Cette crise est sans comparaison dans l'histoire boursière

Les bourses américaines n'ont jamais connu un "marché baissier" lié à un virus comme le Covid-19. ©EPA

Une étude de Goldman Sachs montre que la chute boursière moyenne lors des "marchés baissiers" est de 38%. Mais cette crise liée au coronavirus est difficilement comparable à d'autres épisodes baissiers de l'histoire.

Cette crise financière est différente. C’est ce que l’on peut déduire d’une récente étude de la firme Goldman Sachs qui a répertorié tous les "bear markets" (marchés boursiers baissiers) depuis 1835. Un "marché baissier" est caractérisé par une chute boursière d’au moins 20%.

L’étude menée par le stratège en actions Peter Oppenheimer montre que la chute boursière moyenne lors de ces marchés baissiers est de 38%. La baisse de l'indice boursier américain S&P 500 était de 32% vendredi soir. Ce lundi, la bourse américaine a ouvert en baisse malgré l’annonce de nouvelles mesures de la Federal Reserve (Fed) américaine. 

La plus importante chute boursière remonte à la période 1929 à 1932, connue sous le nom de la Grande dépression, lorsque l’indice a dégringolé de 85%. Lors de la crise financière de 2007-2009, l’indice avait chuté de 57%.

La plus importante chute boursière remonte à la période 1929 à 1932, liée à la Grande Dépression, lorsque l’indice a dégringolé de 85%. Lors de la crise financière de 2007-2009, l’indice a chuté de 57%.

Attention, un "bear market" n’est pas l’autre. Goldman Sachs définit trois types de marchés baissiers, en fonction des éléments qui les ont déclenchés.  

Les "marchés baissiers structurels" sont déclenchés par des déséquilibres structurels et par l’explosion d’une bulle financière. C’est le cas de la crise de 2007-2009 mais aussi de la crise de 2000-2002 liée à l’explosion de la bulle internet (-49% pour le S&P 500).

Les "marchés baissiers cycliques" sont pour leur part fonction du cycle économique. Ils sont provoqués par la hausse des taux d’intérêt qui cause à son tour une récession et une chute des profits des entreprises. C’est le cas des crises du début des années 80 et du début des années 90.

Enfin, il y a les "event-driven bear markets", ces crises déclenchées par un événement particulier ou par un choc externe. C’est le cas d’une guerre, d’un choc pétrolier, ou d’une dislocation brutale du marché, comme lors du krach de 1987. Ou, comme c’est le cas  aujourd’hui, une crise provoquée par une pandémie.

"Fear factor"

Tous les marchés baissiers font mal, mais certains plus que d’autres. Les "marchés baissiers structurels" durent 42 mois en moyenne et affichent une baisse de 57%. Ce sont les plus douloureux. Les "marchés baissiers cycliques" durent 27 mois pour une baisse moyenne de 31%. Et les "event-driven bear markets" sont plus courts (9 mois) pour une chute de 29% de l’indice. A priori, c’est plutôt rassurant dans le cas de la crise actuelle. Sauf que cette crise corona est totalement inédite.

Une baisse des taux d’intérêt a des effets limités dans un environnement marqué par la peur, où les consommateurs sont confinés chez eux.

Dans l’histoire, souligne Goldman Sachs, nous n’avons en effet connu aucune crise déclenchée par un virus. Les "event-driven bear markets" ont typiquement été liés à des événements  de marché (crise de la dette souveraine, faillite du hedge fund LTCM, krach de 1987 lié aux programmes informatiques…). Dans ces différents cas, une réponse monétaire était plus efficace qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Une baisse des taux d’intérêt a des effets limités dans un environnement marqué par la peur où les consommateurs sont confinés chez eux. Par ailleurs, l’histoire ne montre pas d’autre exemple où les taux d’intérêt étaient déjà très bas (voire en territoire négatif) au début de la crise. Ce facteur "peur" ("fear factor") pourrait encore pousser les marchés vers le bas, tant qu'aucune bonne nouvelle n'apparaît réellement sur le front sanitaire.

Dans ses dernières prévisions, Goldman Sachs n'exclut pas un indice Standard and Poor's à 2.000 points, ce qui impliquerait une chute de 41% par rapport au sommet de 3.393 points qui remonte au 19 février dernier.  Ce lundi, l'indice est tombé en séance à 2.200 points, soit une chute de 35% par rapport à son sommet.     

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