Ageas, Barco et Kinepolis: le cocktail idéal pour cet été

©Frank Toussaint

L’assureur Ageas est l’action favorite de nos analystes pour le deuxième semestre 2014. Les experts ont par ailleurs privilégié les entreprises alliant bilan sain et dividendes généreux.

Investissez dans Ageas, le plus grand assureur du pays, et une belle sélection de petites et moyennes capitalisations: telle est la recommandation des équipes d’analystes belges. L’enquête que nous organisons tous les six mois révèle qu’en dehors d’Ageas, aucun autre membre de l’indice Bel 20 ne figure dans le Top 10. Les 16 banques, sociétés de Bourse et revues financières sondées font d’ailleurs preuve d’une étonnante unanimité pour le deuxième semestre 2014. De nombreux noms reviennent dans plusieurs listes. En cette période de taux d’intérêt très bas, nos spécialistes optent pour des entreprises alliant un bilan sain, des cash-flows sûrs et des dividendes généreux. Et si la croissance est aussi au rendez-vous, c’est en bonus!

1. Ageas

Une équipe d’analystes sur deux place Ageas dans son Top 5. L’action arrive même à quatre reprises en première position. Pourtant, le premier trimestre n’a pas été favorable à l’assureur. L’action a perdu 7% depuis le 1er janvier. Hier matin, Ageas a annoncé que la facture de la récente averse de grêle s’élevait à 25 millions d’euros nets. "Pour nous, il s’agit d’un événement exceptionnel", explique-t-on chez Leo Stevens & Cie. La société de Bourse souligne surtout la croissance en Asie. Ce continent représente déjà 22% du bénéfice. "Les revenus provenant des primes y ont progressé de 26%, et même de 50% en Chine avec le démarrage d’un nouveau canal de distribution qui remporte un vif succès auprès des épargnants chinois en quête de placements alternatifs sûrs."

La valorisation relativement faible séduit également les analystes. "Ageas a 1,8 milliard d’euros en caisses, soit 8 euros par action. À 11,5 fois le bénéfice estimé et 0,8 fois la valeur comptable pour 2014, sa valorisation est attrayante, affirme-t-on chez Société Générale Private Banking. Le rendement de dividende brut s’élève à 4,8%. Nous sommes convaincus que la direction va poursuivre sa politique favorable aux actionnaires. Si aucune nouvelle cible n’apparaît sur son radar, nous escomptons également un nouveau plan de rachat d’actions propres."

BNP Paribas Fortis met l’accent sur la croissance attendue du bénéfice: "Le groupe est sur la bonne voie pour porter sa rentabilité de 8% en 2013 à 11% en 2015. Le principal risque demeure l’incertitude liée aux actions judiciaires dans le cadre de l’ancienne Fortis."

2. Barco

Le groupe d’imagerie Barco mise pleinement sur l’innovation, ce qui lui vaut, notamment, la médaille d’argent. "Les ventes des nouveaux produits qui doivent porter la croissance de la division Healthcare commencent à s’accélérer, affirme-t-on chez Dierickx Leys. Pour 2014, Barco prévoit une croissance de quelques pour cent et un redressement des marges bénéficiaires."

Capital at Work rappelle également que le marché saturé des projecteurs pour cinéma, où Barco possède une part de marché mondiale de près de 50%, recèle encore du potentiel. "Bien que ce marché n’affiche plus les taux de croissance qui prévalaient encore il y a quelques années, nous sommes convaincus qu’il recèle encore des possibilités, notamment par le remplacement."

L’Investisseur argumente que la sortie du capital de la Gimv a dissipé les craintes de pression vendeuse (la participation de 9,6% de la Gimv a été rachetée par le constructeur de métiers à tisser Van de Wiele, NDLR). "Barco est une entreprise fondamentalement saine, avec une position de trésorerie nette, un rendement de dividende élevé et un programme de rachat d’actions propres. De plus, la valorisation est attrayante avec un ratio EV/EBITDA de 4,4", poursuit la revue. Ce ratio exprime le rapport entre la valeur de l’entreprise (valeur boursière +dettes) et les bénéfices avant amortissements.

3. Kinepolis

Kinepolis reçoit les éloges de quatre sociétés de Bourse, notamment au motif que l’exploitant de salles de cinéma est parvenu à accroître nettement sa rentabilité malgré la situation économique difficile. "Kinepolis ne cesse d’améliorer ses marges, grâce à de nouveaux concepts et des innovations comme le magasin de confiseries, la diffusion d’opéras en direct, la projection de grands événements et une gestion immobilière efficace", explique-t-on chez Candriam. Ainsi Kinepolis a-t-il récemment lancé en Espagne "The Magic Forest", une plaine de jeux indoor qui permet d’attirer un public supplémentaire.

