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Emission obligataire: le rush avant la hausse des taux

La chaîne de production de Greenyard Foods

Les émissions d’obligations de sociétés belges se multiplient depuis des semaines. Objectif: se financer à bas coûts avant que les taux ne remontent. La demande des particuliers est importante.

La société spécialisée dans les surgelés Pinguin vient allonger la liste des entreprises belges qui ont fait appel au marché obligataire cette année: Cofinimmo, Montea, Immobel, Elia, UCB, GBL, AB InBev (deux fois) et KBC (trois fois), pour ne citer que les entreprises cotées en Bourse. Les sociétés Deme et Vranken Pommery ont elles aussi sollicité les investisseurs obligataires. Le groupe immobilier VGP devrait encore lancer une émission obligataire avant l’été.

Pinguin, bientôt rebaptisée Greenyard Foods, veut lever entre 100 et 150 millions d’euros. Objectif: financer des acquisitions immobilières dans le cadre d’une stratégie qui consiste à prendre le contrôle des facilités de production.

Les obligations auront une valeur nominale de 1.000 euros. Elles auront une durée de 6 ans (échéance en 2019) et généreront un rendement brut de 5%. Le prix d’émission a été fixé à 101,875% du nominal, soit un rendement à l’émission de 4,635%. La période de souscription débutera le 14 juin et se terminera le 28 juin, sauf clôture anticipée.

 

Forte demande des épargnants

"Après un ralentissement pendant quelques mois, les émissions obligataires grand public — avec des coupures de 1.000 euros — se sont multipliées depuis l’émission de Vranken Pommery au mois de mai", explique Alexandre Goldwasser, gérant de la société de Bourse Goldwasser. La raison de ce rush? La remontée des taux. Les sociétés se pressent donc pour se financer à bas prix. Les banques d’affaires ont encore dans leurs cartons de nombreux projets de nouvelles émissions.

La demande des épargnants reste importante et les nouvelles obligations se vendent très facilement. "La rémunération des comptes d’épargne est de plus en plus faible et les investisseurs sont à la recherche de placements à capital garanti offrant un rendement supérieur à l’inflation, poursuit Alexandre Goldwasser. Les obligations d’entreprises belges, bien connues des investisseurs, rencontrent ces objectifs."

Risques multiples

Une obligation d’entreprise n’est toutefois pas un placement dénué de risque. "Jusqu’à présent, les entreprises belges ont toujours été capables de rembourser les obligations émises mais il est vrai qu’il faut être attentif au risque de l’émetteur et à des éléments tels que son bilan, son niveau d’endettement et son secteur d’activité", avertit Alexandre Goldwasser.

La remontée des taux est aussi un facteur de risque pour les obligations, dans la mesure où elle pousse les rendements à la hausse et pèse sur les cours sur le marché secondaire, où s’échangent les obligations après émission.

"La hausse des taux affecte surtout les obligations de longue durée, nuance Alexandre Goldwasser. L’obligation à 30 ans émise par Apple est montée jusqu’à 101% mais s’échange à présent à 89%".

Les échéances courtes de 5 à 6 ans, la durée des obligations proposées au grand public, seraient moins exposées au risque de hausse des taux.

Enfin, la revente de ces obligations sur le marché secondaire ne rencontrerait pas de difficulté. "Il y a toujours des acteurs locaux, des banques belges par exemple, pour assurer la liquidité de ces obligations, explique Alexandre Goldwasser. Et il est assez facile de vendre les obligations." La plupart des obligations récemment émises se vendent d’ailleurs à un prix supérieur à celui de leur émission.

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