Des marchés européens en ordre dispersé

Le compromis fiscal aux Etats-Unis et la perspective d'une nouvelle relance monétaire ont fait planer un vent d'optimisme quant à la reprise de l'économie mondiale mais inspiré de nombreuses craintes quant à l'âpreté de la situation financière de la zone euro. L'indice Stoxx 600 n'en a pas moins conservé son plus haut sur 30 mois.

Troisième jour de gains pour maintenir le baromètre des actions européennes à un plus haut de deux ans. Pourtant, au lendemain d'un élan positif généralisé, les marchés du Vieux continent ne se sont plus orientés aussi franchement à la hausse. Si la prolongation des crédits d’impôts aux Etats-Unis a encouragé les investisseurs en action, elle a en fait rebuté ceux en obligations. Dans la crainte de retombées inflationnistes et de hausse des coûts de financement de dettes publiques, l'incitatif fiscal designed by Obama a accentué la pente des rendements des Treasuries, entraînant dans son sillage le Bund allemand.

En réaction à la baisse des emprunts d'Etat américains, le rendement des obligations allemandes à dix ans, référence pour le marché obligataire de toute la zone euro, avait atteint mardi 3 %, pour la première fois depuis sept mois. Et lesdits rendements ont encore grimpé mercredi, signe que le contraste entre les politiques économiques américaine et européenne a ravivé les incertitudes entourant la crise de la dette souveraine.

L'Allemagne a adjugé mercredi quatre milliards d'euros d'obligations à deux ans en accusant néanmoins une demande inférieure à l'offre. Le ratio de couverture s'est établi à 1,1, contre 1,4 lors d'une adjudication similaire en novembre. "A l'évidence, les marchés obligataires souffrent d'une grande volatilité alors que la liquidité est faible actuellement", a commenté Peter Chatwell, du Crédit Agricole à Londres.

Les dettes très lourdes et la compétitivité faible "sapent la confiance des marchés dans la capacité de nombreux pays à honorer leur dette", a prévenu mercredi le Finlandais Erkki Liikanen, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, rappelant que la zone euro restait très fragile.

Or, "les marchés d’actions vont patauger jusqu'à la fin de l'année", a affirmé Philippe Gijsels de BNP Paribas Fortis Global Markets, ajoutant qu’il n’y a aura probablement "pas de feux d'artifice pour Noël. Le marché retient actuellement sa position sur les décisions prises par les gouvernements et les banques centrales et, malheureusement, ce comportement n’offre aucune prévisibilité."

Pour preuve, le Fonds monétaire international avait critiqué mardi la lenteur de la réaction européenne et appelé de ses voeux une solution globale face au risque de propagation de la crise. Tandis qu’Angela Merkel et Jean-Claude Juncker se sont adonnés ce mercredi à une passe d’armes. La chancelière allemande a rejeté les deux propositions les plus fréquemment évoquées: un accroissement de la taille du filet de sécurité européen ou l'émission de titres de dette européens pour réduire les coûts d'emprunt des Etats les plus vulnérables.

De son côté, le président de l'Eurogroupe a accusé l'Allemagne d'avoir rejeté la suggestion d' "euro-obligations" sans même l'avoir vraiment examinée.

Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne ont fait part de leur intérêt pour ces "E-Bonds" et appelé la zone euro à accroître le montant de ses fonds de secours, tout en exhortant les gouvernements à durcir les règles budgétaires et à adopter des mesures plus draconiennes de résorption des déficits.

Hors Europe, les craintes quant à une hausse des taux d'intérêts chinois ont refait surface ce matin alors que la Chine a avancé la publication des statistiques macroéconomiques de novembre de deux jours, soit ce 11 décembre. Le quotidien "The China Securities Journal" indiquait mardi que la banque centrale chinoise pourrait relever ses taux directeurs lors de la publication des chiffres de l'inflation pour le mois de novembre. "Le week-end à venir semble être opportun pour pareille opération" a déclaré un analyste au journal.

Dans ce contexte, l'indice DJ Stoxx 600 a tout de même progressé de 0,39 % à 274,98 points. L'indice générique a ainsi de nouveau terminé à son plus haut niveau depuis 2008 alors qu'un "rally "sur les valeurs liées à l'assurance (+2,25 %) a émoussé les appréhensions d'un resserrement des taux d'intérêts en Chine. Les analystes d'UBS ont en effet ajouté Prudential (+3,68 %), le plus important assureur de Grande-Bretagne, à leur liste de "key calls".

A la Bourse de Paris, le CAC 40 a gané 0,56 % à 3.831,98 points. A la Bourse d'Amsterdam, l'AEX s'est avancé de 0,15 % à 346,72 points. A la Bourse de Londres, le Footsie 100 a lâché 0,24 % à 5.794,53 points. A la Bourse de Francfort, le Dax a le plus retombé, de 0,37 % à 6.975,87 points, retournement presque logique après avoir dépassé le cap des 7.000 points mardi .

