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Banquiers centraux synchronisés

Journaliste

Les moyens limités de la BCE pour lutter contre le coronavirus.

On n'avait plus vu cela depuis 2008, au moment de la crise financière. Voilà les banquiers centraux unis dans la lutte contre le coronavirus. Avec sa décision de discuter lors de sa prochaine réunion de possibles réponses aux risques que l'épidémie de coronavirus fait courir à son économie, la Banque centrale européenne (BCE) rejoint les principaux banquiers centraux de la planète qui promettent de tout faire pour en limiter son impact sur les économies.

Comment? En adoptant des politiques monétaires accommodantes, ou plus accommodantes encore comme à la BCE, qui se caractérisent notamment par des baisses de taux d'intérêt. L'harmonie totale. Fini les taux qui montaient aux États-Unis, alors que la BCE comprimait les siens. Pour la première fois depuis 2008, les politiques monétaires dans le monde tendent à nouveau vers une synchronisation. Après la Chine, les États-Unis et l'Australie qui réduisent leur taux de base, la zone euro et la Grande-Bretagne s'apprêtent à suivre la même direction.

Indéniablement, tout comme la BCE, la marge de manœuvre des gestionnaires politiques est fort étroite.

Pour autant, les Banques centrales vont-elles réussir dans leur objectif de faire barrage au coronavirus? Sur cette question, les réponses divergent. Principalement dans la zone euro, où les pays du sud défendent bec et ongle un nouvel assouplissement de la politique monétaire. En revanche, ceux du nord y sont moins enthousiastes. Sans doute, ces derniers ont-ils conscience des moyens limités encore disponibles à la BCE pour agir, et qui font dire au membre autrichien de l'institution monétaire européenne que la place des Banques centrales "n'est pas de se trouver au premier rang" en cas de choc d'offre ou de la demande. Et de suggérer plutôt aux responsables politiques de conduire des programmes de stimulation fiscale.

Cette proposition a déjà été soulevée à moult reprises. Mais la question des moyens se pose aussi. Et surtout, elle entraînera une accélération des déficits budgétaires. Indéniablement, tout comme la BCE, la marge de manœuvre des gestionnaires politiques est fort étroite. La question revient à se demander s'il est préférable de gonfler le bilan de la BCE ou de creuser encore plus les déficits publics. 

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