Draghi promet d'en faire plus et enthousiasme les Bourses

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Devant la persistance de l’inflation de la zone euro autour de zéro, la Banque centrale européenne n’exclut pas de prendre de nouvelles mesures. Elle donne rendez-vous en décembre.

L’euro a brutalement chuté face au dollar et les marchés d’actions européens se sont redressés après la conférence de presse de la Banque centrale européenne qui se tenait à Malte. Les Bourses européennes ont clôturé sur une hausse de pus de 2%. Mario Draghi, le président de l’institution, a déclaré que "le degré de politique monétaire devra être réexaminé en décembre". Autrement dit, la BCE envisage de prendre de nouvelles mesures pour soutenir l’économie de la zone euro.

Lors de la conférence de presse, il a admis que certains membres du conseil des gouverneurs avaient plaidé pour un abaissement immédiat du taux de dépôt auprès de la BCE, actuellement de -0,2%. En septembre 2014, Mario Draghi avait pourtant juré que ce taux atteignait la limite inférieure. L’adoption d’un taux de dépôt négatif avait été prise pour décourager les dépôts auprès de la banque centrale, et faire circuler le crédit dans l’économie. Mais selon une enquête de la BCE, le rythme de demande de crédit a augmenté plus faiblement que prévu en base annuelle.

Mario Draghi n’a pas évoqué les autres mesures envisagées par la BCE. Il a toutefois rappelé que l’institution pourrait prolonger son plan de rachat d’actifs, actuellement de 60 milliards d’euros par mois, au-delà de son échéance (fixée à la fin de septembre 2016).

Le taux de change problématique

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Sur le marché des changes, l’euro s’est replié jusqu’à 1,1129 dollar (soit -1,85%) après l’annonce de la BCE. Vers 18h, la devise européenne restait en forte baisse face au dollar. Mario Draghi a répété que le taux de change ne représentait pas un objectif pour la BCE, mais il a constaté que l’euro s’était apprécié face aux autres devises depuis quatre à cinq mois.

Cette appréciation survient alors que le ralentissement des marchés émergents, et en particulier de la Chine, menace la croissance économique mondiale. Mario Draghi a bien souligné ce risque durant la conférence de presse. La BCE devra revoir d’ici la fin de l’année ses prévisions de croissance et d’inflation pour la zone euro. C’est dans ce contexte que l’institution jugera si elle doit prendre de nouvelles mesures pour soutenir l’économie de la région.

Inflation zéro

Du côté de l’inflation, Mario Draghi a dit s’attendre à une remontée des prix de la consommation d’ici 2016 et 2017.

Mais il prévoit que l’inflation restera basse à court et moyen terme, à cause de la faiblesse des prix de l’énergie. Mais comme l’a souligné le président de la BCE, les prix du pétrole devraient remonter, "comme le suggèrent les prix des futures sur le marché". À court terme, il n’exclut néanmoins pas un risque de baisse supplémentaire de l’inflation, qui s’était établie à -0,1% en septembre selon l’institut Eurostat.

"Des taux d’intérêt bas soutiennent la consommation et cela est essentiel pour la reprise de la croissance et l’activité économique. Mais une inflation plus faible augmente la valeur réelle de la dette des États" a constaté Mario Draghi durant la conférence de presse.

Il a répété que le conseil des gouverneurs était "prêt à agir", et qu’il était, non pas dans un mode attentiste ("wait and see"), selon l’expression utilisée par beaucoup de commentateurs pour décrire son attitude, mais en plein travail d’examen de la situation ("work and assess").

Le grand argentier de la zone euro en a aussi appelé directement aux gouvernements des pays de la zone euro pour favoriser la reprise, soulignant que "la politique monétaire ne doit pas la seule solution possible". Une phrase répétée réunion après réunion de la BCE.

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