Des records et des interrogations sur les marchés

Des doutes sur la croissance américaine ont jeté le trouble sur le dollar et les taux longs. ©Bloomberg

Le Stoxx 600 a franchi un nouveau record et le S&P500 évolue toujours plus haut. Mais des dissensions à la BCE et la croissance économique américaine ont suscité des inquiétudes.

Les marchés d'actions ont connu des nouveaux records cette semaine. Le Stoxx 600 a dépassé 433 points pour s'inscrire ce vendredi à 436,81points, un record. Sur les marchés américains, le S&P500 n'a cessé de progresser pour atteindre un nouveau sommet. "L'avancée des campagnes de vaccination se poursuit, les prévisions de croissance économique mondiale sont révisées à la hausse en raison de l'effet attendu des plans de relance et les investisseurs accueillent avec optimisme la nouvelle saison de résultats trimestriels d'entreprises qui se profile", indique Gilles Guibout, responsable des actions européennes chez AXA IM.

Repli des taux obligataires

437,24
points
Le Stoxx 600 a touché un nouveau record cette semaine. Mais tous les secteurs de l'indice n'ont pas connu une progression hebdomadaire.

Toutefois, contrairement à la semaine précédente, le Stoxx 600 n'a pas pu compter sur une progression de tous ses secteurs. Les compartiments de l'immobilier, de la technologie et des services financiers ont tiré l'indice avec une forte avancée. Mais le secteur automobile est resté en retrait, tout comme le secteur des télécommunications. Le compartiment de l'énergie a lui signé la pire performance avec un recul hebdomadaire de 3,01%, pénalisé par le recul des prix du pétrole. Même les banques, qui ont jusqu'à présent bénéficié de la rotation sectorielle envers les valeurs liées au cycle économique et de la remontée des taux obligataires, ont connu une semaine poussive sur les marchés.

Il faut dire que du côté du marché obligataire, les rendements se sont repliés aussi bien aux États-Unis qu'en Europe. Sur le Vieux continent, les annonces de nouvelles émissions obligataires en Italie et au Portugal ont fait reculer les taux longs européens mercredi. L'Italie a annoncé mardi lancer une obligation à 50 ans, à la surprise des investisseurs. Le Portugal a lui indiqué une obligation à dix ans. Les intervenants de marché ont constaté que les investisseurs ont vendu leurs titres pour faire place à la nouvelle offre. Le lendemain, les rendements obligataires européens se sont encore repliés suite à la publication du compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Celui-ci a montré que l'institution est prête à réduire ses rachats d'actifs sur les marchés si les conditions le permettent. Il a également mis en avant les oppositions au sein de l'institution, au sujet de l'augmentation de 20% du montant des rachats du PEPP, le programme anti-crise de la BCE, durant un trimestre, mais aussi sur l'interprétation de la hausse des rendements obligataires.

La publication de chiffres décevants concernant la production industrielle en Allemagne et en France a aussi joué en défaveur des taux obligataires européens cette semaine.

L'indice très regardé de l'activité nationale mesurée par la Fed de Chicago, qui agrège 85 indicateurs économiques, a montré qu'en février, l'activité est retombée à environ 2%.
Albert Edwards
Stratégiste chez Société Générale

Aux États-Unis, l'annonce d'une hausse imprévue des demandes de chômage et une Réserve Fédérale américaine décidée à maintenir sa politique accommodante ont fait baisser le rendement du taux à dix ans. Albert Edwards, stratégiste chez Société Générale, pointe que tout ne va pas si bien dans l'économie américaine, malgré des indicateurs PMI et ISM manufacturier et des services au beau fixe. "L'indice très regardé de l'activité nationale mesurée par la Fed de Chicago, qui agrège 85 indicateurs économiques, a montré qu'en février, l'activité est retombée à environ 2%" relève-t-il. "Ces données sont peut-être une anomalie, mais elles montrent que les marchés, avec leur rallye récent, sont vulnérables à une déception sur le cycle économique", ajoute-t-il.

Un dollar affaibli

"L'énergie du rebond du dollar au premier trimestre s'est affaiblie, comme celle du mouvement de vente sur le marché obligataire."
Kit Juckes
Responsable de la stratégie sur les taux chez Société Générale

Sur le marché des changes, le dollar a suivi la même tendance baissière que les taux obligataires. Sur la semaine, le billet vert a perdu plus de 1% face aux principales devises, dont l'euro. "L'énergie du rebond du dollar au premier trimestre s'est affaiblie, comme celle du mouvement de vente sur le marché obligataire", résume Kit Juckes, responsable de la stratégie sur les taux chez Société Générale. La pause dans le rallye du dollar intervient après un rebond marqué au premier trimestre après une année 2020 difficile.

La faiblesse du billet vert et le recul des rendements obligataires américains ont profité aux cours de l'or cette semaine. L'once d'or a gagné 0,91% à 1758,77 dollars d'un vendredi à l'autre. "Le fait que le métal jaune a franchi le support de 1.750 dollars lui donne de l'élan pour remonter davantage", prédit Bob Haberkorn, responsable de la stratégie chez RJO Futures. "La fièvre spéculative s'est affaiblie, avec un retour de bâton pour le bitcoin. Mais tant que les taux d'intérêt restent bas, voire négatifs, l'or dispose d'un soutien à long terme", relève David Hall, head of capital markets chez Indosuez wealth management. Le bitcoin a perdu 0,69% sur la semaine, à 58.272,62 dollars.

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