Ces sociétés qui changent de nom pour surfer la vague du cannabis

©Sofie Neven

Onze sociétés canadiennes ont changé leur nom l'année passée pour inclure le mot "cannabis". Elles espéraient que leurs titres profitent de l'engouement des investisseurs pour les valeurs cannabis. Mais cela ne leur a pas porté chance.

Des penny stocks canadiennes, dont la valeur ne dépasse pas 1 dollar, se sont dits l'année dernière: "Pourquoi ne pas changer de nom pour dynamiser le cours de Bourse?" Et leur choix s'est porté sur le cannabis, alors que des titres comme Tilray flambaient. Le producteur canadien de cannabis avait vu son cours multiplié par trois depuis son introduction en Bourse de New York en juillet, jusqu'à la fin de l'année. 

Onze valeurs canadiennes de moins de 1 dollar, actives pour la plupart dans les métaux précieux, ont donc changé de nom pour inclure le mot "cannabis". Ce fut le cas pour Hadley Mining, devenu SpeakEasy Cannabis, et CNRP Mining, devenu Integrated Cannabis. Mais la chance ne leur a pas souri. Depuis leur changement de nom, ces titres ont perdu en moyenne 30%. L'une d'entre elles, rebaptisée Heritage Cannabis en janvier 2018, a perdu 64% à 25 cents. Elle avait changé trois fois de nom, passant de Trijet Mining  à Energy Corp, pour ensuite devenir Heritage Cannabis. 

Les investisseurs n'ont pas été dupes. Car les sociétés n'ont pas montré leur volonté de devenir des producteurs de cannabis. En 2017, en pleine folie des cryptomonnaies, des sociétés américaines ont changé leur nom pour inclure le mot "blockchain", mais avaient indiqué dans le même temps vouloir acheter des sociétés actives dans la blockchain, la technologie derrière les monnaies virtuelles. C'était le cas de Long Island Iced Tea. Le producteur de thé glacé avait vu son cours bondir de 200% après avoir changé son nom en Long Blockchain Corp, et indiqué vouloir acheter des sociétés liées à la blockchain. Toutefois, après l'éclatement de la bulle sur le bitcoin et les autres cryptomonnaies, le titre a rapidement chuté. Après avoir touché 6,91 dollars le 21 décembre 2017, il ne vaut plus que 0,198 dollar désormais.

Mais les mésaventures des sociétés canadiennes montrent que les investisseurs n'achètent plus n'importe quoi, contrairement à la période de la bulle internet. Durant la fin des années 90, des sociétés qui n'ont pas connu le même destin qu'Amazon  ont ajouté le suffixe ".com" ou le préfixe "E-" pour voir le cours de leurs actions décoller. 

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