Coup de froid sur les actions européennes exposées au Brésil

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La décision de S&P de ramener en catégorie spéculative la dette du Brésil pèse sur les actions de sociétés exposées à ce pays.

Six ans après l’avoir élevée au niveau attrayant d’"investment grade", Standard & Poor’s (S&P) a ramené la note de la dette du Brésil à celui de "spéculatif". La note, réduite d’un cran, revient à "BB +".S&P a joint à sa décision une "perspective négative". Cela signifie que la note est encore susceptible de baisser à brève échéance.

La décision de S&P intervient au moment où le gouvernement de la 7e économie mondiale peine à mettre en place des mesures d’ajustement budgétaire, dans un contexte de récession économique et de ralentissement généralisé des pays émergents."Les défis politiques du Brésil continuent d’augmenter", pointe S&P. "Ce qui pèse sur sa capacité et sa volonté de présenter un budget pour 2016 qui soit cohérent avec ses objectifs économiques", ajoute l’agence.

Le Brésil avait beaucoup bénéficié, au début des années 2000, des besoins importants de la Chine en matières premières. Mais avec la baisse de la demande de ce pays, lui-même confronté aujourd’hui à une croissance économique moins dynamique, le Brésil fait face à un reflux constant de la croissance de son produit intérieur brut (PIB) depuis 6 ans. Au 2e trimestre de cette année, elle a même viré au rouge (- 2,60%).

Réal en chute libre

Bien que crainte depuis un certain temps, la décision de S&P n’en a pas moins surpris les milieux financiers, qui ne prévoyaient pas qu’elle soit prise aussi rapidement. Le rendement de la dette brésilienne à 10 ans est monté de ce fait jusqu’à 5,63%. Du côté des changes, le réal, qui a déjà effacé 26% de sa valeur face à l’euro depuis janvier, a encore perdu 2,6% à 4,35 pour un euro. Quant à la Bourse de Sao Paolo, son indice Bovespa reculait de 1,4% à l’ouverture de jeudi. Il porte à 21% sa chute depuis son dernier point le plus élevé de l’année, atteint début mai.

Rien ne permet de prévoir que la dégradation de ces actifs financiers s’arrêtera là. Cela dépendra beaucoup de la manière dont le Brésil, qui connaît une inflation de 9,6% en rythme annuel, réagira à la décision de S&P. Pour certains économistes, cela dépendra aussi de la réaction des autres grandes agences de notation. Fitch et Moody’s n’ont à ce jour pas modifié leur appréciation. La dette brésilienne est maintenue dans la catégorie"investissement".

AB InBev touché

La dégradation de la situation économique du Brésil et celle de sa monnaie affectent les actions des sociétés européennes les plus exposées à ce pays. Hier encore, celles-ci ont compté parmi les plus malmenées. À Paris, le titre du distributeur Casino Guichard, qui tire 40% de son chiffre d’affaires du Brésil, a chuté de 6,2%. Celui de son concurrentCarrefour, qui réalise 14% de son chiffre d’affaires au Brésil, a perdu 3,3%. À Amsterdam, l’action du parapétrolier SBM Offshore a lâché 4% et celle d’ArcelorMittal 4%. SBM Offshore effectue près de 60% de ses ventes au Brésil, et le sidérurgiste 15%. AB InBevcompte parmi les sociétés belges les plus actives au Brésil (25% de ses ventes en volumes). Son action a reculé de 2,3% à Bruxelles. Le Brésil représente encore une bonne part des affaires  entre 10 et 40%  que réalisent des sociétés espagnoles comme Telefonica (-3,6% à la Bourse de Madrid), Banco Santander (-3,4%), et Mapfre(-2,5%).

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