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analyse

Des opportunités sur la dette des entreprises

Fort affecté par l'arrêt des croisières, Carnival représente une réelle opportunité en termes d'obligations d'entreprise, selon Pierre Verlé, de Carmignac. ©REUTERS

Les écarts de rendement se sont creusés entre obligations d'entreprise et emprunts d’État, alors que les banques centrales achètent massivement sur le marché du crédit.

Des opportunités ont surgi dans le monde des obligations d’entreprise, selon Pierre Verlé (Carmignac) et Volker Schmidt (Ethenea). Les spreads (écarts de rendement avec les obligations d’État allemandes) se sont élargis pour cette catégorie. "On a assisté à de fortes dislocations sur le marché du crédit en raison des incertitudes et de problèmes logistiques dus aux mesures de confinement, qui ont conduit de nombreux traders et gestionnaires de fonds à devoir rester chez eux sans pouvoir disposer d’un système adéquat pour accéder aux marchés, ce qui a tué l’appétit pour le risque", note Pierre Verlé, responsable du Crédit et gérant chez Carmignac. D’après lui, les incertitudes ont porté sur l’impact macroéconomique de la pandémie et aussi sur l’impact sur les émetteurs de dette. "Le 18 mars, alors que le marché du crédit s’est gelé, les banques centrales ont réagi encore plus fort que précédemment. Et un jour, on est passé d’un marché gelé à un marché où l’on peut acheter une obligation. Les retraits se sont stabilisés", ajoute-t-il. "Deux mois plus tard, le marché du crédit fonctionne normalement avec de forts volumes sur les marchés primaire et secondaire dus à une forte demande. Cela a permis aux spreads de rester à un niveau attractif", constate-t-il.

"L’écart de rendement avec les obligations d’Etat reflète une situation vue beaucoup plus avec pessimisme que sur les marchés d’actions, où l’information manque sur l’impact sur les entreprises."
Pierre Verlé
Responsable du Crédit et gérant chez Carmignac

"La prime de risque des obligations d’entreprise par rapport aux emprunts d’État (comme les US Treasuries ou le Bund allemand) a augmenté fortement depuis la pandémie de Covid-19. Les obligations d’entreprise offrent désormais un rendement supérieur", souligne Volker Schmidt, senior portfolio manager chez Ethenea. "L’écart de rendement avec les obligations d’Etat reflète une situation vue beaucoup plus avec pessimisme que sur les marchés d’actions, où l’information manque sur l’impact sur les entreprises", souligne Pierre Verlé.

Opportunités

Volker Schmidt souligne privilégier les obligations des entreprises les plus liquides au sein des fonds Ethna-Aktiv et Ethna-Defensiv. "Les achats des banques centrales ont augmenté de manière significative le volume des obligations d’entreprise que nous considérons comme liquides. La Banque centrale européenne  achète des obligations libellées en euro de sociétés non financières, alors que la Fed achète des obligations libellées en dollars indirectement avec ses rachats d'ETF. En ligne avec ces rachats, nous nous assurons que nous restons dans une zone de forte liquidité", admet-il.

2.300
milliards d'euros
Le volume des obligations d'entreprise européennes, qui a plus que doublé en dix ans, selon Volker Schmidt (Ethenea).

Pierre Verlé souligne lui des opportunités dans des secteurs fortement affectés par la pandémie de Covid-19. "Carnival, par exemple, a été fort affecté avec l’arrêt des croisières. Mais nous pensons qu’il y aura encore des croisières dans le futur, et Carnival opère un très bon business avec des clients loyaux qui estiment qu’ils en ont pour leur argent. La société va avoir besoin de 5 à 10 milliards de dollars de cash pour surmonter la crise. Mais actuellement, son obligation cote à 20 cents à un niveau très attractif, alors que sa valeur boursière s’élève à 10 milliards de dollars. Vous ne voyez pas ça souvent sur le marché", indique-t-il.

Des anges déchus

Les deux gestionnaires regardent avec prudence les sociétés récemment rétrogradées à junk (BBB). "Les obligations d’entreprise ne perdent pas soudainement leur statut "investment grade". Les rétrogradations de KraftHeinz, Ford ou ZF Friedrichshafen ne sont pas une surprise. Elles s’expliquent par les problèmes que les sociétés connaissaient déjà avant la pandémie, et qui se sont intensifiés", relève Volker Schmit. 

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