Amsterdam devance Londres pour le trading en actions

La ville est devenue une place de choix pour les transactions sur les obligations et les dérivés. ©Bloomberg

La capitale des Pays-Bas a dépassé Londres en termes d'échanges d'actions. Elle a profité du Brexit et du flux d'investisseurs.

Amsterdam est devenue la première place d'échanges d'actions en Europe devant Londres le mois dernier. Les volumes de transactions sur actions à Amsterdam ont atteint 9,2 milliards d'euros par jour le mois dernier contre 8,6 milliards à Londres. Ces montants sont à comparer à une moyenne de 17,5 milliards d'euros d'échanges quotidiens à Londres en 2020 contre 5,9 milliards à Francfort et 2,6 milliards à Amsterdam, précise CBOE Europe, qui a collecté ces données.

"Nous avons observé une augmentation importante des volumes en actions depuis le Brexit. Cela s'est surtout observé sur les sociétés qui ont une double cotation entre Londres et les marchés d'Euronext."
Stéphane Boujnah
Président d'Euronext

Le Brexit, qui oblige désormais les investisseurs de l'Union européenne à réaliser leurs opérations dans l'UE, a joué un rôle important dans cette transition. La région ne reconnaît plus les Bourses basées en Grande-Bretagne avec le même statut que celles qui sont présentes sur le Vieux Continent.

Plus de six milliards d'euros de transactions quotidiennes ont quitté Londres depuis début janvier pour des plates-formes basées dans l'UE, dont celles de CBOE et Turquoise, filiale du groupe London Stock Exchange.

Lors d'une conférence de presse à l'issue des résultats d'Euronext mercredi, Stéphane Boujnah, le patron de la société (qui opère la Bourse d'Amsterdam) a affirmé avoir observé "une augmentation importante des volumes de transactions en actions" depuis le Brexit."Cela s'est surtout observé sur les sociétés qui ont une double cotation entre Londres et les marchés d'Euronext" a-t-il ajouté.

Pas que sur les actions

Amsterdam est aussi devenue une place de choix pour les transactions sur les obligations et les dérivés. Une partie des opérations sur produits dérivés a migré de Londres à Amsterdam et l'opérateur ICE a annoncé cette semaine que les transactions sur les permis d'émissions de CO2 allaient faire de même cette année.

La ville se taille aussi la part du lion pour les introductions en Bourse. De grandes opérations sont attendues cette année. Inpost, cotée depuis le mois dernier, a signé la plus grande opération en Bourse en Europe depuis 2018. La société polonaise, spécialisée dans la livraison express de colis en casiers automatisés, a atteint avec sa cotation une valorisation de 9,2 milliards d'euros.

Vincent Van Dessel, le président d'Euronext Bruxelles, a expliqué que "Amsterdam est focalisée sur les grandes opérations". "La Hollande compte des grands fonds de pension qu'on ne connaît pas ici en Belgique, et de grandes sociétés comme Unilever, Royal Dutch et Philips. La législation hollandaise comporte pas mal d'orientation internationale. Cela fait partie de leur culture" pointe-t-il.

La réplique de Londres

Londres n'est pas resté les bras croisés. Le pays accepte désormais le trading des actions suisses comme Nestlé et Roche, qui est interdit sur les Bourses européennes en raison d'une sanction de l'Union européenne envers la Suisse.

En mars, la Grande-Bretagne et l'Union européenne doivent signer un accord qui devrait permettre un retour du trading à Londres, estiment des analystes.

"Je soupçonne que cela va être un changement permanent en termes de mouvement des échanges du Royaume-Uni vers l'UE."
Steven Maijoor
Président de l'ESMA

Mais du côté de l'ESMA, l'autorité européenne des marchés financiers, Steven Maijoor, le président, ne croit pas à un tel retour. "Je soupçonne que cela va être un changement permanent en termes de mouvement des échanges du Royaume-Uni vers l'UE" a-t-il affirmé lors d'une conférence. "Les chiffres sont assez significatifs, en même temps, nous devons nous rendre compte qu'une partie de ces échanges est effectuée par des filiales d'infrastructures de marché britanniques, mais nous avons également constaté une augmentation des échanges en Europe non liés aux plates-formes de négociation de Londres" a-t-il ajouté.

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