analyse

Fan des biotechs? Il fallait miser sur les belges en 2018

©Dieter Telemans

Les 50 valeurs biotechs cotées sur Euronext ont connu un second semestre 2018 marqué par l'aversion au risque, après un premier trimestre quasi-stable. Seules les valeurs belges ont terminé l'année sur une note positive.

L'année 2018 pour les biotechs cotées sur Euronext n'a pas été fantastique, à l'exception de celles cotées sur Euronext Bruxelles. Selon le baromètre publié par Euronext et BiotechBourse, les 50 valeurs biotechs sur Euronext, regroupées dans l'indice BiotechBourse, ont reculé de 22,5% au second semestre, après un premier semestre quasi-stable (+2%). La forte aversion au risque durant les six derniers mois de l'année dernière a mis sous pression le secteur. 

Les biotechs belges n'ont pas échappé à la tendance. Elles ont perdu 33,1% au second semestre. Mais leur forte progression (65,9%) durant la première partie de l'année leur a permis de terminer sur une performance positive de 19,2% en 2018. Les biotechs françaises ont elles lâché 27,9% l'année dernière, en reculant de 14,1% au second semestre et de 13,6% durant les six premiers mois de l'année. Les biotechs néerlandaises affichent une performance annuelle de -27,6% (avec un recul de -25,4% au second semestre). Mais sur une période de 5 ans, l'indice BiotechBourse est monté de 26%, avec la palme revenant aux biotechs belges (+123%).

+19,2%
Les biotechs belges en 2018
Les biotechs belges ont terminé sur une performance positive de 19,2% en 2018, grâce à leur forte progression (65,9%) durant la première partie de l'année.


Le baromètre d'Euronext et de BiotechBourse rappelle que, durant le second semestre, plusieurs informations ont déçu le marché, en particulier celles de Geneuro, Pharming, Hybrigenics, Bone Therapeutics, Cerenis et DBV. L'impact boursier moyen a été de -48% au lendemain de l'annonce. Dans le cas de Bone Therapeutics , la sanction du marché avait été sévère après l'annonce de l'arrêt de son produit contre l'ostéonécrose de la hanche en novembre.

L'année 2018 a aussi été marquée par 3 opérations de fusions et acquisitions (le rachat de TiGenix par Takeda, celui d'Ablynx par Sanofi et celui de TxCell par Sangamo). Le baromètre relève également douze partenariats de recherche avec les grandes firmes pharmaceutiques, dont celui de Galapagos avec Novartis en juillet et celui d'Argenx avec Janssen en décembre.

Galapagos et Argenx chouchous des investisseurs US

À la fin décembre, 323 investisseurs institutionnels ont été identifiés au capital des 50 valeurs biotechs, avec 2,1 milliards d'euros d'actifs sous gestion, ce qui représente 15% de la capitalisation boursière des biotechs (14 milliards d'euros). A la fin juin 2018, 299 investisseurs possédaient 2,3 milliards d'actifs sous gestion dans les biotechs. Selon le baromètre, ceci s'explique par la baisse de la capitalisation boursière du secteur et aussi par une rotation importante des investisseurs au cours du second semestre. Il observe qu'une part significative des capitaux désinvestis durant les six derniers mois de l'année provient des investisseurs institutionnels américains.

Le baromètre indique que deux sociétés concentrent tout particulièrement les positions des investisseurs américains. Près de 90% de leurs fonds sont positionnés dans Galapagos et Argenx. La présence des deux valeurs dans l'indice Bel 20 semble les avoir privilégiés. 

Le baromètre note qu'au deuxième semestre, le retrait net des investisseurs institutionnels dans les biotechs s'est élevé à 97 millions d'euros. 105 investisseurs ont allégé leur participation pour un montant total de 182 millions d'euros et 67 ont soldé leurs positions, pour un montant de 605 millions d'euros.

Quatre introductions en Bourse de biotechs ont eu lieu en 2018 sur Euronext (Acacia Pharma, Voluntis, Medincell et Predilife) pour un montant total de 105 millions d'euros levés.

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