En 2012, les patrons du Bel 20 ont serré leur ceinture de 10%

L'an passé, le patron d’une grande entreprise belge cotée a empoché, en moyenne, 1,96 million d’euros, ce qui, bon an mal an, représente 10% de salaire en moins qu’en 2011. En cause essentiellement: les bonus.

Ils sont deux tiers, parmi les grands patrons du Bel 20, à avoir subi, en 2012, une érosion de leur salaire par rapport à l’année précédente. Leur rémunération moyenne s’est élevée à 1,96 million d’euros. En 2011, ils avaient encore obtenu quelque 2,2 millions. Tels sont les chiffres qu’on peut obtenir des rapports annuels publiés par 17 des 20 entreprises de notre indice vedette.

Cette diminution est essentiellement la conséquence d’une cure d’amaigrissement des bonus. Seuls quatre parmi ces patrons ont touché, en 2012, une part variable de salaire plus élevée qu’en 2011: Carlos Brito (AB Inbev), Didier Bellens (Belgacom), Duco Sickinghe (Telenet) et Bart De Smet (Ageas).

Bert De Grave (Bekaert) n’a touché aucun bonus pour 2012, ce qui lui fait faire une belle culbute dans le classement. Pas de bonus non plus pour Jean-Edouard Carbonnelle (Cofinimmo). De même, Albert Frère (GBL) a dû s’en passer, comme en 2011. Il faut savoir que la part variable du salaire d’un patron ou son bonus sont d’ordinaire du même ordre de grandeur que le fixe, sinon à peine un peu moins élevés. En 2012, c’est Carlos Brito qui a été l’exception: le bonus obtenu par la tête d’AB Inbev représente deux fois son salaire fixe.

Encore un fait à noter: aucun de nos grands capitaines n’a franchi, l’année dernière, la barre des 4 millions d’euros. En 2011, ils étaient deux à avoir obtenu un salaire de cet ordre: Roch Doliveux (UCB) et Albert Frère (GBL).

Brito pèse le plus lourd

Carlos Brito dont l’entreprise, en 2011, a connu une moins bonne année, vient de remporter la palme du patron le mieux payé en 2012. Il est à remarquer que dans le petit groupe de tête, il y a trois étrangers: le Brésilien Carlos Brito et les Français Roch Doliveux (UCB) et Gérard Mestrallet (GDF-Suez). Pierre-Olivier Beckers (Delhaize) est le premier Belge qui puisse – du moins en ce qui concerne son salaire – se comparer à eux. Albert Frère qui, en 2011, était encore deuxième au classement, vient de reculer à la 5e place. Bart De Smet, CEO d’Ageas – ex-Fortis – ne cesse, quant à lui, de grimper: le groupe d’assurances a renoué, l’an dernier, avec les bons résultats. Du coup, la part variable de son salaire a augmenté de presque 50%.

On peut regarder dans le portefeuille de Jef Colruyt

Le groupe de distribution Colruyt, depuis belle lurette, se vante d’être transparent quant au salaire de son patron. Mais, en 2012, le groupe a quelque peu perdu de sa fierté. Et cela car la loi du 10 avril 2010 en a décidé ainsi pour toute entreprise cotée. Et du coup, on a bien vu ce que le patron Jef Colruyt emporte à la maison. En effet, il n’est pas seulement CEO du groupe de distribution, il en est aussi président du conseil d’administration. La combinaison de son salaire fixe et de ses bonus de CEO avec les avantages et tantièmes qu’il perçoit en tant que président du conseil d’administration, lui assurent, en 2012, la coquette somme de 2,54 millions d’euros. Or, dans le tableau des salaires 2011 que nous avions publié l’an passé, son traitement s’élevait à 1,55 million d’euros, ce qui signifiait donc assez clairement qu’il était sous-évalué. Jef Colruyt est, du reste, le seul des CEO des entreprises du Bel 20, à côté du président directeur général Gérard Mestrallet de GDF-Suez, qui, en plus d’assurer la direction quotidienne de l’entreprise, est aussi président du conseil d’administration. Ce qui est cependant en contradiction avec les prescriptions du Code belge de bonne gouvernance.

Conclusion: avec un salaire moyen qui n’atteint pas 2 millions d’euros, les Belges ne figurent pas parmi les gros salaires. Pour info, le salaire moyen des patrons allemands des entreprises cotées, s’élevait, l’an passé à 5,3 millions d’euros.

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