Cette année, c'est "less is more" pour les placements

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Scott Mather de la société d'investissement Pimco estime que les marchés ne tiennent pas compte des changements importants en termes géopolitiques et monétaires.

Pimco, une firme d’investissement qui gère le plus grand fonds obligataire au monde, a déterminé ses nouvelles prévisions pour les trois à cinq prochaines années. Elle considère cette année comme un pivot pour les Etats-Unis et l’Europe. Scott Mather, chief investment officer de la société, souligne que la politique monétaire des banques centrales va amener de grands changements sur les marchés. "En septembre, la Fed va commencer à réduire son bilan, et cela va amener des grands changements. La BCE devrait commencer à normaliser sa politique monétaire l’année prochaine. Tout cela va amener des remous sur les marchés", indique-t-il. "Ce changement n’est pas ‘pricé’ par les marchés", ajoute-t-il. Scott Mather se montre critique face à la politique monétaire des banques centrales qui n’ont finalement "servi à rien". Par contre, "lorsque les banques centrales ne seront plus les plus gros acheteurs de titres sur les marchés, qui va prendre leur place?", interroge l’analyste, en pointant que durant les trois à cinq prochaines années, il voit 70% de risques d’une récession aux Etats-Unis, "alors que les banques centrales n’ont plus de munition".

"La politique monétaire des banques centrales n’a servi à rien."
Scott Mather
CIO de Pimco

L’autre pivot de cette année selon Scott Mather repose sur la fin de la globalisation. "On assiste à un sentiment anti-globalisation dans la sphère politique. Alors que durant les trente dernières années, le commerce mondial a progressé, les trois à cinq prochaines années, il va ralentir, et les Etats-Unis qui vont mener ce changement", souligne-t-il.

Scott Mather relève également qu’après les politiques d’austérité adoptées suite à la crise financière, de plus en plus de pays se tournent vers des dépenses budgétaires, indifféremment de la dette publique très élevée à laquelle ils sont confrontés. Scott Mather prévient également d’un grand changement sur le marché des changes avec une Chine qui lâche de plus en plus le taux fixe de sa monnaie avec le dollar américain. "Étant donné la taille de la Chine, ce désarrimage de la monnaie va amener de grands bouleversements", prévient-il.

Dans ce contexte changeant, Scott Mather souligne que le moment n’est pas venu de prendre des risques. "La plupart des actifs financiers affichent une valorisation élevée à cause des taux d’intérêt faibles et d’une volatilité au plancher, indique-t-il. Le Vix s’affiche en moyenne à 15 points alors que dernièrement il s’élève entre 9 et 10 points. C’est un signe d’alerte. Lorsque ce niveau est atteint, il ne reste là que durant six mois avant d’exploser."

"Ces cinq dernières années, il fallait acheter plus d’actions, d’obligations, de tout. Désormais, ‘less is more’. La corrélation négative va revenir entre les actions et les obligations", affirme Scott Mather, en conseillant d’éviter les titres soutenus par les banques centrales.

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