Comment se comporter face à la chute des marchés?

Dan le contexte de crise que nous connaissons, les valorisations des actions restent peu attractives. ©AFP

L'heure n'est pas encore venue de se ruer sur les actions après leur récente débandade. Mieux vaut patienter, le temps que les risques puissent être quantifiés.

Mieux vaut envisager investir dans les actions de sociétés lorsque les bourses baissent. À terme, les chances de réaliser les meilleurs gains sont plus élevées que lorsque l’on s’intéresse aux actions dans des marchés qui ont déjà progressé. Ceux qui ont fait des emplettes ces derniers mois, alors que les Bourses n’en finissaient pas d’améliorer leur record, doivent en savoir quelque chose. Depuis son plus haut de l’année atteint le 17 février dernier, l’indice Bel 20 a reperdu un peu plus de 20% et effacé tous les gains qu’il avait accumulés en 2019.

Doit-on à présent considérer cette chute du Bel 20 comme une opportunité pour étoffer son portefeuille de placement en actions? Question délicate dans la mesure où, comme l’explique Johanna Kyrklund, responsable des investissements multiactifs chez Schroders, "nous ne connaissons pas encore l’ampleur exacte de l’épidémie ni les perturbations économiques qu’elle risque d’engendrer".

Il est vrai que par le passé, rappelle-t-elle, chaque fois que l’indice VIX, celui que l’on qualifie de baromètre de la "peur", a franchi la barre des 33 points comme c’est le cas en ce moment, Wall Street a enregistré un rendement moyen de +25% dans les 12 mois qui ont suivi. Cette fois, "il serait imprudent, voire inconscient, d’ignorer les risques de cette crise jusqu’à ce qu’ils puissent être quantifiés".  

Rien ne permet en fait d’affirmer à ce stade que les cours des actions ont fini de reculer. Echangés entre 15 et 18 fois les bénéfices (P/E ou cours/bénéfice) réalisés en 2019, soit à des niveaux de valorisation pas si séduisants, il reste de la marge pour assister à une poursuite de la baisse des marchés. Prudence donc.

La saison des dividendes approche…

"Il serait imprudent, voire inconscient, d’ignorer les risques de cette crise jusqu’à ce qu’ils puissent être quantifiés."
Johanna Kyrklund
Stratégiste chez Schroders

Si le moment n’est pas encore venu de se ruer sur les actions après leur récente débandade, il n’est plus vraiment l’heure non plus de se débarrasser des actions. En tous les cas de celles des sociétés qui affichent un profil financier sain. On pense à des titres comme Umicore, Solvay, KBC, Ageas et Colruyt pour ne citer qu’elles. Excepté Umicore et Colruyt, ces valeurs se traitent aujourd’hui à moins de 10 fois les bénéfices et offrent pour la plupart d’entre elles un rendement sur dividende plutôt attrayant. Cela devrait dorénavant leur permettre de limiter les dégâts pour le cas où les marchés financiers subiraient d’autres coups de blues.

Soyons pratiques et prenons l’exemple d’Ageas. Le cours actuel de cette valeur représente à peine 0,6 fois la valeur comptable de la société par action. L’assureur s’échange en outre à seulement 7,7 fois les bénéfices et le rendement brut de son action est 7%! Il n’est pas impossible qu’avec l’approche de la saison de détachements des dividendes, des valeurs pareilles à celles d’Ageas attirent des investisseurs, ceux à l’affût de généreux dividendes.

Horizon de long terme

Pour ceux qui estiment que la Bourse a suffisamment baissé, et pour autant qu’ils disposent d’un horizon de placement de long terme, Ageas peut compter parmi les actions dignes d’intérêt. Le beau rebond de cette valeur lors de la séance de mardi, comme d’Umicore et de KBC, conforte ce sentiment.

On trouve de pareils exemples sur les autres places boursières. À Paris entre autres, où les rendements de titres tels que BNP Paribas et Société générale se situent entre 9 et 12%! Il faudrait toutefois, pour ces valeurs financières, que la situation cesse de se dégrader sur les marchés du crédit comme cela vient de se passer et qui a beaucoup affecté ces derniers jours les actions d’entreprises fort endettées, comme AB InBev à Bruxelles ou Air France à Paris.

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