analyse

Bien que surévaluées, les bourses continuent à bien se porter

Les valeurs du S&P 500 se traitent en moyenne à 22 fois les bénéfices réalisés. Comme juste avant la crise sanitaire... ©AFP

Après avoir subi de solides dégagements bénéficiaires il y a huit jours, les bourses sont reparties à la hausse de plus belle cette semaine. Le Bel 20 reprend 2,8%.

"Les actions sont surévaluées". Voilà le constat établi par les responsables de la dernière enquête mensuelle menée par Bank of America auprès de plusieurs centaines de gérants de fonds à travers le monde. Mais ils ajoutent: "elles restent malgré tout privilégiées". Et c’est probablement ce qui explique, pour une bonne partie du moins, le fait que les bourses sont reparties à la hausse cette semaine. Il y a 8 jours, elles avaient fait l’objet de dégagements bénéficiaires qui avaient ramené en arrière l’indice S&P 500 de 4,78% à Wall Street et le Stoxx 600 paneuropéen de 5,66%.

Les cours de l’or pourraient bien monter jusqu’à 2.000 dollars d’ici 12 mois.
Goldman Sachs

Malgré un P/E (rapport cours sur bénéfice) élevé, proche actuellement de 22 sur la base des bénéfices réalisés au cours des 12 derniers mois – en fait, au même niveau qu'avant la crise sanitaire – l’indice S&P 500 vient ainsi de regagner 2,97% à 3.131 points (à vendredi vers 19h, NDLR). Le Stoxx 600 qui affiche actuellement un P/E de 19 a, lui, récupéré 3,22% à 365,47 points. Cet indice a bénéficié de l’intérêt des investisseurs pour les actions des secteurs de la technologie (+5,5%), des soins de santé (+5,2%) et de la construction (+4,7%).

Chez nous à la Bourse de Bruxelles, l’indice Bel 20 a regagné 2,79% à 3.388,56 points. Du côté des marchés émergents, le principal indice de la Bourse de Shanghai n’arrive décidément pas à refranchir la barre des 3.000 points qu’il a abandonnée début mars. Cette semaine, il a engrangé un gain de 1,64% pour s'établir à 2.967 points. 

 

 

Affaires en retrait

La remontée des marchés boursiers a été, il est vrai, soutenue par l’annonce de quelques bonnes nouvelles ces derniers jours. Comme le rebond plus marqué qu’attendu des ventes au détail, des mises chantier aux États-Unis, ou encore l’amélioration plus sensible que prévu du moral des investisseurs allemands.

Tout cela suffira-t-il cependant à ramener les résultats de sociétés, un des principaux moteurs des marchés boursiers, à leur niveau d’avant la crise sanitaire? Ce n’est pas certain, dans la mesure où les patrons sont de plus en plus nombreux à penser que le niveau de leurs affaires ne retrouvera celui d’avant la crise que d’ici deux ans.

Ces prévisions amènent d’ailleurs certains prévisionnistes à penser que les bourses ont pour l’heure suffisamment repris du terrain. C’est le cas notamment de Citigroup qui estime que le Stoxx 600 évoluera autour du niveau actuel dans les 12 prochains mois. "Alors qu’il faut s’attendre à une baisse de 50% des bénéfices par action cette année", ils supputent que "les estimations moyennes concernant les résultats des sociétés sont pour 2021 encore 30% trop élevées. Ce qui implique un P/E de 22 en 2021 et non pas de 15 comme suggéré par le consensus".

Sursaut du Brent

Sur les autres marchés, la remontée de l’euro ces derniers temps s’est quelque peu essouflée, face au dollar du moins. La devise européenne s’est repliée de 0,6% à 1,1189 dollar. En revanche, elle s’est renforcée contre la livre sterling (GBP) après la décision de la Banque d’Angleterre d’ajouter 100 milliards de GBP à son programme anti-crise. L’euro a gagné 0,8% à 0,9046 GBP.

Après avoir avoir ralenti sa cadence haussière la semaine précédente, le cours du brent s’est brutalement ragaillardi à l’approche de ce week-end. Il a bondi de 9,7% à 42,5 USD. Les courtiers en pétrole comme Vitol, Trafigura ou encore Saudi Aramco ont dit avoir constaté une accélération de la demande de brut ces derniers jours. La hausse des prix sur ce marché est aussi alimentée par le fait que les cours du gasoil aux États-Unis se retrouvent en situation de "backwardation" pour la première fois en 3 mois. C’est-à-dire que les prix à plus long terme sont plus élevés que ceux au comptant. On prévoit que la demande sera plus importante dans les mois à venir.

Au rayon des métaux précieux, après un début de semaine hésitant, le cours de l’once est ensuite reparti à la hausse pour se situer aux alentours de 1.743 dollars à la veille de ce week-end. Pour les analystes de Goldman Sachs, les cours de l’or pourraient bien monter jusqu’à 2.000 dollars d’ici 12 mois. "Outre le fait que les achats des consommateurs des pays émergents devraient se raffermir au second semestre, les taux d’intérêt réels planchers et la faiblesse attendue du dollar, entre autres, devraient procurer du soutien aux prix du métal fin", affirment-ils.

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