analyse

Déprime boursière après la Fed et un regain de tensions commerciales

©AFP

Sombre semaine sur les marchés boursiers, qui ont été confrontés à une série de facteurs pour la plupart d’entre eux défavorables.

La publication de statistiques décevantes dans la zone euro; les décisions prises par les membres de la Fed dans le cadre de sa politique monétaire et qui n’ont pas plu à tout le monde, et les difficultés rencontrées par la Chine et les Etats-Unis pour aboutir à un accord commercial, tous ces éléments, auxquels on peut encore ajouter les menaces du nouveau Premier ministre britannique de quitter l’Union européenne sans accord, ont en quelque sorte déstabilisé les investisseurs.

L’Europe la plus affectée

La sensibilité des marchés aux mauvaises nouvelles augmente au fur et à mesure que les indices prennent de la hauteur.

Le mois d’août démarre de ce fait sur une note négative. À Wall Street, l’indice S&P 500 accuse un recul hebdomadaire de 3,5% à 2.919 points (à vendredi 18h). De côté ci de l’Atlantique, les pertes ont été plus sensibles. L’indice DAX 30 de la Bourse de Francfort, une des plus affectées en Europe par la guerre commerciale sino-américaine, a plongé de 4,41% à 11.872,44 points. Le CAC 40 de la place de Paris a enregistré pour sa part un repli de 4,48% à 5.359 points. Chez nous, à la Bourse de Bruxelles, le Bel 20 a cédé 3,29% à 3.613 points.

Doit-on s’inquiéter des pauvres performances enregistrées par ces indices à l’issue des 5 dernières journées? Certes, les variations sont loin d’être anecdotiques. Il convient toutefois d’avoir à l’esprit que le S&P 500 de la Bourse de New York caracolait encore à ses plus hauts historiques il y a huit jours.

Le tweet balancé par Donald Trump reprochant à la Fed le fait qu’elle n’a pas suffisamment à son goût baissé son taux directeur (-0,25% à 2,0%-2,25%), a été l’occasion de prendre des bénéfices. De même que celui destiné à la Chine qui tarde, toujours dans l’esprit du Président américain, à s’activer dans le dossier de la guerre commerciale. Les investisseurs sur les places chinoises ne sont pas restés de marbre face à ce tweet. La Bourse de Shanghai a perdu 2,6% sur la semaine. À noter que le bilan est encore plus lourd à Hong Kong. Mais le mouvement de contestation en cours dans cette ex-colonie britannique en est pour une bonne part responsable. L’indice Hang Seng a abandonné 5,2%

En Europe, le Stoxx 600 n’a, à ce jour, pas encore retrouvé son pic historique d’avril 2015 (414,06 points).

En Europe, le Stoxx 600 n’a, à ce jour, pas encore retrouvé son pic historique d’avril 2015 (414,06 points). Mais après avoir enregistré 6 bilans mensuels positifs sur 7 depuis le début de l’année, on pouvait aussi prévoir des allégements de portefeuille.

À vrai dire, il faut savoir que la sensibilité des marchés aux mauvaises nouvelles a tendance à augmenter au fur et à mesure que les indices boursiers prennent de la hauteur. Et surtout, si leur valorisation est élevée. C’était le cas pour les indices américains comme on vient de le voir. Mais aussi pour les indices européens. Le Stoxx 600, qui évoluait juste au-dessus des 390 points lundi dernier, n’était plus très éloigné de son sommet historique.

Ce qui interpelle

Jusqu’ici, les mouvements à la hausse des indices, suivis ensuite de prises de profits, n’ont pas de quoi inquiéter outre mesure. Jusqu’à présent du moins. Par contre, les performances réalisées par les groupes sectoriels d’un indice interpellent parfois. En Europe, bien davantage qu’à Wall Street.

©MEDIAFIN

À chaque fois que le marché fait face à une nouvelle décevante, ce sont les secteurs dits cycliques, ceux plus sensibles que d’autres aux aléas des économies, qui sont les plus malmenés. Ce phénomène a encore pu être observé cette semaine. Les actions des entreprises actives dans les matières premières ont ainsi perdu 8,9% en moyenne selon l’indice Stoxx 600 de ce secteur, celles des constructeurs automobiles 6,2%, celles des banques 5,6%, celles de la chimie 4,2% . Et on en passe.

Une telle configuration donne à penser que les investisseurs craignent la tombée en récession des économies européennes. Un sentiment que ne partage cependant pas la BCE, mais que peuvent avoir renforcé, outre l’amplification du conflit commercial, la publication de certains indicateurs économiques ces derniers jours. Ceux notamment qui ont trait à l’affaiblissement de la croissance du PIB dans la zone euro (+ 0,2% au 2e trimestre), et de l’inflation (1,1% en juillet).

Pour ces mêmes raisons, l’euro a continué à s’affaiblir face au dollar (-0,2% à 1,1105 dollar), et cela malgré le geste de la Fed qui aurait dû logiquement mettre le dollar sous pression. Parmi les rares monnaies en baisse face à l’euro, la livre sterling a cédé 1,9% à 1,092 euro. Ce qui a permis à l’indice FT 100 de la Bourse de Londres de limiter sa baisse à 1,9% cette semaine, à 7.407,06 points.

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