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Après la Fed, au tour de la BCE

Chroniqueur, newsmanager

La nouvelle approche de la Fed pourrait inspirer la BCE... et éviter des erreurs de politique monétaire.

C’est un virage important pour la banque centrale américaine. Son président Jerome Powell a indiqué que la Federal Reserve va permettre à l’inflation de dépasser le seuil de 2% pendant un certain temps sans que cela n’entraîne automatiquement une hausse des taux d’intérêt. Une telle mesure pourrait inspirer les maîtres de la Banque centrale européenne, toujours plongés dans la revue stratégique de leur politique monétaire. Si l'on retourne un peu dans le passé, cela  signifie que Jean-Claude Trichet, par crainte de l’inflation, n’aurait pas dû remonter les taux directeurs en avril et juillet 2011 alors que la zone euro allait entrer dans une profonde crise. Certains lui ont d'ailleurs assez reproché cette erreur de timing.

Le débat sur l'inflation reste encore aujourd'hui très virtuel.

Aujourd’hui, ce débat sur une inflation au-delà de 2% demeure avant tout virtuel (comme l’est d’ailleurs le symposium monétaire de Jackson Hole) puisque le niveau général des prix ne parvient plus à décoller depuis de longues années. La mondialisation, la démographie, la technologie et les achats sur Internet ont comprimé les prix. Si une inflation est présente, elle se situe plutôt du côté du prix des actifs financiers, qui ont progressé de manière non négligeable ces dernières années, en particulier la bourse américaine.

Ce que dit implicitement Jerome Powell, c’est que, dans le cadre de la crise actuelle, les taux d’intérêt pourraient encore rester bas pendant de longues années afin de permettre à la mécanique salaires-prix d'enfin s'enclencher, sans toutefois déraper bien entendu. Mario Draghi ne disait pas autre chose lorsqu'il était président de la BCE. À Christine Lagarde désormais de s'emparer du dossier...    

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