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BP n'échappe pas au marasme qui affecte tout le secteur pétrolier

Bernard Looney, le directeur de BP, fait face à des turbulences sans précédent pour le secteur pétrolier. ©REUTERS

BP a souffert dans ses comptes trimestriels de la chute des prix pétroliers, qui affecte tout le secteur. Les cours de l'or noir ont de nouveau dégringolé, touchés par les ventes massives des ETF.

La compagnie pétrolière BP a publié ce mardi un bénéfice net de 800 millions de dollars au premier trimestre, contre 710 millions de dollars attendus, face à la déroute d'un marché pétrolier frappé par la pandémie et qui n'a pas fini de plomber le secteur.  Le groupe avait dégagé un bénéfice net de 2,4 milliards de dollars un an plus tôt, a-t-elle rappelé dans un communiqué. Comme l'ensemble de ses concurrents, BP fait face à une crise sans précédent, marquée par un effondrement spectaculaire des prix du pétrole en mars du fait notamment d'une demande mondiale à l'arrêt.  

43 dollars
Les prix du pétrole au second semestre
Les analystes d'UBS prévoient une remontée des cours du pétrole au second semestre sous l'effet d'une offre amoindrie et d'une relance de l'économie mondiale.

La chute des cours qui s'est poursuivie en avril, avec un baril américain qui est même passé en négatif, augure d'une année cauchemardesque pour le secteur et BP.  Le groupe est en outre particulièrement sensible au marché américain depuis le rachat d'actifs dans le schiste pour plus de 10 milliards de dollars auprès du groupe minier BHP en 2018. "Notre industrie est touchée par des chocs sur l'offre et sur la demande d'une ampleur jamais vue auparavant", relève le directeur général du groupe Bernard Looney. 

Une direction moins floue

Les cours du pétrole ont perdu plus de 80 % depuis le début de l'année en raison de l'arrêt des économies mondiales touchées par la pandémie du Covid-19. Lundi, le contrat à terme sur le West Intermediate Texas a de nouveau plongé de 21% et ce mardi, il s'est montré très volatil. Le baril de Brent, référence en Europe, a lui aussi suivi le même mouvement.

"Notre industrie est touchée par des chocs sur l'offre et sur la demande d'une ampleur jamais vue auparavant."
Bernard Looney
Directeur général de BP

Les cours ont subi le contrecoup des ventes massives des ETF (fonds indiciels cotés en bourse) suivant l'évolution des prix pétroliers en prévision d'une nouvelle chute en négatif du WTI pour échéance en juin.  S&P Dow Jones a annoncé qu'il roulera tous ses contrats West Texas Intermediate de juin à juillet ce mardi, en raison du risque que le contrat le plus proche devienne négatif. Le brut pour juillet a lui augmenté en raison de cet arbitrage. Stéphane Monier, chief investment officer chez Lombard Odier Private Banking, estime que la chute des cours du pétrole reste passagère, car "les perspectives dépendent du rythme de reprise de la demande". Chez UBS, les analystes prévoient que les prix du pétrole remontent à 43 dollars au second semestre, sous l'effet de la reprise économique.

Sans doute dans cette perspective, BP a décidé de maintenir son dividende à 10,5 cents par action malgré une hausse de son endettement à un niveau plus observé depuis 2015. La société a racheté pour 776 millions de dollars de ses actions au premier trimestre.

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