Épargne-pension: l'assurance prend la main

Les rendements stables attirent les clients: les assureurs doublent les banquiers dans le 3e pilier.

Banque ou assureur? Pour leur épargne-pension, les Belges optent désormais majoritairement pour un contrat d’assurance, selon les chiffres mis en exergue mardi par Assuralia, l’Union professionnelle des entreprises d’assurances. Alors qu’en 2008, les contribuables tentés par l’avantage fiscal de ce complément de pension étaient encore plus de 53% à privilégier les fonds d’épargne-pension gérés par les banques, ils sont désormais 50,59% à préférer une assurance épargne-pension, selon les données comptabilisées à la fin de l’année 2009.

"Les turbulences boursières ne sont pas étrangères au fait que, pour la première fois, les assurances dépassent les banques en parts de marché de l’épargne-pension", a expliqué Philippe Colle, l’administrateur délégué d’Assuralia, lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles pour présenter une brochure informative sur l’épargne-pension, réalisée en collaboration avec le Crioc (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs).

Ce dernier a tendance à conseiller aux consommateurs de privilégier l’épargne-pension sous forme d’assurance plutôt que sous forme de fonds de placement. "Depuis la crise financière de 2008, les banques sont davantage associées au risque dans l’esprit des consommateurs", relève Marc Vandercammen, directeur général du Crioc. "À juste titre puisque l’assurance offre une garantie du capital et un rendement garanti, et permet de se prémunir contre un décès ou une invalidité."

Rendements stables

Si elle est souscrite auprès d’un assureur, l’épargne-pension emprunte la forme d’une assurance-vie. Cette dernière conserve toutes ses caractéristiques, à savoir l’exécution d’une prestation, c’est-à-dire le paiement d’un montant déterminé, au terme du contrat ou en cas de survenance d’un aléa, celui-ci pouvant consister en un accident ou un décès.

Un autre paramètre joue vraisemblablement en faveur du secteur de l’assurance: les rendements des contrats d’assurance épargne-pension varient peu, alors que ceux des fonds d’épargne-pension sont soumis aux fluctuations boursières. Selon les estimations d’Assuralia, au cours des cinq dernières années, le rendement moyen de l’assurance épargne-pension s’est élevé à 4,05%, contre 3,10% pour les fonds d’épargne-pension. Sur dix ans, ces rendements sont respectivement de 4,32% et de 2%. En 2008, année boursière catastrophique, et 2009, caractérisée par une nette embellie sur les marchés, le rendement moyen de l’assurance épargne-pension s’est établi à 3,84% puis 3,81%, tandis que celui des fonds a fluctué fortement, passant de -25,60% à 18,20%.

Ce qui fait dire à Philippe Colle que, "compte tenu de l’aversion au risque des consommateurs, l’assurance épargne-pension fournit une solution adéquate". Et d’insister sur le nombre croissant de Belges qui recourent à cette forme d’épargne en vue de la retraite. En 2009, sur les 2,7 millions de personnes disposant d’un contrat d’épargne-pension, 1,4 million avaient opté pour une assurance, alors qu’ils n’étaient "que" 846.000 dans le cas trois ans plus tôt. Dans l’absolu, en cumulant l’épargne-pension passant par des fonds et celle qui emprunte la forme d’une assurance, le nombre de contrats a gonflé de près de 45% en cinq ans. Une évolution qui n’étonne guère Assuralia. "Au terme d’une enquête réalisée avec la Beama (l’Association belge des gestionnaires d’actifs, ndlr), nous avons constaté que parmi les personnes qui ne disposent pas d’une épargne-pension, deux sur trois envisagent de cotiser pour un tel placement à l’avenir, indique Philippe Colle. Leurs motivations sont éloquentes. 60% d’entre eux considèrent qu’il s’agit d’une bonne façon de se constituer une pension complémentaire. Et 35% se disent séduits par l’avantage fiscal."

Fiscalité sensible

Fort de ce constat, l’administrateur délégué de l’union professionnelle des assureurs plaide pour le maintien de la réduction d’impôt liée à l’épargne-pension: "Si l’on remet en cause cet avantage, la confiance des consommateurs va en pâtir. Il est important que la communication à l’égard de la population soit très claire. Or, retoucher la fiscalité en matière d’épargne-pension conduirait à des explications techniques très difficiles à distiller dans l’opinion. Ce serait dangereux."

Philippe Colle répond ainsi aux critiques émises dans le monde politique ("L’Echo" du 9/11), où certains jugent que l’épargne-pension coûte trop cher à l’État. Selon les calculs d’Assuralia, un euro investi dans le 3e pilier rapporte trois fois plus qu’un euro placé dans la pension légale. l

La brochure "Épargne-pension, comment s’y prendre?" peut être téléchargée sur le site internet du Crioc (www.crioc.be). Elle est également disponible en version imprimée auprès des courtiers en assurance.

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