Carmignac: "Une euphorie soutenue par les banques centrales"

©Kristof Vadino

Didier Saint-Georges de Carmignac table sur une baisse de la devise américaine en 2021 et sur un maintien du leadership des valeurs de croissance.

"Nous sommes aujourd’hui dans une phase d’euphorie, caractérisée par une réduction des zones d’incertitudes sur les marchés financiers, avec une élection américaine qui est désormais derrière nous et la perspective de disposer prochainement de vaccins efficaces. Pour les douze prochains mois, ce retour à une forme de normalité pose toutefois plus de questions", souligne Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac.

Retour de l’austérité?

"Nous sommes aujourd’hui dans une phase d’euphorie, caractérisée par une réduction des zones d’incertitudes sur les marchés financiers."
Didier Saint-Georges
Membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac

Si le rebond des chiffres de croissance est spectaculaire, nous sommes encore loin d’avoir récupéré les pertes encaissées depuis le début 2020. "En outre, la pandémie est dans une deuxième vague, avec les incertitudes concernant un éventuel plan de relance aux Etats-Unis. La réponse à ces questions déterminera en grande partie la forme que la croissance pourra prendre en 2021."

Et en Europe, il s’attend à ce que les questions relatives à une plus grande rigueur budgétaire fassent leur retour dans le courant de l’année prochaine. "Une fois de plus, ce seront les banques centrales qui seront sollicitées l’année prochaine pour soutenir l’activité économique, avec une création monétaire qui continuera de soutenir les valorisations sur les marchés boursiers. Ceci justifie l’euphorie à laquelle nous assistons ces derniers jours."

Leadership boursier

"Le retour à une normalité économique et la correction des valorisations en cours sur les secteurs 'value' ne signifie pas un renversement du leadership de long terme sur les marchés boursiers"
Didier Saint-Georges
Membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac

Didier Saint-Georges rappelle que les valeurs de croissance sont de plus en plus rares sur les marchés boursiers, tandis que l’endettement des entreprises par rapport à leur croissance est toujours plus élevé. "Le retour à une normalité économique et la correction des valorisations en cours sur les secteurs 'value' ne signifient pas un renversement du leadership de long terme sur les marchés boursiers."

A moyen terme, la croissance économique va rester sous pression, et les valeurs de croissance devraient rapidement reprendre le leadership boursier. Pour les prochains mois, il souligne que les fonds du groupe se sont également exposés à la réouverture des économies, par exemple aux groupes du secteur touristique qui ne sont pas sensibles aux problèmes structurels de long terme.

Marasme du dollar

Au niveau monétaire, Didier Saint-Georges souligne qu’il est difficile d’envisager un scénario qui ne s’accompagne pas d’une dépréciation de la devise américaine durant les prochains trimestres, ce qui aura un impact important sur certaines classes d’actifs comme les matières premières (et plus particulièrement l’or) ou les marchés asiatiques. "Le monde émergent est aujourd’hui la zone du marché sur laquelle nous sommes fortement surpondérés dans les portefeuilles globaux, bien avant les Etats-Unis".  

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