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Faible impact du Brexit sur le marché obligataire

©Laurie Dieffembacq

Le programme de rachat d’actifs de la Banque centrale européenne profite aussi aux obligations d’entreprise de qualité inférieure.

Que le Royaume-Uni fasse ou non appel à l’article 50 afin de déclencher le processus de sortie de l’Union européenne, le marché obligataire européen devrait être relativement épargné, grâce à l’action de la Banque centrale européenne (BCE). Le message de l’Union européenne est devenu plus dur vis-à-vis du Royaume-Uni, afin de décourager les éventuels candidats à la sortie. "Le but est clairement de signifier qu’il n’y aura pas une Europe à la carte, et qu’il n’y aura pas de sortie sans casse", souligne Vincent Mortier, deputy CIO chez Amundi.

"Avec les échéances électorales en France, en Allemagne ou en Italie, le risque était que la réponse politique soit trop faible, souligne Olivier de Berranger, directeur de la gestion diversifiée et taux à la Financière de l’Echiquier. Pour l’instant, il est toutefois assez rassurant de constater une réponse assez claire et rapide des différents partenaires".

"la BCE pourrait élargir son programme pour acheter de la dette bancaire sur le marché secondaire. Cette classe d’actifs deviendrait alors automatiquement la meilleure idée d’investissement sur le marché obligataire"

Du côté du marché du crédit, la dette de qualité en Europe restera soutenue par les achats de la BCE, ce qui profitera aussi au haut rendement de meilleure qualité et à la dette périphérique. "Les obligations souveraines du core européen (NDLR: noyau dur, de qualité, de la zone euro) continueront d’être des zones de refuge pour les investisseurs", souligne Leon Cornelissen, économiste en chef chez Robeco. Il estime également que le potentiel de contagion vers les marchés périphériques devrait être relativement limité. "La BCE achètera également d’avantage de papier périphérique en cas de contagion".

Olivier de Berranger souligne que si la sortie concerne uniquement le Royaume-Uni, l’impact sur le marché obligataire sera relativement faible. "Les taux espagnol et italien ont beaucoup moins bougé qu’ils ne l’auraient fait il y a cinq ans, et ils ont déjà en grande partie récupéré le terrain perdu".

Profil amélioré

Pour les obligations d’entreprises, le profil de risque s’est nettement amélioré même si les rendements restent faibles, avec un risque de défaut qui restera limité. Olivier de Berranger constate également que les rachats d’actifs de la BCE ont tendance à toucher le haut rendement. "Il suffit qu’une seule des agences de notation estime que la dette d’une société fait partie de l’univers Investment Grade (NDLR: obligations de qualité) pour qu’elle puisse acheter de la dette. En outre, elle n’est pas non plus obligée de vendre si l’entreprise est dégradée vers le haut rendement. Dans la pratique, l’intervention de la BCE a déjà fortement renchéri la dette à haut rendement pour les notations BB".

©Laurie Dieffembacq

Pour Philippe Ithurbide, global head of research chez Amundi, "les banques ne sont pas dans une situation de crise systémique. Mais si la situation venait vraiment à se dégrader, la BCE pourrait élargir son programme pour acheter de la dette bancaire sur le marché secondaire. Cette classe d’actifs deviendrait alors automatiquement la meilleure idée d’investissement sur le marché obligataire".

Dollar et yen

En dehors de l’Europe, le Brexit a touché le yen et le dollar, qui se sont renchéris en jouant leur rôle de monnaie refuge. "La hausse du dollar agit comme un resserrement monétaire implicite pour l’économie américaine, souligne Dominic Rossi, CIO chez Fidelity Investments. Ce qui exclut désormais toute hausse du taux directeur de la Fed dans un futur proche. La hausse du yen risque par contre de forcer la main à la Banque du Japon pour affaiblir le yen durant les prochains mois."

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