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Entre l'or et les actions, les investisseurs votent pour les deux

Tandis que le Nasdaq a franchi pour la première fois de son histoire les 11.000 points, le métal jaune a fait de même avec la barre symbolique des 2.000 dollars l'once. ©EPA

Les grands indices européens et américains ont largement rebondi cette semaine, soutenus notamment par des indicateurs économiques rassurants. Mais certains continuent de voir le verre à moitié vide.

Les bonnes nouvelles économiques recommencent à s'accumuler de part et d'autre de l'Atlantique. Selon les données publiées vendredi par le département américain du Travail, quelque 1,76 million d'emplois non agricoles ont été créés aux États-Unis durant le mois de juillet. Le taux de chômage est de son côté redescendu à 10,2% contre 11,1% en juin. Des chiffres meilleurs que ce qu'attendaient les analystes interrogés par Reuters, qui tablaient en moyenne sur 1,6 million de créations de postes et un chômage à 10,5%.

Autre bonne nouvelle: le secteur privé en zone euro a retrouvé le chemin de la croissance en juillet. L'indice composite calculé par l'institut IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI) - et qui combine secteur manufacturier et celui des services - est ainsi remonté à 54,9 contre 48,5 le mois précédent.

"Dans la zone euro, les résultats du deuxième trimestre nous indiquent que l'activité pendant le confinement n'a pas plongé aussi sévèrement qu'on le craignait. Ils nous montrent également que le rebond post-confinement a été plus fort que prévu."
Deutsche Bank

Mais visiblement, le débat pour savoir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein n'est pas encore terminé. "Bien que la reprise industrielle devrait continuer [en Europe], nous prévoyons des taux de croissance plus modérés", estime-t-on chez Morgan Stanley. Les risques pencheraient plutôt en faveur "d'une stagnation, voire d'une nouvelle contraction si la hausse des taux d’infection déclenche une réaction plus prudente des consommateurs".

D'autres observateurs, par contre, lâchent un ouf de soulagement. À l'image de Deutsche Bank, qui a relevé jeudi ses prévisions pour la zone euro. Elle table à présent sur une contraction de 8,6% - contre 12% précédemment - de l'économie européenne. "Dans la zone euro, les résultats du deuxième trimestre nous indiquent que l'activité pendant le confinement n'a pas plongé aussi sévèrement qu'on le craignait. Ils nous montrent également que le rebond post-confinement a été plus fort que prévu", indique la banque allemande.

Pleins feux sur les banques européennes

De nombreuses sociétés européennes ont encore publié leurs résultats semestriels cette semaine. Dont plusieurs grands noms du secteur bancaire (+1,83% sur la semaine). La Société Générale (+2,42%) a fait état lundi d'une perte nette de 1,26 milliard d'euros entre avril et juin. En cause notamment, des provisions qui ont grimpé jusqu'à 1,28 milliard d'euros.

Son homologue britannique HSBC a pour sa part acté une chute de 65% de son bénéfice au premier semestre, à environ 4,32 milliards de dollars. Il a annoncé que ces provisions pour créances douteuses pourraient atteindre entre 8 et 12 milliards de dollars cette année. Un montant largement supérieur à ses précédentes prévisions et aux attentes des analystes. Pas étonnant que le titre signe l'une des plus fortes baisses en Europe cette semaine (-4,87%).

Côté bonne surprise, ING (+12,03%) a enregistré un chiffre d'affaires en très légère hausse de 0,1%, à 4,67 milliards d'euros. La banque néerlandaise a toutefois gonflé ses provisions à 1,3 milliard d'euros.

Le Bel 20 catapulté par Ageas et ING

La plupart des indices sectoriels affichent une performance hebdomadaire positive. À l'exception notable de celui de l'alimentaire (-2,18%) qui a souffert de la chute de Diageo (-8,35%). Si le géant britannique des spiritueux a maintenu coûte que coûte son dividende stable, il a vu son bénéfice net annuel tomber à 1,4 milliard de livres pour son exercice décalé 2019-2020 contre 3,16 milliards en 2018-2019.

"Au cours des prochaines semaines, compte tenu de volumes traditionnellement plus faibles durant la trêve estivale, les marchés actions pourraient rester volatils, évoluant au gré des développements politiques à l'approche de l'élection présidentielle américaine ou des évolutions de la crise sanitaire."
Gilles Guibout
responsable actions européennes chez AXA Investment Managers

Cela n'a pas empêché le FTSE-100, ni le Stoxx 600, de retrouver le sourire cette semaine. Le premier a rebondi de 2,28% et le second de 2,03%.

À la Bourse de Bruxelles, la progression du Bel 20 (+2,04%) a été ralentie par UCB (-4,87%), Umicore (-4,91%), ainsi que les télécoms Proximus (-4,57%) et Telenet (-4,91%). Les investisseurs n'ont visiblement pas encore digéré le rapport trimestriel présenté par Umicore le 31 juillet dernier. Il y dévoilait pourtant des résultats supérieurs aux attentes des analystes. "C'était prévisible compte tenu des chiffres préliminaires annoncés en juin", écrit-on chez Barclays, où l'on pointe également certains risques baissiers.

Notons que la palme de la meilleure performance hebdomadaire revient à Ageas (+11,11%) qui a fait état ce vendredi d'un résultat net de 339 millions d’euros au deuxième trimestre. L'assureur belge a ainsi surpassé les prévisions des analystes.

La volatilité toujours présente

Des actions en hausse... mais également l'or (+2,70%). Le métal jaune a poursuivi son ascension pour franchir pour la première fois de son histoire la barre symbolique des 2.000 dollars l'once mardi. Signe du tiraillement des investisseurs. Et selon certains, cela devrait continuer à court terme.

Chez AXA Investment Managers, Gilles Guibout prévient: "Au cours des prochaines semaines, compte tenu de volumes traditionnellement plus faibles durant la trêve estivale, les marchés actions pourraient rester volatils, évoluant au gré des développements politiques à l'approche de l'élection présidentielle américaine ou des évolutions de la crise sanitaire."

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