Bruxelles enquête sur la fusion NYSE/Deutsche Börse

© Jin Lee

Craignant de sproblèmes de concurrence dans le secteur des produits dérivés, la Commission européenne a ouvert jeudi une enquête approfondie sur le mariage des opérateurs boursiers NYSE Euronext et Deutsche Börse.

La fusion NYSE Euronext et Deutsche Börse pourrait donner naissance au numéro un mondial du secteur. De quoi éveiller des craintes quant à de futurs problèmes de concurrence dans le secteur des produits dérivés. La Commission européenne a donc ouvert jeudi une enquête approfondie sur le mariage des deux opérateurs boursiers.

"L'opération envisagée éliminerait un puissant concurrent sur le marché et ferait de l'entité issue de la concentration le leader incontesté du marché de la négociation des produits dérivés en Europe", indique jeudi dans un communiqué Joaquín Almunia, le commissaire européen chargé de la concurrence.

Gardienne de la concurrence en Europe, la Commission dispose désormais de trois mois supplémentaires pour rendre sa décision finale, qui interviendra au plus tard le 13 décembre, précise-t-elle dans son communiqué.

Cette décision était largement attendue alors que l'examen initial de ce rapprochement prenait fin ce jeudi.

Comme prévu, Bruxelles s'inquiète des risques d'affaiblir la concurrence dans le secteur des dérivés cotés (contrats liés aux taux de change, taux d'intérêt, matières premières etc.), tant en ce qui concerne la négociation que la compensation de ces produits financiers.

Le nouvel ensemble né de la fusion des deux groupes boursiers détiendrait 90% du marché européen des dérivés cotés via la filiale Eurex de Deutsche Börse et le Liffe londonien détenu par NYSE Euronext.

Réagissant dans un communiqué commun, NYSE Euronext et Deutsche Börse ont affiché leur confiance quant à l'issue positive de cet examen.
Mais en attendant, le risque pour Bruxelles est que ce mariage nuise à l'innovation et fasse grimper les prix, pénalisant ainsi des investisseurs tels que des fonds de pension, des banques de détail ou encore des courtiers professionnels.
"Des Bourses de produits dérivés concurrentes éprouveraient davantage de difficultés à pénétrer sur un marché déjà caractérisé par d'importantes barrières à l'entrée", relève la Commission dans son communiqué.
Les dérivés constituent un secteur-clé pour les opérateurs boursiers traditionnels comme NYSE Euronext et Deutsche Börse, qui subissent de plein fouet la concurrence d'acteurs meilleur marché et très performant au niveau technologique, baptisés plates-formes alternatives.

Le patron de NYSE Euronext Duncan Niederauer avait d'ailleurs admis récemment que "des concessions" seraient sans doute nécessaires, sans pour autant "en arriver à des cessions" de certaines plate-formes de produits dérivés.

La Commission n'a fait jeudi aucune suggestion concernant des cessions d'actifs ou des concessions particulières, qui pourraient affaiblir les prévisions de synergies faites par les deux groupes. Pour l'instant, les fiancés tablent sur des synergies de revenus annuelles de 150 millions d'euros et des synergies de coûts de 400 millions d'euros dès 2012.

Si l'opération se faisait, la holding serait détenue à 60% par les actionnaires actuels de Deutsche Börse et à 40% par ceux de NYSE Euronext et aurait deux sièges à New York et Francfort.

Outre la Commission européenne, les autorités américaines anti-cartels doivent vérifier que le nouvel ensemble respecte la concurrence aux Etats-Unis, même si ce rapprochement ne devrait pas poser trop de difficultés.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés