Des résultats de sociétés qui rythment les marchés d'actions en Europe

Le président de la Fed de New York, John Williams. ©REUTERS

Les marchés en Europe ont évolué au gré des résultats de sociétés tombés en nombre cette semaine. Mais ils ont également dû composer avec les tensions commerciales toujours présentes et les espoirs d’un geste de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt.

Mardi dernier, Donald Trump, le président américain, a relancé de l’huile sur le feu des tensions commerciales en déclarant que le chemin était encore long vers un accord commercial avec la Chine et s’est dit prêt à taxer pour 325 milliards de dollars (290 milliards d’euros) de produits chinois supplémentaires si nécessaire.

Les investisseurs craignent que les tensions sur le commerce aient un impact négatif sur les résultats trimestriels des entreprises. Ils s’inquiètent aussi des annonces que feront la Banque centrale européenne, le 25 juillet, puis la Réserve fédérale, le 31 juillet. Ils attendent des instituts d’émission le maintien, voire l’intensification des mesures de soutien qui ont contribué au rebond des marchés d’actions depuis le début de l’année.

Jeudi dernier, John Williams, le président de l’antenne de New York de la Fed, a prôné une action préventive forte sur les taux d’intérêt pour relancer l’inflation. Ses propos ont ravivé les espoirs d’une baisse de taux de 50 points de base le 31 juillet, à l’issue de la prochaine réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de la banque centrale américaine.

Du côté des secteurs européens, les résultats de sociétés ont influencé l’évolution des cours. Mais le secteur de l’énergie termine lanterne rouge du Stoxx 600 sur la semaine écoulée (-3,33%) en raison de la chute des cours du pétrole. Le baril de Brent a perdu 6,89% à 62,12 USD d’un vendredi à l’autre, réagissant à la crainte d’une offre excédentaire et aux tensions commerciales persistantes entre les Etats-Unis et la Chine. "La production de pétrole continue de progresser en dehors des Etats-Unis et les réserves américaines de produits raffinés sont également en hausse", a souligné Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

Le secteur des médias européens a également souffert (-1,16%) sur la semaine, affecté par des résultats de sociétés décevants. L’action Publicis a touché vendredi un creux de six ans et demi à la Bourse de Paris, le marché sanctionnant lourdement des résultats trimestriels décevants et une prévision de croissance du chiffre d’affaires annuel revue à la baisse. Le titre a entraîné à la baisse les autres noms de la publicité, comme WPP.

Des dividendes de banques sous pression

"Nous nous attendons à des changements futurs de stratégie de distribution du capital des banques."
Bloomberg Intelligence

Le secteur bancaire européen termine aussi la semaine sur un recul (-2,06%). Il a envoyé des signaux inquiétants pour les investisseurs sur les dividendes. Swedbank a annoncé mercredi dernier couper dans son dividende en raison de l’enquête sur le blanchiment d’argent qui touche l’institution et les autres banques des pays baltiques. Le titre a lourdement chuté après cette annonce

(-9,12%). Une autre banque, Nordea, a indiqué revoir sa politique de dividende et ses objectifs financiers après avoir publié des résultats jugés par sa direction "pas très satisfaisants". La banque a évoqué la persistance des taux d’intérêt à des niveaux plancher, qui ont un impact négatif sur le secteur. Chez Bloomberg Intelligence, les analystes Jonathan Tyce et Georgi Gunchev estiment que d’autres banques vont devoir revoir leur politique de dividende. "Une faible perspective des revenus et de nombreuses contraintes de capitaux comme les règles IFRS ou les réglementations Bâle IV vont continuer à toucher négativement les banques, en particulier celles qui ont adopté une approche à faible capital, soulignent-ils. Nous nous attendons à des changements futurs sur la stratégie de distribution du capital du secteur, et nous pourrions inclure Société Générale, Nordea, Natixis et Bankia, parmi d’autres, où des révisions sont possibles."

Le secteur technologique européen finit également sur un recul hebdomadaire de 0,99%, affecté par les prévisions décevantes de SAP, qui a dit ne pas voir de nette amélioration de ses marges avant l’année prochaine. Le spécialiste allemand des logiciels professionnels, première capitalisation technologique en Europe, a perdu 7,34% sur la semaine, de loin la plus forte baisse du Dax.

De manière générale, les analystes constatent que la saison des résultats démarre faiblement en Allemagne, en proie à un ralentissement économique.

Un secteur de la santé en forme

En revanche, le secteur européen de la santé a signé la meilleure performance du Stoxx 600 cette semaine. Il a gagné 2,12% en variation hebdomadaire. Il a été porté par Galapagos, qui a bondi de 26,41% sur la semaine grâce à accord avec Gilead à 5 milliards de dollars, qui consiste à un pacte de non-agression pendant dix ans. Les bons résultats de Carl Zeiss Meditech ont également tiré le secteur vers le haut. Le titre a pris 14,77% en variation hebdomadaire.

La forte hausse de Galapagos, mais aussi de l’autre biotech du Bel 20, argenx (+ 5,99% sur la semaine) a permis à l’indice de se distinguer des autres places européennes. Le rebond d’AB InBev a également permis au Bel 20 de progresser de 2,02% sur la semaine, alors que le Stoxx 600 a avancé de 0,10%.

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