A Bruxelles, l'indice Bel 20 a cédé 0,28 % à 2.617,44 points, déprimé par Umicore (-2,63 % à 38,52 euros), lui-même sapé par des prises de bénéfices après avoir touché un haut symbolique de 40 euros mardi et une rechute du compartiment des matières premières suite aux interrogations sur les retombées de la politique US pour stimuler l'économie.

Selon ING Investment Managers, les actions sont la classe d'actifs la plus attractive actuellement. Le groupe de gestion compte d'ailleurs relever son opinion sur les actions de "neutre" à "surpondérer" au début de 2011. Les actions devraient également profiter d'un rattrapage des dividendes dans les deux prochaines années, ceux-ci n'ayant pas suivi la progression des résultats jusqu'ici.  "Nous prévoyons des hausses de 10% des dividendes en 2011 et 2012, ce qui est plus que la moyenne de long terme", a précisé un stratégiste ING. "Au cours des 12 derniers mois, les bénéfices par action ont augmenté de 22-23% par an en moyenne, alors que les dividendes n'ont pas du tout monté. Nous pensons que cet écart va se résorber en deux ou trois ans", a-t-il encore ajouté.


STATISTIQUES

ETATS-UNIS
- Les stocks de pétrole brut ont fortement reculé la semaine dernière (-3,819 millions de barils pour s'établir à 355,872 millions) , mais ceux d'essence (+3,811 millions de barils à 213,964 millions) et de produits distillés (+2,154 millions de barils à 160,211 millions) ont à l'inverse nettement augmenté.

BELGIQUE
- L'économie belge a progressé moins qu'initialement prévu au troisième trimestre (+0,4 %).

ALLEMAGNE
- L'Allemagne a affiché en octobre un excédent commercial de 14,2 milliards d'euros, contre 16,8 milliards d'euros en septembre, a annoncé mercredi l'Office fédéral des statistiques.

- La production industrielle en Allemagne a nettement rebondi en octobre sur un mois, en hausse de 2,9% selon une première estimation publiée mercredi par le ministère fédéral de l'Economie, et après un recul de 1% en septembre.
Le rebond d'octobre est largement meilleur que prévu: les économistes interrogés par Dow Jones Newswires prévoyaient une hausse de 0,8%.

JAPON
- Les commandes de biens d'équipement ont de nouveau baissé au Japon en octobre, sur un mois, tandis que l'excédent des comptes courants n'augmentait que légèrement par rapport à l'an passé, selon des statistiques publiées mercredi qui inquiètent pour la fin d'année.

GRANDE-BRETAGNE

- Le moral des industriels britanniques s'est amélioré ce mois-ci, ceux-ci anticipant une nette progression de leur production grâce à une demande renforcée tant au Royaume-Uni qu'à l'étranger, d'après l'enquête mensuelle de la confédération patronale CBI publiée mercredi.
- Révision trimestrielle de la composition du Footsie

GRECE
- Le taux d'inflation en glissement annuel en Grèce a enregistré en novembre un léger recul à 4,9% sur un an contre 5,2% en octobre, a annoncé mercredi l'Autorité statistique grecque (Esa). Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% en Grèce, selon un communiqué de l'Esa. En moyenne annuelle, les prix ont progressé de 4,5% contre une hausse de 1,2% pour la même période un an auparavant.

ISLANDE

- La banque centrale islandaise a baissé son principal taux directeur pour la huitième fois cette année, de 5,5% à 4,5%, a-t-elle annoncé mercredi.


VALEURS

GDF SUEZ
-GDF  Suez & Cie devront payer 250 millions d’euros. Le gouvernement vient de déposer un projet de loi incluant une taxe de 250 millions d’euros à l’encontre des producteurs nucléaires.

GALAPAGOS

- Le groupe biotechnologique a levé 663.257 euros à l’occasion de l’exercice de 76.157 warrants accordés aux membres du personnel.

SPECTOR
- La Cour d'appel de Bruxelles a tranché: ni Spector, ni son ancien Investor Relations manager, Chris Van Raemdonck, ne sont impliqués dans un délit d'initié.


AGEAS

- Le groupe Ageas a émis 106,7 millions de nouvelles actions, conséquence de la conversion des MCS (Mandatory Convertible Securities) venues à échéance ce mardi, annonce le groupe dans un communiqué. L'opération de conversion des MCS comprend la comptabilisation d'une créance de deux milliards d'euros sur ABN AMRO.

ACCENTIS
- Augmentation de capital avec droit de préférence au prix de 0,02 euro par nouvelle action. L’opération court jusqu’au 16 décembre.

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