Dix introductions en bourse qui pourraient animer 2020

Volkswagen AG examine actuellement la possibilité d’une cession ou d’une mise en bourse de Lamborghini. ©REUTERS

Les banquiers spécialisés en marchés de capitaux se réjouissent de voir se tourner la page d’une mauvaise année 2019 en Europe en matière d’introductions en bourse (IPO). Car il y a de bonnes raisons d’espérer que 2020 soit synonyme d’éclaircies pour ces IPO.

Les tensions commerciales se sont quelque peu apaisées entre la Chine et les États-Unis. Par ailleurs, le chemin de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne commence à se clarifier depuis que le Parti conservateur a remporté une victoire éclatante lors des dernières élections législatives.

Il y a de bonnes raisons d’espérer que 2020 soit synonyme d’éclaircies pour les IPO.

Il n’empêche que les lourdes exigences des régulateurs et le coût d’une cotation représentent de réels freins lorsqu’il existe de nombreuses sources alternatives de financement. "Je ne m’attends pas à de très nombreuses transactions en 2020, mais on peut espérer que certaines entreprises de qualité feront leur entrée sur le marché", explique David Clark, investment manager chez Saracen Fund Managers. Les entreprises devraient continuer à entrer en bourse pour élargir leur accès aux capitaux, accroître leur notoriété, et tester leur valeur, estime-t-il.

Aperçu de candidats potentiels à une introduction en bourse en Europe, mais aussi en Afrique du Sud.

1/ Wintershall DEA (Allemagne, pétrole & gaz)

Cela fait un certain temps que l’une des plus importantes sociétés européennes indépendantes d’exploration et de production de pétrole et de gaz envisage d’entrer en bourse. Ses copropriétaires, le géant allemand de la chimie BASF et LetterOne, la société d’investissement contrôlée par Mikhail Fridman, ont mandaté des conseillers il y a plusieurs mois pour préparer cette entrée en bourse. L’entreprise indique qu’elle sera prête d’ici l’été 2020. Wintershall DEA pourrait être valorisée à plus de 20 milliards de dollars, ce qui en ferait l’une des plus grandes entreprises cotées du secteur énergétique en Europe depuis l’IPO de Rosneft (11 milliards de dollars) en 2006.

Les actions de Wintershall pourraient intéresser de nombreux investisseurs internationaux qui se sont tenus à l’écart de l’IPO de la firme saoudienne Aramco (25,6 milliards de dollars) sur la bourse de Riyad à cause de leurs inquiétudes en matière de gouvernance et de sécurité et d’une valorisation élevée au regard d’une politique de dividende peu généreuse.

2/ Syngenta (Suisse, production de pesticides)

©AFP

Cela fait déjà deux ans que ChemChina a clôturé son acquisition (43 milliards de dollars) de l’entreprise suisse de pesticides Syngenta. Alors que l’objectif premier était de réintroduire Syngenta sur la bourse suisse d’ici 2022, son CEO Erik Fyrwald a indiqué que l’entreprise travaillait avec plusieurs banques pour préparer son entrée en bourse en 2020. Autrefois cotée à Zurich et New York, Syngenta devrait se contenter d’une cotation en Suisse, et envisagerait une cotation secondaire en Chine, à Hong Kong, à Londres ou à New York, a indiqué son CEO. Syngenta pourrait être la plus grande entreprise chimique jamais cotée.

3/ Orange Africa (France/Afrique, télécommunications)

Le plus grand fournisseur français de téléphonie mobile, Orange SA, envisage une introduction en bourse de sa division africaine et moyenne-orientale. L’entreprise est "techniquement prête" pour l’IPO et a mandaté des conseillers, a déclaré le CEO Stéphane Richard le 4 décembre. Paris et Londres sont envisagés pour cette IPO. La division pourrait être valorisée à près de 13 milliards d’euros (14,4 milliards de dollars), si l’on en croit des informations publiées par Bloomberg Intelligence.

