Ces titres qui se sont démarqués en Bourse depuis 5 ans

Le classement du BCG reste dominé par les sociétés américaines, avec le fabricant de semi-conducteurs Nvidia en tête. Entre 2014 et 2018, le titre a dégagé un rendement de 54,4%. ©AFP

Selon BCG, Nvidia, Kweichow Moutai, Broadcom et Netflix ont offert le plus de rendement aux investisseurs entre 2014 et 2018, avec un gain de 35% en moyenne. Les titres continuent de progresser cette année.

Depuis quelques années, le réseau social Facebook n’offre plus de rendement aux investisseurs. Du moins, le titre s’est effacé face à d’autres valeurs plus prometteuses. Et les déboires du réseau social depuis le scandale des données des utilisateurs par Cambridge Analytics ont pesé sur l’évolution du cours de l’action. La firme de consultance Boston Consulting Group (BCG) a calculé qu’entre 2014 et 2018, le réseau social ne figure plus parmi les dix valeurs qui offrent le plus rendement dans le monde.

Durant cette période, ce Top dix a dégagé un rendement de 35% en moyenne, contre 8,2% pour l’ensemble des 2.200 sociétés reprises dans la base de données de BCG. La firme de consultance observe qu’entre 2013 et 2017, ce rendement s’élevait à 15,6% pour l’ensemble de l’échantillon.

L’année 2018, marquée par une correction sévère des marchés au deuxième semestre, a pesé sur les rendements des actions.

"La forte croissance du marché domestique chinois a soutenu un grand nombre d’industries dans le pays."
Hady Farag
analyste chez BCG

Facebook, qui figurait dans le Top 10 des meilleurs rendements entre 2013 et 2017, a été rétrogradé un an plus tard à la 33e position du classement de BCG. Le titre du réseau social avait perdu en 2018 25,71%. Il avait touché un sommet de 217,50 dollars en juin avant de chuter à 124 dollars à la fin de l’année dernière. Le titre s’est relevé de 44% depuis janvier. Hady Farag, un des analystes qui a écrit le rapport de BCG, rappelle que "Facebook reste une société très performante sur les marchés". "Facebook a connu comme beaucoup d’autres sociétés des performances exceptionnelles depuis son introduction en Bourse en 2012 en termes de valeur de capitalisation boursière. Ce genre de performances est difficile à soutenir sur le long terme. Des années de ralentissement peuvent survenir. On peut passer par une phase de normalisation naturelle", indique-t-il.

Pour rappel, Facebook avait débuté à un cours de 18 dollars en 2012. L’action cote aujourd’hui autour de 188 dollars, ce qui représente une progression de 944% sur la période.

La montée des sociétés chinoises

BCG observe que les sociétés chinoises sont montées dans son classement des meilleurs rendements. Kweichow Moutai a fait son entrée dans le Top 5 des meilleures performances à la deuxième place, contre la dixième à la fin 2017, grâce à un rendement de 43,5% entre 2014 et 2018. Depuis le début de cette année, le titre a bondi de 100%.

Cette société, spécialisée dans les biens de consommation non durables, a coiffé au poteau Tencent Holdings, une autre entreprise chinoise, spécialisée dans les services internet et mobiles, ainsi que dans la publicité en ligne. Celle-ci chute de la cinquième à la huitième place, en raison également de la baisse de sa valeur en Bourse en 2018. Le titre a lâché 22,65% l’année dernière. Elle a repris seulement 2,17% depuis janvier.

La société spécialisée dans les services internet et mobiles Tencent a chuté de la cinquième à la huitième place. ©REUTERS

La société a été touchée par une série de mesures répressives réglementaires et, en mai de cette année, elle a publié la plus faible croissance de ses ventes depuis son introduction en Bourse de Hong Kong en 2004. "Depuis des années, Tencent Holdings figure dans le Top 10 des meilleures performances. Nous avons établi notre classement pour la vingtième fois, et seule une poignée de sociétés se sont retrouvées dans le Top 10 à chaque fois. Tencent Holdings en fait partie", indique Hady Farag. De fait, depuis son introduction en Bourse en 2004, le titre Tencent Holdings a pris 44.920%.

"De plus, beaucoup d’investisseurs sous-estiment les performances d’une société. Du point de vue de l’activité d’une entreprise, chaque dollar gagné est synonyme de revenus. Mais du point de vue de l’actionnaire, lorsque la société connaît une performance exceptionnelle, les attentes de bénéfices sont élevées, et il est difficile pour une société de répondre à des attentes très élevées", nuance l’analyste.

