Agfa-Gevaert malmené en Bourse après la publication de ses résultats

©BELGA

L’action qui avait gagné 34% depuis la fin 2016, a subi des prises de bénéfice à la suite de l’annonce son bilan trimestriel.

Lourde rechute pour l’action du spécialiste de l’imagerie médicale Agfa-Gevaert (Agfa) à la Bourse de Bruxelles. L’action, qui avait perdu jusqu’à 11% peu après l’ouverture de la séance boursière, a clôturé la séance en repli de 7,76% à 4,55 euros.

Il s’agit de sa plus médiocre prestation journalière depuis le 2 décembre. Ce jour-là, pour mémoire, elle avait effacé un cinquième de sa valeur suite à la décision de l’allemand CompuGroup de renoncer à acquérir Agfa.

Plus de dividendes depuis 2007

Qu’y a-t-il de si décevant dans les nouvelles qu’Agfa-Gevaert a communiquées hier pour que son action subisse une telle sanction? À vrai dire, il n’y a rien de dramatique.

588 millions €
En ayant réalisé des ventes pour 588 millions d’euros, Agfa vient de connaître son premier trimestre le plus faible depuis son introduction à la cote en 1999.

Il reste que l’entreprise basée à Mortsel, dans la région d’Anvers, a indiqué avoir subi une contraction de ses bénéfices au premier trimestre. De 20% à 8 millions d’euros. Un recul des profits n’est jamais à proprement parler une nouvelle positive pour le cours d’une action en Bourse. Surtout si l’on sait que, de l’évolution des résultats, dépend d’ordinaire celle des cours des actions.

Les analystes suivis par Bloomberg tablent pour l’ensemble de l’actuel exercice sur un bénéfice net par action de 0,42 euro pour Agfa-Gevaert. Il va falloir à la société sérieusement rebondir au cours des trois derniers trimestres de 2017 pour y parvenir. Comme le capital de la société est composé de 171,9 millions de titres, le bénéfice net réalisé entre janvier et mars ne s’élève à peine à 0,0465 euro.

L’on peut craindre que les analystes fassent preuve d’un excès d’optimisme. En même temps, les quelques investisseurs qui auraient pu penser qu’Agfa-Gevaert serait en mesure de renouer prochainement avec la distribution d’un dividende, ont certainement dû perdre cette illusion. Le groupe anversois n’a plus rémunéré ses actionnaires depuis 2007.

Des ventes au plancher

Autre point sombre, le chiffre d’affaires d’Agfa a non seulement reculé de 2,5%. Mais en ayant totalisé 588 millions d’euros, Agfa connaît aussi son plus faible premier trimestre sur ce plan depuis son introduction à la cote en juin 1999. C’est dans la division healthcare (-5,9% à 239 millions), que la baisse des ventes a été la plus importante. Elle n’a été que de 2,3% à 300 millions dans sa division Graphics, tandis qu’elle progresse de 16,7% dans sa branche Specialty Products.

Au rayon des bonnes nouvelles, en plus d’avoir précisé disposer dé-sormais d’une trésorerie nette positive de 18 millions d’euros, Agfa-Gevaert "réitère son objectif de limiter le recul de son chiffre d’affaires et de renouer avec la croissance à moyen terme". Ajoutant qu’"en moyenne, l’ebitda (excédent brut d’exploitation) récurrent devrait être maintenu aux environs de 10% du chiffre d’affaires dans les années à venir".

Mais il faut bien se rendre à l’évidence, en regard de la réaction de son action sur Euronext Bruxelles, les investisseurs font plutôt preuve de scepticisme. Cela dit, il peut être bon d’ajouter que l’action a également fait l’objet de prises de bénéfice. Quoi de plus normal finalement après qu’elle a progressé de plus de 30% depuis le début de cette année. Les analystes suivis par Bloomberg tablent sur des objectifs de cours compris entre 3,40 euros et 4,80 euros.

Agfa-Gevaert vaut 766 millions d’euros en Bourse.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés