Avec Deliveroo, une nouvelle entrée en bourse dans la livraison de repas

Deliveroo s'apprête à sonner à la porte de la Bourse de Londres. ©Tim Dirven

La Bourse de Londres accueillera la société Deliveroo, qui pourrait être valorisée à 10 milliards de dollars. Le secteur de la livraison alimentaire s'étoffe.

Deliveroo se livre aux investisseurs. La société de livraison de plats préparés a annoncé jeudi, dans un communiqué, qu'elle envisageait de se faire coter en Bourse de Londres. Selon le Financial Times, le groupe britannique envisagerait une valorisation allant jusqu'à 10 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros). Lors d'une levée de capitaux frais à la mi-janvier, Deliveroo avait été valorisé à environ 7 milliards de dollars.

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, s'est réjoui que la société technologique, qui avait déjà manifesté son intention d'entrer en bourse, ait opté pour le London Stock Exchange. Cette annonce intervient en effet dans un contexte de concurrence féroce entre les places boursières pour attirer les IPO (initial public offerings, soit les levées de capitaux précédant une première cotation).

Très concurrentiel

En bourse, le secteur de la livraison alimentaire s'enrichira donc d'un nouveau acteur. Deliveroo rejoindra d'autres noms bien connus, tels que Just Eat Takeaway , Delivery Hero ou encore HelloFresh . On peut y ajouter l'américain Uber qui est actif dans ce domaine via sa filiale Uber Eats. Ce segment du marché a ses particularités: les entreprises qui le composent sont jeunes et en forte croissance, elles sont aussi généralement déficitaires, mais prometteuses et elles font partie des valeurs technologiques par leur recours aux plateformes sur lesquelles la clientèle passe commande.

Les analystes pensent que, dans le secteur de la livraison de repas, les fusions et acquisitions devraient continuer.

C'est aussi un secteur très concurrentiel, où la consolidation est de mise. Ainsi, Just Eat Takeaway, lui-même issu d'une fusion entre le néerlandais Takeaway et le britannique Just Eat au début de l'année dernière, est en train d'acquérir l'américain Grubhub , spécialiste de la livraison de repas aux États-Unis. L'allemand Delivery Hero a quant à lui fait main basse sur le sud-coréen Woowa il y a un peu plus d'un an. Les analystes pensent que ces fusions et acquisitions devraient continuer car ce marché est en forte croissance et certains acteurs devraient émerger pour atteindre ou accroître leur rentabilité grâce à des économies d'échelle.

Grâce à la crise

En bourse, les actions de ces entreprises ont, pour la plupart, largement bénéficié de la crise sanitaire qui a dopé le commerce en ligne. Les espoirs de retour à une vie normale grâce à la vaccination ont ensuite freiné quelque peu leur progression mais la tendance est généralement restée positive, parce que les périodes de confinement ont installé de nouvelles habitudes chez les consommateurs.

6
mois de bénéfice opérationnel
En décembre, Deliveroo a signalé avoir enregistré un bénéfice opérationnel durant six mois de l'année.

L'action Just Eat Takeaway reste néanmoins à la traîne. En janvier, les chiffres de ses marges et ses perspectives ont déçu. Mais les analystes pensent que les investissements récemment consentis devraient porter leurs fruits.

Que peuvent attendre les investisseurs du nouveau venu, Deliveroo? En décembre, ce dernier a déclaré avoir atteint un résultat opérationnel positif sur six mois de l'année écoulée. Les analystes soulignent que de telles sociétés parviennent à fidéliser leur clientèle et que le faible taux de pénétration du marché laisse entrevoir une poursuite de leur croissance. Par ailleurs, les fusions et acquisitions attendues peuvent soutenir leurs cours. Côté négatif, la concurrence entre les différents acteurs de ce marché risque de peser sur les marges.

Soulagement dans la City

Le choix de Deliveroo pour le London Stock Exchange (LSE) a rassuré les autorités locales. Si cette licorne (jeune entreprise de plus d'un milliard de dollars non encore cotée), basée au Royaume-Uni, avait opté pour une place étrangère, cela aurait été un camouflet pour la City, qui est en pleine bataille avec ses concurrentes pour attirer les introductions en bourse. En janvier, la Bourse d'Amsterdam a, pour la première fois, dépassé le LSE en matière de transactions sur les actions.

Un rapport remis récemment au gouvernement britannique recommande de réformer les règles en matière d’introduction en Bourse pour soutenir la place londonienne. Il préconise de faciliter la mise sur le marché des Spac, ces structures juridiques destinées à une future acquisition. Il conseille aussi d’autoriser les entreprises à émettre deux catégories d’actions, pour permettre aux fondateurs de conserver le contrôle de la société mise en bourse pendant cinq ans. Jeudi, Deliveroo a fait savoir qu’il comptait recourir à cette formule "pour permettre une focalisation sur les ambitieux plans de croissance à long terme".

Le rapport recommande aussi de réduire de 25 à 15% le capital qui doit être mis en bourse lors d’une première cotation. Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, souhaite exécuter une telle réforme rapidement.

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