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Ce n'est plus le moment de vendre les actions de la distribution

©Reuters

À la suite de sa chute récente sur les marchés boursiers, le secteur de la distribution est revenu à des niveaux de valorisation peu élevés. Pour autant, il devra en faire davantage pour ramener les investisseurs vers lui.

S’il ne reste plus que les rumeurs de rachat pour redonner des couleurs aux actions des spécialistes de la distribution, disons-le sans ambages, les investisseurs risquent fort de trouver le temps bien long dans ce segment des cotes en Europe dans les prochains mois. De plus, si de telles rumeurs deviennent indispensables pour les attirer, c’est peut-être parce que les affaires que réalisent ces distributeurs ne sont guère brillantes. Ce que des propos tenus récemment par certains d’entre eux corroborent.

Valorisation peu élevée, oui mais…

Fin août, Carrefour, le numéro un du secteur dans la zone euro, avait donné le ton. Le distributeur français avait indiqué prévoir un recul de 12% de son résultat opérationnel courant, et abaisser sa prévision de croissance des ventes à entre 2 et 4%. Pas plus tard qu’hier, Colruyt, qui tenait son AG, a dit "s’attendre à un résultat inférieur au terme de son 1er semestre par rapport à celui de la même période du précédent exercice" (lire page 14).

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Les affaires des distributeurs sont sous pression. Il est donc logique que les cours de leurs actions le soient aussi. Depuis janvier, celle de Carrefour accuse à ce jour une baisse de 25% à Paris, celle d’Ahold Delhaize de 22% à Amsterdam et celle de Colruyt de 7%. Parmi les rares exceptions, Casino gagne 9,3% à Paris. Ce titre, il est vrai, avait déjà chuté en 2016, sur le sujet de son endettement que le marché trouvait excessif. De son côté, l’Allemand Metro ne tient pas la comparaison. La nouvelle société qui ne comprend plus sa branche Ceconomy (Mediamarkt) a été introduite il y a peu à la cote de Francfort. Excepté pour Ahold Delhaize, les analystes entrevoient pour leur part une baisse des résultats pour tous ces acteurs cette année. "2018 pourrait même être pire que 2017", avouent craindre les analystes de JP Morgan pour Carrefour.

Au niveau où il est tombé, on peut toutefois estimer que le secteur de la distribution est revenu à des niveaux de valorisation plutôt attractifs. Comme l’écrivait UBS dans une note consacrée au distributeur français, "il n’est plus l’heure de vendre". Cette conclusion, on serait enclin à l’étendre à l’ensemble du secteur. D’autant que les versements des dividendes ne devraient pas être menacés pour la plupart d’entre eux. Les actionnaires peuvent être assurés de bénéficier de généreux rendements. Le rendement brut du titre Carrefour s’élève à 4,1% et celui d’Ahold Delhaize à 3,6%.

Commerce en ligne

Cela dit, le secteur de la distribution va devoir en faire davantage pour convaincre les investisseurs à revenir vers lui en Bourse. Il souffre en Europe de la concurrence sur les prix que lui infligent des discounters comme Leclerc en France. Cela impose à des groupes tels que Carrefour d’investir dans les prix, en les rendant plus compétitifs. Pour y arriver, le détaillant français envisage notamment d’abandonner ses hypermarchés non-rentables. Mais selon le courtier Kepler Cheuvreux, "les effets positifs de cette restructuration ne se feront sentir qu’à la mi-2019".

En même temps, Carrefour va devoir accélérer sur le chapitre du commerce en ligne où il ne réalise qu’1% de ses affaires. L’entrée d’Amazon dans la distribution alimentaire l’y contraint aux USA. Avec l’acquisition au printemps dernier de Whole Foods Market par Amazon, la frontière entre le commerce alimentaire traditionnel et l’e-commerce s’estompe un peu plus encore. Ce qui a pour conséquence d’exacerber davantage le concurrence entre les distributeurs, désormais obligés de se positionner sur les deux segments.

Ahold Delhaize plus à l’aise

Sur ce plan, Ahold Delhaize, qui réalise des ventes en ligne pour un montant de 2,8 milliards d’euros (près de 6% des ventes), est un peu plus à l’aise. Mais, "alors que la croissance des revenus reste peu claire dans ses principales divisions, l’amélioration des marges issue principalement de la politique de réduction de coûts suite aux synergies, est en ce moment le principal levier pour les résultats", affirme Charles Allen, de Bloomberg Intelligence. Lors de la publication de ses résultats semestriels, Ahold Delhaize n’a pas donné de prévisions chiffrées concernant ses résultats finaux. Par ailleurs, "la baisse du dollar contre l’euro affectera vraisemblablement les bénéfices réalisés aux Etats-Unis", ajoute Charles Allen.

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