20, bpost versera un solde sur dividende de 0,15 euro. Au total, bpost aura consacré un montant de 1,0725 euro pour 2013 en faveur de ses actionnaires. Le dividende de Cofinimmo (-7,7%) est le seul à baisser dans l’indice.

Enfin, KBC et Telenet ont pris la décision de le "passer". Les dirigeants du câblo-opérateur ont toutefois laissé entendre qu’ils pourraient se prononcer plus tard dans l’année. Mais selon les analystes suivis par Bloomberg, Telenet pourrait se décider sur le sujet durant l’été. Ils tablent sur un montant de 3,375 euros qui serait versé en novembre. En attendant d’être fixés sur la chose, ses actionnaires auront droit à un programme de rachats d’actions d’un montant de 50 millions d’euros. Un programme qui renforcera un peu plus encore la présence de Liberty Global, son principal actionnaire, dans le capital de la société.

De belles surprises du côté des valeurs moyennes

Les actionnaires des petites et moyennes entreprises n’ont pas été oubliés. Il y a dans ce segment de la cote quelques fort belles progressions. On épinglera par exemple le rebond de 150% du dividende chez Moury Construct, à 3 euros. Il est vrai que, suite à des charges exceptionnelles en 2012, le spécialiste du BTP liégeois avait mis ses actionnaires à la portion congrue l’an passé, en l’ayant réduit de 70%.

Parmi les autres belles performances, le dividende grimpe de 44,7% chez Zetes, de 35,2% chez Kinepolis, de 20% chez Econocom et Arseus, de 13% chez Le Foyer, de 10,2% chez Lotus Bakeries, de 9% chez Resilux, d’un peu plus de 7% chez Melexis, Barco et BNB, ou encore de 5,2% chez Sofina.

Au rayon des déceptions, le dividende recule chez EVS (-32,4% pour le solde), Recticel (-31%), Fluxys (-25%), Sipef (-26,5%), Intervest Office (-13%) notamment. Mobistar a décidé, de son côté, de le passer, de même que Tessenderlo. En revanche, Deceuninck (0,015 euro) et CMB (0,18 euro) renouent avec la distribution.

Notons encore que c’est dans ce segment de la cote que les sociétés sont nombreuses à ne pas distribuer de dividendes. Outre le secteur des entreprises biotech, il y a, parmi elles, Immobel, RHJ Int., Agfa-Gevaert, Roularta, Hamon, Eckert-Ziegler Bebig, IBA, RealDolmen, Global Graphics, Viohalco, Picanol et Punch International. Immobel a toutefois précisé qu’il pourrait décider de distribuer un acompte sur dividende en septembre prochain, une fois achevée la cession du projet Belair.

Cœurs sensibles s’abstenir

Il est bon de savoir que le jour où une action est cotée ex-coupon, son cours recule en Bourse. Il baisse en principe de l’équivalent du montant brut du dividende. Cette observation devrait décourager ceux qui seraient tentés d’acheter des actions à la veille de l’attribution d’un dividende. Et cela, dans l’espoir de faire un gain rapide.

À l’inverse, un actionnaire n’a pas nécessairement intérêt à se délester de ses actions juste avant le détachement de coupon. Pour la simple raison que ce recul se résorbe progressivement par la suite. Et parfois même assez rapidement, si la tendance de fond du marché boursier est haussière. Prenons un exemple. L’an passé, le jour du détachement de son coupon, l’action Belgacom avait clôturé la séance boursière en baisse de 7,2% à 17,6 euros. Il n’a pas fallu 4 mois à cette action pour retrouver son niveau qui était le sien la veille de l’attribution du dividende. L’action a clôturé jeudi dernier à 22,50 euros.

Les champions du dividende (et de la Bourse) depuis 1990

Le dividende constitue un facteur important dans la formation du cours d’une action. Une société qui rehausse très régulièrement le montant de son dividende a de fortes chances de mieux combler ses actionnaires, qu’une autre. Colruyt, Lotus Bakeries, Econocom, AvH, AB InBev sont quelques-unes des sociétés à appuyer cette constatation.

Depuis 1990, le dividende de Colruyt n’a cessé de progresser, année après année, pour afficher au bout de 24 ans une hausse de 4.380%! Sur cette même période, le cours de cette action est monté de 2.185%! Même topo pour Econocom. Le montant de son dividende actuel est 1.200% supérieur à celui qui a été versé en 1990. Parallèlement, son action a gagné 2.450%.

Pour le spécialiste du speculoos Lotus Bakeries, ces pourcentages sont successivement de 1.200% et 1.060%! Chez Sofina, le dividende a été gonflé de 250% en 24 ans. Son cours de Bourse de 525%. AB InBev, qui a fait grimper de 632% le montant de son dividende depuis 2009, a vu son action gagner 390% sur ce laps de temps.

Voilà une poignée d’exemples qui devraient donner de bonnes idées aux candidats-investisseurs…

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