Ce qui explique la faiblesse du dollar

©LANDOV/MAXPPP

L'euro est à un plus haut depuis huit mois face au billet vert. Ce sont les incertitudes persistantes sur la politique monétaire aux Etats-Unis qui plombent le dollar.

L'euro a atteint jeudi son plus haut niveau en huit mois et demi face à un dollar plombé par les incertitudes persistantes sur la politique monétaire aux États-Unis malgré l'accord temporaire sur la dette américaine trouvé la veille.

Vers 12H15 GMT (14H15 à Paris), l'euro a atteint 1,3668 dollar, son niveau le plus élevé depuis le 1er février, avant de freiner légèrement sa hausse.

Après 16 jours de paralysie du gouvernement des États-Unis, le Congrès américain est parvenu mercredi à un accord de sortie de crise, à quelques heures de l'échéance du plafond de la dette du pays, qui risquait de faire encourir son premier défaut de paiement à la première économie mondiale.Le texte prévoit de permettre au Trésor de continuer à emprunter jusqu'au 7 février, et inclut une loi de finances temporaire pour rouvrir jusqu'au 15 janvier les agences fédérales paralysées depuis le 1er octobre.


Les cambistes ont accueilli cette nouvelle en retrouvant un certain appétit pour les investissements jugés les plus risqués, comme l'euro, mais restaient surtout prudents vis-à-vis du dollar. En effet, les observateurs "continuent de penser que cette solution bouche-trou ne fait que reporter le problème", commentait Jonathan Pryor, analyste chez Investec.


Comme le faisait remarquer Ishaq Siddiqi, analyste chez ETX Capital, ce report "rajoute sans nécessité de l'incertitude à un moment où la croissance économique de par le monde est au mieux anémique".
Pour Vincent Ganne, analyste chez FXCM, avec la fin de la paralysie aux États-Unis, "les choses sérieuses vont donc enfin pourvoir reprendre sur les marchés financiers". La paralysie américaine "n'a créé que du +bruit+ sur le marché, c'est la politique monétaire des États-Unis qui va reprendre rapidement le dessus, ainsi que les données macroéconomiques et microéconomiques", estimait M. Ganne.


En effet, la fermeture temporaire de nombreuses antennes administratives américaines ont entraîné le report de la publication d'indicateurs macroéconomiques majeurs, dont le très important rapport mensuel sur l'emploi et le chômage pour le mois de septembre.


Ces chiffres sont particulièrement scrutés car ils permettent d'évaluer la vigueur de la reprise économique des États-Unis, et parce que la Réserve fédérale américaine (Fed) fait de la baisse du taux de chômage le déclencheur d'une resserrement monétaire.

Pour Ishaq Siddiqi, l'incertitude persistante sur le budget et la dette des États-Unis "contrecarre les projets de la Fed" de commencer à réduire son soutien monétaire massif avant la fin 2013.
Ainsi, le dollar se trouvait également sous pression du fait de la perspective de voir la banque centrale américaine continuer ses injections massives de liquidités dans le système financier américain, à hauteur de 85 milliards de dollars par mois, des opérations qui ont pour effet de diluer la valeur du billet vert.

De plus, "la faiblesse du dollar s'est accrue (jeudi) alors que circulaient sur les marchés des rumeurs infondées d'abaissement" de la note de crédit des États-Unis, a relevé Elsa Lignos, analyste chez RBC Capital Markets. L'agence de notation Fitch Ratings avait annoncé mardi qu'elle envisageait d'abaisser la note de la dette des États-Unis, actuellement la meilleure possible à "AAA", en raison de la crise politique à Washington sur le relèvement du plafond de la dette.

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