BNP Paribas Fortis: "La pandémie va laisser des traces à long terme"

Philippe Gijsels, stratégiste en chef (à gauche), et Koen De Leus, économiste en chef de BNP Paribas Fortis (à droite). ©BNPP Fortis

La liquidité va continuer d’inonder les marchés financiers, ce qui profitera aux actions et aux actifs réels. Les émergents devraient revenir sur le devant de la scène.

 "Pour le quatrième trimestre, nous tablons sur une nouvelle détérioration des chiffres de croissance en Europe suite aux nouvelles mesures de confinement, avant une reprise graduelle au début de l’année prochaine", indique Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis. Au niveau global, la baisse d’activité devrait s’établir à -4% en 2020, avant de rebondir de 5,6% l’année prochaine avec la Chine qui tiendra son rôle de locomotive (+8,6% attendu pour 2021).

Pour l’économie belge, il s’attend ainsi à une dégradation de 7,2% pour l’année en cours, avant un redressement de 3,8% en 2021, avec des mesures de confinement qui devraient se relâcher vers la fin de la saison de la grippe. De son côté, le chômage devrait augmenter de 5% à la fin 2020 pour atteindre un sommet à 7,4% vers le premier trimestre de l’année 2022, en raison de l’arrêt progressif des mesures de soutien qui risque de pousser de nombreuses entreprises à licencier.

-7,2%
La dégradation attendue du PIB belge cette année, avant un redressement de 3,8% en 2021.

Dette publique

Koen De Leus s’attend à ce que la crise sanitaire ait des impacts à long terme sur nos économies. "Il faut donc continuer les efforts pour soutenir l’économie de manière intelligente (notamment dans l’éducation, la technologie et  l’infrastructure) et assurer un redressement durable accompagné de réformes."

Une autre inconnue de long terme sera la mesure dans laquelle les économies vont gérer le poids de la dette.

"Nous allons vraisemblablement avoir la poursuite d’une politique monétaire non orthodoxe durant les prochaines années", un cocktail monétaire basé sur un mélange de répression financière, de politique inflationnistes en passant par des annulations de dette, voire des défauts.

Les actions et le réel

Au niveau de la stratégie d’investissement, Philippe Gijsels, stratégiste en chef chez BNP Paribas Fortis, souligne que les stimuli monétaires et budgétaires fonctionnent aujourd’hui à pleine puissance. "Dans un contexte où les taux réels (corrigés de l’inflation) vont rester faibles ou négatifs, les actions à dividende et les actifs réels vont rester recherchés." Il souligne à ce titre que l’immobilier résidentiel coté reste son segment préféré sur les marchés financiers dans les circonstances actuelles.

"Dans un contexte où les taux réels (corrigés de l’inflation) vont rester faibles ou négatifs, les actions à dividende et les actifs réels vont rester recherchés."
Philippe Gijsel
Stratégiste en chef de BNP Paribas Fortis

Sur le marché des changes, le dollar devrait continuer à se replier face aux autres devises. "Le dollar ne bénéficie plus d’un taux directeur plus élevé que dans les autres pays occidentaux, et la correction du billet vert reflète aujourd’hui la disparition de cette prime." De même, il rappelle qu’il existe aujourd’hui des déficits importants sur plusieurs ressources naturelles, qui devraient également bénéficier d’un dollar plus faible. "C’est déjà le cas pour le cuivre qui cote à son plus haut sur les huit dernières années." Il s’attend également à voir les pays émergents également se redresser en 2021, sous l’influence notamment du dollar faible et de la hausse attendue sur les matières premières.

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