4/ Interswitch (Nigeria, paiements)

Après une excellente année 2019 avec l’introduction en bourse de Network International et de Nexi, les IPO dans l’industrie des paiements devraient poursuivre sur leur lancée l’an prochain. Une entreprise à tenir à l’œil est Interswitch, basée au Nigeria, qui a reporté son projet de cotation à Londres au premier semestre 2020. Le groupe américain Visa, investisseur clé pré-IPO dans le secteur, a pris une participation minoritaire significative dans l’entreprise, la valorisant à 1 milliard de dollars.

5/ JDE Peet’s (Allemagne, café)

JDE Peet’s est le résultat de la fusion entre Jacobs Douwe Egberts (JDE) et Peet’s. JAB Holding, la société de la famille milliardaire Reimann, envisage une introduction en bourse en 2020 pour son activité dans le café. L’offre permettrait de lever jusqu’à 3,4 milliards de dollars et JAB penche pour Amsterdam, où se trouve Douwe Egberts, comme lieu d’introduction en bourse. En cas de succès, peut-être cette IPO pourrait-elle convaincre la marque indépendante Illycaffè d’entrer en bourse?

6/ Sativa (Royaume Uni, cannabis à usage médical)

Nettement plus petite mais néanmoins aussi intéressante que les précédentes, nous pouvons citer l’IPO de Sativa Group Plc sur le marché britannique AIM. L’entreprise britannique de cannabis CBD et à usage médical sera la première du genre à être cotée en bourse de Londres, au moment où les entreprises de ce secteur se sont jusqu’ici limitées à des échanges marginaux, généralement en dehors des mandats de la plupart des investisseurs institutionnels. Le récent effondrement des actions du secteur en Amérique du Nord pourrait toutefois tempérer l’enthousiasme.

7/ Rubix Group (Royaume Uni, fournitures industrielles)

Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, Londres a perdu une partie de son attrait en tant que lieu de cotation boursière. La plupart des entreprises britanniques ont renoncé à leur IPO, mais suite à l’élection du parti conservateur et à la levée d’une partie des incertitudes grâce à cette victoire, des entreprises comme Rubix pourraient faire appel au marché.

8/ Engen (Afrique du Sud, distribution de produits pétroliers)

La compagnie pétrolière malaisienne Petroliam Nasional Bhd. envisage d’introduire en Bourse de Johannesburg sa filiale sud-africaine Engen, le plus grand distributeur de carburant du pays. L’opération pourrait avoir lieu au cours du premier semestre. Les fonds levés lors de cette IPO pourraient être investis dans la modernisation des installations afin de respecter les réglementations plus strictes en matière environnementale et dans l’extension de son réseau de stations-service afin de profiter de l’émergence du segment en forte croissance de la classe moyenne.

9/ Global Blue (Suisse, remboursement de taxes sur les achats touristiques)

La société suisse Global Blue est un nom qui gravite depuis un certain temps autour du pipeline des introductions en bourse. Son projet d’IPO à Amsterdam a récemment été confirmé. De nombreux observateurs s’attendaient à ce que le propriétaire Silver Lake lance l’IPO en décembre, mais ce ne fut pas le cas, et elle pourrait être lancée au début de 2020. La vente d’actions pourrait atteindre 1,1 milliard de dollars, ce qui valoriserait l’entreprise à 4,4 milliards de dollars, a indiqué Reuters en octobre.

10/ Lamborghini (Italie, voitures de sport)

Enfin, une possibilité un peu plus spéculative, mais néanmoins excitante: la filiale Lamborghini de Volkswagen AG. Le constructeur allemand examine actuellement la possibilité d’une cession ou d’une mise en bourse de la célèbre marque de voitures de luxe. Si Volkswagen opte pour l’IPO, Lamborghini pourrait se retrouver dans le sillage du succès de Ferrari. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, comme en témoigne la tentative de 2008 d’Aston Martin Lagonda Global Holdings Plc, le constructeur britannique des voitures iconiques de James Bond, dont la cotation a rapidement tourné au vinaigre.

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