KBC Securities souligne les récentes acquisitions en Espagne, qui portent le nombre de salles à 318. "La consolidation du secteur est porteuse de possibilités. Nous attendons davantage d’initiatives en matière d’acquisitions ou de start-ups", affirme-t-on à la société de Bourse. Puilaetco Dewaay prévoit une accélération substantielle de la croissance des bénéfices si le nombre de visiteurs s’accroît, car les coûts fixes restent plus ou moins stables. "De plus, Kinepolis peut utiliser ses cash-flows pour verser des dividendes attrayants et racheter des actions propres", conclut le gestionnaire de patrimoine.

4. Sipef

"Compte tenu de la hausse du cours de l’huile de palme et de la forte croissance de la production, Sipef devrait enregistrer une nette augmentation de ses bénéfices en 2014, juge-t-on chez ING. Deux tiers de la production d’huile de palme en 2014 ont déjà été vendus à 990 dollars la tonne, soit 10% de plus qu’en 2013."

Avec Sipef, Leleux mise sur le redressement du prix de l’huile de palme. "Celui-ci a beaucoup baissé ces dernières années, mais la tendance semble s’infléchir depuis quelques mois. Le cours de Sipef intègre déjà de nombreuses mauvaises nouvelles. En matière de valeur intrinsèque, nous entrevoyons un potentiel d’appréciation de 18%."

5. Exmar

L’armateur de navires gaziers introduira ses activités dans le GNL sur la Bourse de New York après l’été, ce qui pourrait, selon nos analystes, amener les investisseurs à redécouvrir l’action.

"L’action, dont nous estimons la valeur à au moins 14 euros sur la base de la flotte, sera mieux valorisée, estime Test-Achats Invest. De plus, Exmar collectera ainsi des fonds qu’elle pourra investir dans les nombreuses opportunités qui s’offrent à l’entreprise, comme le transport d’éthane."

KBC Securities rappelle que le marché du GNL reste dynamique, et que les activités traditionnelles continuent ainsi de contribuer au bénéfice.

6. Melexis

"Melexis est idéalement positionnée pour le long terme grâce à l’importance toujours croissante des semi-conducteurs dans le secteur automobile, argumente Petercam. L’entreprise prévoit une croissance du chiffre d’affaires de 10 à 15% et une marge opérationnelle nette supérieure à 23% pour cette année. Nous pensons que cet objectif est encore trop prudent." Candriam et Puilaetco Dewaay précisent que Melexis propose ses puces dans un nombre croissant de domaines d’activités en dehors du secteur automobile, comme l’électronique grand public.

7. CFE

"CFE figure dans notre sélection depuis des années et y est toujours compte tenu des excellentes performances récentes, lance Bank Delen. Le carnet de commandes de DEME, la filiale active de dragage, continue de s’étoffer. À présent que le lourd programme d’investissement est terminé, nous prévoyons une nette augmentation du bénéfice et des cash-flows libres à brève échéance."

Delta Lloyd Bank prévoit que le nouvel actionnaire principal, Ackermans & van Haaren, interviendra avant la fin de l’année dans la division Construction, dont les performances sont jugées insuffisantes au bilan des dernières années.

Un transfert de la branche Construction vers Ackermans est envisageable. De ce fait, CFE serait valorisée comme une société de dragage pure, ce qui devrait se traduire par une augmentation de sa valorisation en Bourse.

8. Tessenderlo

Pour l’Initié de la Bourse, le groupe chimique Tessenderlo est le vilain petit canard de la Bourse de Bruxelles depuis vingt ans. En contrepartie, sa valorisation est attrayante. "La transformation est terminée et avec Picanol comme nouvel actionnaire de référence, l’investisseur peut mettre cette action de côté pour en récolter les bénéfices au cours des mois et des années à venir." Leo Stevens souligne également que Tessenderlo est l’un des leaders dans les engrais liquides, un domaine où elle dispose d’une avance suffisante sur la concurrence pour accroître ses marges.

9. Sioen

Sa maîtrise des coûts, son efficacité opérationnelle et la reprise du marché des poids lourds, pour lequel Sioen produit des bâches, valent au fabricant de textile technique de figurer dans 3 listes de favoris. "Nous tablons sur une augmentation du chiffre d’affaires de 4% et du bénéfice de 11% en 2014", annonce-t-on chez KBC Securities. "L’entreprise a également la possibilité de racheter des actions propres supplémentaires et offre un rendement de dividende brut de 3%", enchérit-on encore chez Delta Lloyd.

10. EVS

Le grand favori de ce début d’année se maintient de justesse dans le Top 10. Dans l’intervalle, le spécialiste des serveurs d’imagerie a atterri à son plus bas niveau depuis des années. "Pourtant, ses perspectives sont intactes, juge Test-Achats Invest. La conjoncture incite les clients à adopter une position d’attente. Pour notre part, nous misons sur une reprise en 2016, année des Jeux olympiques et du Championnat d’Europe de football. Entre-temps, EVS propose un dividende de plus de 4% nets."

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