Après des records en chaîne, les actions s'accordent une pause

©REUTERS

Cette semaine, les marchés européens ont enregistré une performance négative pour la première fois depuis fin février. Mais les perspectives semblent s'améliorer.

L'heure est-elle aux prises de bénéfices sur les marchés financiers? La question commence à trotter dans la tête de certains investisseurs au vu de la piètre performance des actions cette semaine. Sur le Vieux Continent, l'indice Stoxx Europe 600 a lâché 0,78% en cinq séances, plombé par le secteur automobile (-3,23%), les services financiers (-3,22%) et des banques (-3,06%). Les compartiments de la technologie (+0,86%) et de la santé (+0,45%) ont tiré leur épingle du jeu.

"La saison des résultats se déroule très bien, à quelques exceptions près, ce qui montre que la reprise prend de l’ampleur", indique Jaime Espejo, gestionnaire de fonds actions chez Imantia Capital. Mais "les actions évoluant à des niveaux records, nous pourrions assister à de petites corrections".

"La saison des résultats se déroule très bien, à quelques exceptions près, ce qui montre que la reprise prend de l’ampleur."
Jaime Espejo
gestionnaire de fonds actions chez Imantia Capital

Le moindre chiffre en-deçà des attentes ou des perspectives jugées trop prudentes sont directement sanctionnés en bourse. D'autant que les prévisions des analystes restent très basses selon UBS. Dans une note publiée lundi, la banque suisse estime que le bénéfice par action des entreprises européennes pourrait rebondir de plus de 50% cette année contre 37% prévu actuellement. "Le consensus actuel minimise la force de la reprise économique mondiale."

La BCE maintient le cap jusqu'à l'été

La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs indiqué par la voix de sa présidente tabler sur un "net rebond de l’activité économique courant 2021". "Dans l’ensemble, les risques entourant les perspectives de croissance à court terme de la zone euro demeurent orientés négativement, tandis que les risques à moyen terme restent plus équilibrés", a expliqué Christine Lagarde lors de sa conférence de presse jeudi.

50,3
Pour la première fois depuis août, l'indice des services en zone euro est remonté en territoire de croissance.

L'enquête mensuelle du cabinet IHS Markit auprès des directeurs d'achat a montré vendredi que la reprise s'est accélérée ce mois-ci en zone euro. Point important: l'indice des services est repassé en territoire de croissance pour la première fois depuis août, à 50,3 contre 49,6 en mars. "L'économie de la zone euro a montré une solidité encourageante lors d'un mois au cours duquel les mesures de restriction ont été renforcées pour faire face à une nouvelle vague de contaminations", a souligné Chris Williamson, économiste d'IHS Markit.

La BCE a toutefois décidé de maintenir sa politique monétaire très accommodante, arguant que "des risques persistent pour les conditions de financement". Elle pointe notamment l'incertitude entourant la pandémie et les campagnes de vaccination.

Vers une surperformance des actions européennes?

Cela n'a pas empêché l'euro de reprendre le dessus sur le billet vert. En un peu moins d'un mois, la monnaie unique a rebondi d'environ 3% pour repasser au-dessus de la barre symbolique de 1,20 dollar.

"Le deuxième trimestre va être celui de l'Union européenne, tout comme le premier trimestre a été celui des États-Unis", estime George Saravelos, analyste chez Deutsche Bank. En témoignent les flux vers les fonds d'actions européennes. Ceux-ci ont attiré 1,4 milliard de dollars entre le 14 et le 21 avril. Ce qui représente le plus important montant en 14 semaines.

Le Bel 20 à contre-tendance

Terminons par un coup d'œil à la Bourse de Bruxelles. Contrairement à ses homologues européens, le Bel 20 affiche une performance positive sur la semaine, avec un bond de 0,77% à 4.008,93 points. Le trio de tête est composé d'argenx (+5,14%), d'Umicore (+4,93%) et de AB InBev (+2,99%).

"L'action Galapagos se traite en dessous de son niveau de trésorerie en se basant sur le principe que la biotech va brûler sa montagne de cash en vain, ce que nous considérons comme extrêmement improbable."
Deutsche Bank

Le groupe spécialisé dans la technologie des matériaux Umicore a créé la surprise jeudi en annonçant anticiper "une performance exceptionnelle" cette année grâce, entre autres, à la flambée des prix des métaux précieux. Il vise désormais un Ebit ajusté d'environ 1 milliard d'euros. Les analystes restent cependant prudents étant donné la "nature volatile" des prix des métaux précieux.

De son côté, Galapagos (+2,43%) a surfé sur les commentaires de Deutsche Bank. La banque allemande a démarré le suivi de la valeur avec une recommandation à "acheter" et un objectif de cours à 110 euros. "L'action se traite en dessous de son niveau de trésorerie en se basant sur le principe que la biotech va brûler sa montagne de cash en vain, ce que nous considérons comme extrêmement improbable."

Mais la palme de la meilleure performance hebdomadaire à Bruxelles revient à Asit Biotech (+70,79%). Après des discussions interrompues pendant plusieurs semaines, le spécialiste des traitements antiallergiques a signé un accord avec le groupe français Diagnostic Medical Systems (DMS), qui prend le contrôle de la biotech. L'opération devrait être finalisée au plus tard à l'automne.

Le résumé

  • Alors que la saison des résultats bat son plein, les actions européennes affichent une performance hebdomadaire négative pour la première fois depuis fin février.
  • Les indices PMI montrent cependant une accélération de la reprise économique en zone euro.
  • Les flux sont de plus en plus importants vers les fonds d'actions européennes.
  • À Bruxelles, le Bel 20 a évolué à contre-tendance grâce à argenx, Umicore et Galapagos.

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