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Entre les banques centrales, les actions se fraient un chemin

La Réserve fédérale américaine a provoqué un léger reflux des marchés d'action mercredi en annonçant deux hausses de taux supplémentaires cette année. ©EPA

Les marchés attendaient cette semaine deux rendez-vous importants du côté des banques centrales en Europe et aux Etats-Unis.

Mercredi, la Réserve fédérale américaine a provoqué un léger reflux des marchés d’actions américains en annoçant projeter deux hausses de taux supplémentaires cette année au lieu d’une après avoir relevé ses taux d’intérêt pour la septième fois depuis décembre 2015, dans une fourchette entre 1,75% et 2%. Mais cette annonce n’a eu qu’un impact limité. Car dès le lendemain, les indices boursiers américains sont repartis en hausse, avec un nouveau record pour le S&P500 et le Nasdaq.

Mario Draghi, le président de la BCE, a réussi un tapering sans remous. ©EPA

Jeudi marquait le jour de la Banque centrale européenne, qui a réussi à annoncer un tapering (un arrêt progressif de son programme de soutien à l’économie) sans provoquer de remous sur les marchés. En 2013, la Réserve fédérale américaine avait eu un impact important sur les marchés en annonçant son tapering. La banque centrale européenne n’a pas donné de date précise pour le relèvement de ses taux d’intérêt, toujours au plancher. Les intervenants de marchés ont compris que l’institution ne toucherait pas à ses taux avant la fin du mois de juillet 2019, alors qu’ils attendaient un geste en juin. "Le fait que la fin du programme de rachat d’actifs soit graduel d’ici décembre et ramené à 15 milliards d’euros en septembre a également rassuré", souligne David Kohl, chief strategist currencies chez Julius Baer.

La communication "Canada Dry" de Mario Draghi, le président de la BCE, a provoqué une baisse de l’euro face au dollar, et une glissade des taux obligataire. L’euro a perdu 1,03% à 1,165 dollar sur la semaine. Le Bund allemand à dix ans est passé de 0,493% lundi à 0,381% vendredi.

Pour David Madden, analyste chez CMC Markets, "le discours a été plus accommodant que ce que certains opérateurs attendaient", soutenant ainsi les actions européennes.

Mais du côté des secteurs, les valeurs technologiques, en grande forme depuis le début de l’année, ont tiré la tendance. Le secteur technologique signe la meilleure performance du Stoxx 600 cette semaine. Il a pris plus de 4% alors que le Stoxx 600 a progressé de 1,04% en variation hebdomadaire. STMicroelectronics a pris plus de 8% cette semaine. Le fabricant de semi-conducteurs est perçu par les analystes comme sous-valorisé et se retrouve très recherché par les investisseurs alors que le Nasdaq bat des records. Ingenico a aussi pris plus de 8%. Le titre a profité d’un relèvement de sa recommandation à "neutre" contre "vendre" auparavant par Kempen and Co.

Le secteur des services aux collectivités signe lui aussi une belle performance cette semaine. Il a gagné plus de 3% en variation hebdomadaire. La société italienne Enel a bondi de plus de 6% cette semaine. Selon l’agence d’informations Bloomberg, l’entreprise aurait reçu des offres de rachat pour son portefeuille immobilier d’une valeur de 250 millions d’euros.

Le secteur pétrolier termine sur une note négative, et se classe sur l’avant dernière marche du podium cette semaine, alors que les cours du pétrole ont baissé. Le baril de Brent a perdu 4,21% à 73,64 dollars sur la semaine. Le marché s’inquiète d’une augmentation de l’offre de pétrole alors que la Russie a affirmé qu’une hausse marquée de la production serait sur la table lors de la réunion de l’Opep et de ses partenaires prévue la semaine prochaine. Le cartel et ses partenaires se réuniront à partir du 22 juin pour décider ou non de relâcher un peu la pression concernant l’accord de réduction de la production qui les lie depuis début 2017 et qui vise à faire progresser les prix.

"Les courtiers commencent petit à petit à intégrer à leurs décisions d’investissement le fait que la production sera augmentée à l’occasion de cette réunion", a remarqué Mike Lynch de SEER. L’Arabie Saoudite est également en faveur d’une hausse de la production, mais pas des pays comme l’Iran et l’Irak.

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