analyse

Ces cinq tendances qui vont marquer le deuxième trimestre

L'inflation et les taux d'intérêt plus élevés vont persister sur les marchés. ©Bloomberg

Un dollar plus fort, une inflation et des taux d'intérêt plus élevés, une rotation sectorielle plus prononcée et une faible volatilité sont attendus.

Le deuxième trimestre a démarré sur les chapeaux de roue pour les marchés d'actions. Le S&P 500 a dépassé jeudi dernier son plus haut niveau historique à 4.000 points. Le DAX a franchi les 15.000 points en Europe. Les investisseurs ont appris à composer avec un environnement économique changeant. Pour les trois prochains mois, les analystes s'attendent encore à ce que ces nouvelles données perdurent. Ils en ont relevé cinq.

Des taux obligataires plus élevés

La première concerne sur les taux obligataires, qui devraient rester élevés. Chez Goldman Sachs, les analystes prévoient que le rendement de l'obligation américaine à dix ans, qui est passé de 0,90% en décembre à 1,70% récemment, pourrait atteindre 1,90% d'ici la fin de l'année. Le courtier TD Securities voit de son côté le taux américain toucher 2% sur la même période.

"La remontée des taux obligataires ne va pas faire dérailler la progression des marchés d'actions, car les rendements obligataires s'avéraient très très bas."
Gargi Pal Chaudhuri
Responsable de la stratégie d'investissement chez iShares

Toutefois, Gargi Pal Chaudhuri, responsable de la stratégie d'investissement chez iShares, ne pense pas que cette remontée va faire dérailler la progression des marchés d'actions, car "les rendements obligataires s'avéraient très très bas". Cet avis n'est toutefois pas partagé par tous les investisseurs, car le dernier sondage de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds montrait que 43% d'entre eux estimaient qu'un taux américain à dix ans à 2% pourrait déclencher des ventes d'actions.

Le Stoxx 600 proche d'un nouveau record

Le Stoxx 600 n'est plus qu'à une marche d'un nouveau record historique. Il lui manque à peine 0,19% pour dépasser 433 points, son record absolu. Selon les analystes de Bloomberg Intelligence, une reprise de la croissance économique en Europe et des bénéfices de sociétés plus élevés pourraient facilement porter l'indice vers de nouveaux sommets. "Le Stoxx 600 pourrait s'apprécier avec des taux d'intérêt en Europe qui pointent des données économiques plus fortes qu'attendu et un fort rebond des bénéfices de sociétés en 2021 et 2022 ", relèvent Tim Craighead et Laurent Douillet, analystes pour Bloomberg Intelligence.

Une inflation plus forte

La seconde tendance à marquer les marchés au deuxième trimestre pourrait à nouveau être l'inflation. Les banques centrales américaine, britannique et européenne ont toutes prévu que l'inflation pourrait dépasser les objectifs de 2% cette année. Du côté des investisseurs, les craintes d'une inflation encore supérieure aux prévisions des banques centrales se font sentir. Toutefois, selon le dernier sondage de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds, ceux-ci voient une inflation plus forte comme le risque le moins probable sur les marchés. Mais ils soulignent tout de même qu'une inflation plus forte aurait un impact négatif sur le dollar et sur les obligations à long terme.

"Si un nouveau paradigme consistant en une croissance nominale plus élevée et des rendements obligataires plus hauts émerge, les titres value pourraient progresser encore des années."
Mark Haefele
Chief Investment Officer chez UBS Global Wealth Management

Une rotation sectorielle plus marquée

Depuis le début de l'année, les grands thèmes d'investissement gagnants en 2020, comme la technologie, ont été relégués au fond de la classe, au profit de secteurs liés au cycle économique. Les espoirs d'une forte croissance économique aux États-Unis et en Chine ont porté les valeurs bancaires, de l'énergie et de l'automobile, notamment. Ces compartiments avaient été délaissés ces dernières années au profit des valeurs de croissance. Les investisseurs parient que ces secteurs dits "value" vont encore progresser. "Si un nouveau paradigme consistant en une croissance nominale plus élevée et des rendements obligataires plus hauts émerge, les titres value pourraient progresser encore des années", prédit Mark Haefele, chief investment officer chez UBS Global Wealth Management. Toutefois, le moindre accident de croissance économique pourrait profiter aux valeurs technologiques, selon des analystes.

10,3
Milliards de dollars
Le montant des contrats à terme pariant sur une baisse du dollar a chuté à 10,3 milliards de dollars récemment. Il s'avérait trois fois plus élevé au début de l'année.

Un dollar fort, une volatilité faible

Les deux autres tendances sur les marchés au deuxième trimestre seront, selon les analystes, une volatilité faible, car les investisseurs ne s'attendent plus à des brusques variations en bourse, et un dollar fort. La vigueur du billet vert accompagnera la hausse des rendements obligataires selon les analystes. Les données de la CFTC (le gendarme des marchés de dérivés américains) montrent que les achats de contrats à terme pariant sur la baisse sur le dollar ont chuté à 10,3 milliards de dollars. C'est trois fois moins qu'au début de l'année.

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