Mais il relève que les sociétés chinoises sont de plus en plus nombreuses à monter dans le classement depuis déjà quelques années. "La forte croissance du marché domestique chinois a soutenu un grand nombre d’industries dans le pays. De plus, la structure du marché des capitaux en Chine s’est avérée en retard par rapport au développement économique du pays. La performance de l’indice Shanghai Composite a été plus modérée que la croissance du pays. Ceci a sans doute retenu les investisseurs étrangers à investir dans les sociétés chinoises, mais désormais, les flux de capitaux vers les titres chinois affluent", souligne Hady Farag.

Une société russe, PJSC Lukoil, a également fait son entrée dans le Top 10. Mais le classement reste dominé par les sociétés américaines, avec le fabricant de semi-conducteurs Nvidia en tête. Entre 2014 et 2018, le titre a dégagé un rendement de 54,4%. Depuis janvier, il a progressé de 52%.

Un autre fabricant américain de semi-conducteurs, Broadcom, arrive en troisième position du classement, avec un rendement de 39,5% sur la période (+ 14% depuis janvier), et le site de vidéo à la demande Netflix, quatrième du podium, a dégagé un rendement de 38,5% sur la même période (et une progression de près de 9% depuis le début de l’année).

Hady Farag note toutefois qu’un changement a eu lieu dans le classement sur les douze derniers mois. "L’ensemble du marché des capitaux s’est retrouvé sous pression. Les sociétés américaines qui sont plus focalisées sur leur marché domestique ont mieux résisté l’année passée que les sociétés plus étendues à l’international. Cette année, elles ont aussi mieux performé en termes de croissance du capital et des bénéfices."

"Facebook par exemple a souffert de son exposition mondiale, poursuit-il. Comme les autres sociétés plus globales, elle a souffert de la force du dollar face aux autres devises, mais elle a aussi soulevé des inquiétudes sur le respect de la vie privée et sur une réglementation. Les investisseurs en ont tenu compte."

Des TMT en difficulté

Le rapport de BCG montre également que les secteurs TMT (technologie, médias et télécommunications) ont chuté dans le classement. "Depuis la fin 2017, le secteur de la technologie et celui des médias ont souffert le plus. Mais le secteur technologique n’a pas touché un fond. À part l’année passée, le secteur a dominé le classement. Google dominait le secteur, souligne Hady Farag. Mais cela a changé sensiblement. Maintenant, des sociétés spécialisées dans la médecine technologique, dans les infrastructures financières et dans les fournisseurs d’informations ont rattrapé les groupes de tête grâce à l’innovation. Dans le domaine de la santé, on a assisté à une intégration des sociétés, alors que précédemment leurs activités demeuraient séparées, afin d’offrir un meilleur service à un meilleur coût. Cela a conféré à ces sociétés un avantage distinct."

"Dans le secteur de la pharmacie, on assiste à une intégration des sociétés."
HAdy Farag
analyste chez BCG

Dans le classement de BCG, la société américaine Intuitive Surgical, spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de systèmes vidéo d’assistance à la chirurgie robotique, se place à la septième position, juste derrière le géant américain du commerce en ligne Amazon. L’entreprise a dégagé 30,4% de rendement entre 2014 et 2018. Le titre a progressé de 18% depuis janvier.

À la neuvième place du Top 10 des meilleurs rendements selon BCG se trouve UnitedHealth Group, une société américaine d’assurance et de soins de santé. Elle a dégagé un rendement de 29% entre 2014 et 2018. Elle a progressé de 2% depuis le début de l’année.

Le rapport de BCG note que lors du précédent classement un an auparavant, le secteur de la santé arrivait au treizième rang parmi les 33 industries. Il est remonté à la cinquième place.

En revanche, le secteur de l’automobile est tombé à la treizième place cette année, contre la deuxième position un an auparavant. Le secteur est en plein défi de la voiture électrique et se retrouve actuellement pris en étau dans la guerre commerciale que livrent les Etats-Unis à la Chine et l’Union européenne.

Des nouvelles tendances

Hady Farag admet que l’année passée, des changements ont eu lieu. "L’année passée a été pleine de challenges. Mais sur le long terme, on peut voir des tendances d’industries se dégager. En définitive, il revient aux sociétés de se différencier. Le secteur de la santé a donné un bon exemple. Grâce à l’innovation, il a trouvé sa recette du succès, si cela continue."

Mais il reconnaît que l’évolution de l’économie mondiale dictera aussi la tendance pour les sociétés. "On pourrait assister à une copie de la tendance de l’année passée en fonction de l’évolution de l’économie mondiale. À court terme, le secteur de l’alimentation peut profiter des secousses sur l’économie mondiale, mais à long terme, la manière dont les sociétés se différencient avec leurs activités sera plus indicative de la tendance", conclut-il.

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