Des doutes sur la croissance pèsent en Europe

A Wall Street, les valeurs techno ont été à la fête. En Europe, les valeurs cycliques ont trinqué. ©AFP

Les doutes sur la reprise économique ont plombé les valeurs cycliques en Europe. Aux Etats-Unis, les valeurs technologiques ont brillé, à l'image d'Apple et de Tesla.

La tendance sur les marchés cette semaine a été marquée par un contraste des évolutions des Bourses de part et d'autre de l'Atlantique. Le S&P 500 a battu son record historique pour s'établir à 3.399,04 points, et a terminé sur une performance positive hebdomadaire. Le Nasdaq, à composantes technologiques, a lui évolué toujours plus haut. Les valeurs technologiques américaines ont elles brillé avec le cap historique de 2.000 milliards de dollars de capitalisation boursière dépassé par Apple, et le seuil de 2.000 dollars franchi par l'action Tesla.

En Europe, le bilan hebdomadaire a tourné au négatif. Le Stoxx 600 a lâché 0,81% sur la semaine, le CAC 40 1,34% et le FTSE 100 1,45%. Le Dax a offert un peu de résistance, et s'en tire avec un recul de 1,06% d'un vendredi à l'autre. L'Europe "est à la traîne en raison de la forte hausse de l'euro, qui a atteint ces derniers jours un plus haut en deux ans face au dollar et handicape donc les entreprises exportatrices européennes", a remarqué Daniel Larrouturou, gérant actions pour Dôm Finance.

Toutefois, le dollar a repris de l'avance sur l'euro suite au ton très prudent de la Réserve Fédérale américaine. Le compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed a rappelé "l'incertitude qui entoure les perspectives économiques" aux Etats-Unis. La trajectoire de l'économie "dépend fortement de celle du virus et de la réponse du secteur public à cela", c'est-à-dire de l'adoption d'un nouveau plan d'aide, estime la banque centrale. L'euro a perdu 0,58% à 1,777 USD d'un vendredi à l'autre.

L'adoption de ce nouveau plan d'aide à l'économie américaine a suscité des inquiétudes chez les investisseurs car les camps démocrates et républicains ne sont pas parvenus à un accord jusqu'à présent.

Des valeurs cycliques touchées

Le secteur bancaire a pesé sur les performances des Bourses européennes cette semaine. Il a signé la pire performance du Stoxx 600, avec un repli hebdomadaire de 3,59%. De manière générale, les secteurs les plus exposés au cycle économique ont souffert cette semaine, avec le risque d'une reprise économique plus lente qu'escompté et d'une prolongation des taux d'intérêt nuls voire négatifs. Le compartiment automobile a reculé de 2,76% en Europe.

2.000
milliards de dollars
Apple a franchi le seuil symbolique cette semaine, alors que les valeurs technologiques américaines ont été plébiscitées par les investisseurs. La société pèse désormais la plus grande capitalisation boursière mondiale.

A la Bourse de Bruxelles, le Bel 20 a été affecté par la dégringolade de Galapagos, plus forte baisse du Stoxx 600 cette semaine. La biotech a connu un sérieux revers aux Etats-Unis. Les autorités sanitaires américaines ont exigé des données supplémentaires concernant le filgotinib, le produit phare de Galapagos et ont exprimé des doutes sur son profil global de bénéfice/risque. Le titre a dégringolé de 25,74% sur la semaine. Le Bel 20 a lui affiché un recul hebdomadaire de plus de 3%, parmi les pires performances des indices boursiers européens.

Un or en repli

L'or a lui chuté sur la semaine, de 0,49% à 1.935,68 USD alors que le dollar est remonté face aux autres devises suite à la publication du compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed. "L'espoir que la Fed en fasse davantage a été le catalyseur de la baisse des cours de l'or à ce stade", a déclaré Jeffrey Sica, fondateur de Circle Squared Alternative Investments.

"L'espoir que la Fed en fasse davantage a été le catalyseur de la baisse des cours de l'or à ce stade."
Jeffrey Sica
Fondateur de Circle Square Alternative Investments

"La Fed n'a donné aucune indication qu'elle allait créer le montant de liquidités que les investisseurs en or espéraient, et cela a empêché l'or de se maintenir autour de 2.000 dollars", a-t-il ajouté. Depuis son sommet historique de 2.075,47 dollars atteint le 7 août, l'once d'or a reculé de près de 6%.

L'annonce de l'arrivée de Berkshire Hathaway, le holding du milliardaire Warren Buffett, dans le capital de Barrick Gold, l'un des plus grands producteurs d'or au monde, n'a pas empêché le métal jaune de reculer. Le titre Barrick Gold a lui gagné 8,3% grâce à cette annonce sur la semaine.

Du côté des cours du pétrole, le baril de Brent a lâché 2,41% à 43,72 USD d'un vendredi à l'autre. La dernière réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a immiscé des doutes quant au respect des quotas de production adoptés par les membres. "Le marché se rend compte que la principale nouvelle qui ressort de l'événement est le non-respect des quotas" de production, a indiqué Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad Energy. "Il semble assez difficile pour certains membres, comme l'Irak, de compenser leur surproduction des mois précédents et cela est considéré comme une nouvelle négative par le marché aujourd'hui", a-t-il ajouté.

"La demande est aussi une préoccupation pour le marché. Le Covid-19 ne semble pas ralentir et nous constatons un certain retour des restrictions en Europe et au-delà", a-t-il précisé. Car la pandémie a de nouveau forcé certains pays à adopter des mesures de restrictions supplémentaires, alors que les cas de contaminations ont rebondi en France, en Italie, en Espagne ou encore en Allemagne.

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