C'est Noël avant l'heure sur les marchés actions

©REUTERS

Les marchés européens ont encore enregistré une performance hebdomadaire positive, pour la 4e fois consécutive. Et à en croire la plupart des stratégistes, la tendance n'est pas prête de s'inverser.

Tout un symbole. Alors que les États-Unis luttent encore contre le nouveau coronavirus, la Bourse de New York poursuit inlassablement son ascension vers de nouveaux records. Le Dow Jones, l'un des trois principaux indices américains, a ainsi franchi le cap des 30.000 points pour la première fois de son histoire. Il affiche à l'heure actuelle un bond de près de 5% depuis le début de l'année.

"Il n’y a rien d’autre à acheter. Les gens ont cet excédent de trésorerie et ils l'injectent dans le marché. (...) Toutes les nouvelles à court terme sont ignorées en raison de l'optimisme à long terme."
Gene Goldman
Directeur des investissements chez Cetera Financial Group

"Il n’y a rien d’autre à acheter. Les gens ont cet excédent de trésorerie et ils l'injectent dans le marché, a expliqué Gene Goldman, directeur des investissements chez Cetera Financial Group, le jour où le Dow Jones a inscrit son nouveau record. Les gens ignorent le court terme et se lancent simplement dans l'achat (d'actions). Toutes les nouvelles à court terme sont ignorées en raison de l'optimisme à long terme."

En témoigne la chute du VIX, "l'indice de la peur", qui est tombé vendredi sous la barre de 20 pour la première fois depuis février.

Ce sentiment très positif des investisseurs américains s'est bien sûr propagé sur les marchés européens, mais dans une moindre mesure. L'indice Stoxx Europe 600 a gagné 0,92% en cinq séances, porté par des secteurs cycliques - très sensibles aux espoirs dans la reprise économique - comme l'énergie (+6,17%), les banques (+4,98%), les matières premières (+4,79%) ou encore les loisirs (+4,83%).

Les banques bientôt autorisées à reverser un dividende

Les valeurs bancaires ont par ailleurs été recherchées en Europe après la sortie de plusieurs membres de la Banque centrale européenne (BCE), qui se sont dit favorables à ce que les banques de la zone euro recommencent à verser un dividende à leurs actionnaires. Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a évoqué deux facteurs positifs: la capacité de résistance des institutions financières à des chocs très importants et l'intérêt de préserver l'attractivité de ces institutions pour les investisseurs.

Un avis partagé par Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE. "Si les banques ne distribuent pas de dividendes cette année, elles peuvent en distribuer davantage l'année prochaine et entre-temps, elles seront mieux placées pour faire face à une situation de crise grave", a-t-il déclaré au journal portugais Expresso. L'économiste italien estime toutefois qu'une solution "raisonnable" serait "une approche au cas par cas par les autorités de surveillance bancaire".

À la Bourse de Bruxelles

Chez nous, le BEL 20 a surperformé les autres principaux indices européens avec un bond de 3,73% à 3.719,36 points. Plusieurs poids lourds de la cote - en premier ING (+9,14%) - ont mené la tendance. Le titre Solvay a de son côté gagné 7,10% sur la semaine, grâce notamment aux commentaires positifs de Deutsche Bank. Le broker est passé à l'achat sur la valeur avec un objectif de cours fixé à 125 euros. Soit le plus élevé parmi ceux des analystes qui suivent le titre.

+xxx%
Berenberg reste fan de Mithra
Selon la banque d'investissement allemande, Mithra est "fondamentalement sous-évaluée". L'action a bondi de xxx% en réaction.

Hors Bel 20, la palme revient à Nyrstar dont le cours s'est envolé de 194,02%. L'ancien numéro un mondial du zinc a décidé d'interjeter appel d'une décision de justice rendue le 30 octobre en faveur des actionnaires minoritaires qui réclamaient la constitution d'un panel d'experts.

L'action Mithra (+19,68%) a surfé sur une note élogieuse de Berenberg. La banque d'investissement allemande estime que l'action est "fondamentalement sous-évaluée". D'après ses calculs, chacun des trois produits en développement chez Mithra affiche un potentiel de ventes cumulées d'un milliard d'euros d'ici 2028. La biopharma liégeoise a pour sa part annoncé mercredi avoir franchi une étape supplémentaire pour la commercialisation de sa pilule contraceptive Estelle sur le marché européen l'an prochain.

Encore du fuel pour les prochains mois?

Reste la question de savoir si la tendance positive va continuer sur les marchés. D'autant que certains observateurs évoquent déjà des valeurs "surachetées" de part et d'autre de l'Atlantique. Selon une enquête publiée par Reuters mercredi, les trois quarts des stratégistes interrogés estiment que les actions devraient poursuivre leur ascension pendant au moins six mois encore, mais à un rythme moins soutenu.

"Nous entrons maintenant dans une phase plus longue de 'croissance' avec le début de l'amélioration des profits."
Goldman Sachs

"Nous entrons maintenant dans une phase plus longue de 'croissance' avec le début de l'amélioration des profits", expliquent les analystes de Goldman Sachs. Du fait de la politique monétaire accommodante des banques centrales, "les taux d'intérêt négatifs devraient continuer de soutenir le marché haussier en 2021".

Les stratégistes s'attendent en moyenne à ce que l'indice Stoxx Europe 600 atteigne 430 points et le S&P 500 3.900 points d'ici la fin 2021.

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