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Les six attentes des marchés vis-à-vis de la BCE

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Baisse de taux, achats d'actifs, accentuation des TLTRO, renforcement de la forward guidance, "tiering" pour les banques et prévisions réduites: les marchés attendent beaucoup de la BCE.

Mario Draghi a encore du pain sur la planche. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui doit laisser sa place à Christine Lagarde le 1er novembre prochain, sera particulièrement attendu à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de l'institution qui se tiendra à Francfort jeudi.

1. Baisse de taux

Premièrement, la BCE devrait réduire le taux d'intérêt de sa facilité de dépôt, actuellement fixé à -0,4%.

Une nouvelle baisse du taux de dépôt semble certaine.
Frank Vranken
Chef économiste de Puilaetco Dewaay

"Une nouvelle baisse du taux de dépôt semble certaine", indique Frank Vranken, chef économiste de Puilaetco Dewaay. Mais dans quelle mesure? Bank of America Merrill Lynch et ING tablent sur une baisse de 20 points de base (0,2 point de pourcentage), à -0,6%. Nomura verrait plutôt une réduction de 10 points de base à -0,5%. BNP Paribas Asset Management coupe la poire en deux et prévoit un recul de 0,15 point. Sur les marchés, les contrats à terme sur les taux de la BCE traduisent l'attente d'une baisse de 0,1 point.

2. Système de paliers

Mais, deuxièmement, la BCE devrait, selon toute probabilité, accompagner cette baisse du taux de dépôt d'un système de paliers (ou "tiering"): la tranche la plus élevée des liquidités excédentaires des banques serait soumise au taux le plus pénalisant, tandis que des avoirs plus faibles seraient exemptés ou subiraient un taux moins négatif.

-0,5%
Le taux directeur attendu par les marchés
D'après les contrats à terme sur les taux de la BCE, les investisseurs s'attendent à une baisse de 0,1 point de pourcentage de la facilité de dépôt de la BCE, à -0,5%.

Ceci répondrait aux doléances des banques qui se plaignent de voir leur rentabilité fondre à cause des taux négatifs.

3. Retour des achats d'actifs

Troisièmement, la BCE pourrait aussi relancer son programme d'achats d'actifs, car les anticipations d'inflation ne cessent de s'éloigner de son objectif de près de 2%.

Actuellement, le risque de passer d'un environnement de stagnation économique et de faible inflation à une déflation est probablement aussi élevé qu'en 2014-2015.
Carsten Brzeski
Chef économiste d'ING en Allemagne

Philip Lane, le chef économiste de l'institution européenne, a indiqué, la semaine dernière, que les mesures non conventionnelles prises par la BCE depuis 2014 avaient fourni 0,5 point de pourcentage d'inflation supplémentaire, dont près de la moitié grâce aux achats d'actifs, rappelle Carsten Brzeski, chef économiste d'ING en Allemagne.

Or, "actuellement, le risque de passer d'un environnement de stagnation économique et de faible inflation à une déflation est probablement aussi élevé qu'en 2014-2015", souligne Carsten Brzeski. Sa conclusion: la BCE reprendra ses achats à concurrence d'environ 30 milliards d'euros par mois, un chiffre cité par plusieurs autres économistes.

4. Renforcement de la "forward guidance"

Les orientations sur la future trajectoire des taux d'intérêt directeurs ("forward guidance") pourraient être renforcées. Actuellement, la BCE prévoit que ses taux resteront à leur niveau actuel ou plus bas au moins jusqu'à la mi-2020. Fin juillet, l'institution avait clairement indiqué qu'elle envisageait d'aller plus loin.

5. Prêts à long terme

Mario Draghi cédera la présidence de la BCE à Christine Lagarde le 1er novembre prochain. ©AFP

Les TLTRO (targeted longer-term refinancing operations), les prêts à long terme accordés aux banques de la zone euro, pourraient être recalibrés pour avoir un impact plus important sur l'économie. Cet instrument particulièrement prisé par les institutions financières des pays du sud de la zone euro, plus sensibles au ralentissement conjoncturel, est considéré par la BCE comme un mécanisme efficace pour améliorer l'impact de sa politique monétaire sur l'économie.

6. Prévisions

Enfin, la BCE devrait revoir ses prévisions à la baisse. En juin, elle prévoyait encore une croissance économique de 1,2% en 2019 et de 1,4% en 2020 et 2021. L'inflation était quant à elle attendue à 1,3% cette année puis 1,6% en 2021. Depuis lors, les signes d'un ralentissement économique se sont multipliés...

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