AB InBev et CNP champions des "insiders" en 2010

EPS et Frère-Bourgeois du côté des personnes morales, et Gilles Samyn et Victor Delloye, personnes physiques, mènent les classements.

En 2010 comme en 2009, ce sont des dirigeants du groupe brassicole AB InBev qui trônent, de loin, en tête des sociétés cotées du Bel 20 en termes de ventes d’actions de leur entreprise. Ils ont cédé au total pour 287millions d’euros d’actions, ce qui traduit tout de même une forte décrue par rapport aux 901 millions d’euros de ventes en 2009. En termes d’achat d’actions, en revanche, les directeurs et administrateurs d’AB InBev sont restés les bras croisés, de même d’ailleurs que leurs homologues de KBC et Telenet, les deuxième et troisième de 2009. Comment expliquer cette double évolution dans le chef d’AB InBev?

Au siège du groupe, on ne souhaite pas commenter "des transactions privées". On peut néanmoins risquer une explication: les personnes morales EPS et Patrinvest, qui représentent (avec BRC) le gros des ventes d’actions AB InBev en 2009, avaient vraisemblablement cherché cette année-là à reconstituer une partie de leur trésorerie après avoir massivement participé, en 2008, à l’augmentation de capital du groupe pour financer le rachat de l’Américain Anheuser-Busch. Un besoin devenu moins pressant depuis. On notera au passage que les dirigeants et actionnaires brésiliens du groupe, très actifs en 2009, sont restés presque entièrement passifs l’an dernier. Le CEO Carlos Brito s’est ainsi "contenté" d’acheter et vendre pour quelques centaines de milliers d’euros d’options.

CNP et Bekaert suivent

Le holding CNP d’Albert Frère suit en deuxième position en termes de ventes d’actions. Mais il est premier en achats d’actions (via Frère-Bourgeois) et premier aussi (via Gilles Samyn) en exercices d’options. Pas d’explications officielles du côté de CNP à cet état de fait. Ces différentes transactions semblent en partie liées: on peut observer que Gilles Samyn, son administrateur délégué, et Victor Delloye, son secrétaire général, ont vendu un gros paquet d’actions mais ont exercé, pour des sommes beaucoup plus importantes encore et pour un nombre d’actions plusieurs fois supérieur, des options. Il nous revient que pour financer cet investissement significatif dans CNP, ses deux responsables ont eu recours au crédit, et financé le solde par ces ventes d’actions.

2010 a été un grand cru, et donc certains se disent que c'est l'occasion de prendre du cash

Jacques Anckaert, Bekaert

Même phénomène, en partie, chez Bekaert. "Il y a pas mal d’exercices d’options et warrants parce que certains plans arrivent à échéance, ou que les gens partent à la pension, explique Jacques Anckaert, investor relations. Par ailleurs, certains préfèrent fractionner l’exercice de leurs options sur toute la période offerte." Les ventes d’actions Bekaert, elles, s’expliqueraient par le besoin de dégager du cash pour payer la fiscalité sur les nouveaux plans de stock options. "Une quatrième raison, spécifique à Bekaert, de l’importance de ces opérations, ajoute Jacques Anckaert, c’est que 2010 a été un grand cru, et donc que certains se disent que c‘est l’occasion de prendre leur cash pour procéder à d’autres investissements."

Belgacom et Umicore complètent le Top 5 en ventes d’actions avec, dans les rôles principaux, Didier Bellens, CEO de l’opérateur télécoms, et Thomas Leysen, président du groupe de matériaux. Contrairement à EPS et Patrinvest, mais tout comme Gilles Samyn et les "Bekaertiens", Didier Bellens et Thomas Leysen ont exercé une série d’options: on peut donc établir le plus souvent un lien entre les deux types d’opération: soit ils ont pris leur bénéfice (leur plus-value), soit ils ont (re) financé leurs achats.

On recense globalement très peu d’achats d’actions l’an dernier: 13,7 millions d’euros au total contre 174 millions en 2009. L’année 2010 aura surtout été une année de vente. Mais si l’on fait abstraction d’AB InBev, la différence fond: 13,7 millions contre 32 millions.

Comme en 2009, enfin, cinq sociétés cotées n’ont "inspiré" aucune opération à leurs dirigeants. Et pour Mobistar et Cofinimmo, c’est la 2e année consécutive.

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