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Chez les investisseurs, l'optimisme reste de mise

Les investisseurs continuent à croire à une hausse boursière malgré des perspectives économiques moins bonnes. ©REUTERS

Malgré une conjoncture attendue moins florissante, les gestionnaires d'actifs financiers interrogés par BofA Merrill Lynch préfèrent rester exposés aux actions.

Même si les perspectives pour la croissance économique semblent moins bonnes, les investisseurs restent favorables aux actions. Selon le sondage mensuel de Bank of America Merrill Lynch auprès des gestionnaires de fonds, dont les résultats ont été publiés mardi, les anticipations pour la croissance mondiale sont tombées à leur plus bas niveau depuis mai 2020.

"La déconnexion inhabituelle entre les prix des actifs et les fondamentaux a augmenté."
Bank of America

Les gestionnaires d'actifs sont aussi moins nombreux à croire à une poursuite de la croissance des bénéfices des entreprises: ils ne sont plus que 12% à tabler sur ce scénario, contre 89% en mars. Paradoxalement, ces anticipations mitigées n'empêchent pas la persistance de l'appétit pour le risque. On observe un taux net de 50% des sondés qui misent toujours sur les actions, alors que la moyenne sur vingt ans est de 29%. Bank of America note que "la déconnexion inhabituelle entre les prix des actifs et les fondamentaux augmente".

Valeurs défensives délaissées

L'optimisme est sans doute lié aux attentes en matière de politique monétaire. Une première hausse des taux d'intérêt directeurs de la Réserve fédérale n'est plus attendue avant février 2023, alors qu'auparavant, les gestionnaires entrevoyaient ce premier tour de vis monétaire en décembre 2022. De plus, 82% des personnes interrogées pensent que la Chine va assouplir sa politique monétaire avant la fin de l'année.

58%
Optimistes pour l'Europe
Pour 58% des participants au sondage de Bank of America Merrill Lynch, les actions européennes vont continuer à progresser jusqu'en 2022.

Dans ce contexte, les investisseurs misent à la fois sur des valeurs de croissance, en privilégiant les secteurs des technologies et de la santé, et sur les actions de valeur, en s'exposant en priorité aux banques et aux entreprises industrielles. Les valeurs défensives sont, par contre, laissées de côté. La plus forte sous-pondération concerne le secteur des "utilities" (services aux collectivités).

L'optimisme pour les actions européennes est plus marqué qu'à l'échelle mondiale. 58% des sondés prévoient que la hausse des marchés européens continuera jusqu'à l'année prochaine, contre 51% le mois dernier. Il faut toutefois nuancer cet optimisme, car la minorité d'investisseurs qui prévoient une correction au troisième trimestre a plus que doublé, passant de 7% à 16%. Mais moins de 5% des gestionnaires estiment que les actions ont déjà atteint leur plus haut niveau.

Miser sur les banques européennes

L'enquête de BofA montre en tout cas que les professionnels de l'investissement considèrent qu'il vaut mieux rester investi en actions actuellement. Une réduction trop précoce de l'exposition aux actions est considérée comme le plus grand risque pour les portefeuilles, selon 55% des personnes interrogées, une opinion qui n'était partagée que par 35% d'entre elles un mois plus tôt.

68%
Favorables aux banques européennes
Le secteur bancaire européen est attrayant, notamment dans la perspective d'une hausse des taux, selon 68% des sondés.

Il ne faut pourtant pas attendre monts et merveilles des marchés européens dans les prochains mois: la proportion d'investisseurs qui s'attendent à une hausse de plus de 5% d’ici à la fin de l'année est tombée à 37%, contre 60% en août. Et pour cause: les anticipations de bénéfices ont baissé. 42% des sondés tablent sur une amélioration des profits des entreprises dans les douze prochains mois, contre 72% le mois dernier.

Au point de vue sectoriel, deux tiers des gestionnaires considèrent que les valeurs cycliques continueront à faire mieux que les défensives. En août, près de trois quarts d'entre eux étaient de cet avis. 68% des sondés jugent le secteur bancaire européen attrayant parce qu'il permet de se positionner pour une hausse des taux d'intérêt des obligations et pour tirer profit d'une croissance plus solide. Seuls 24% des investisseurs estiment que le secteur n'est pas attrayant.

Le résumé

  • La proportion d'investisseurs qui tablent sur une hausse boursière reste significativement plus élevée que la moyenne, selon le dernier sondage de Bank of America Merrill Lynch.
  • Pourtant, ceux qui croient à une croissance économique plus soutenue sont nettement moins nombreux, tout comme les tenants d'une progression des bénéfices des entreprises.
  • Les investisseurs sont optimistes pour les actions européennes et pour les valeurs cycliques, dont notamment les bancaires.
  • Mais ils sont nettement moins nombreux à anticiper une progression de plus de 5% en Europe d’ici à la fin de l'année.

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