Faut-il investir dans l'obligation SD Worx?

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SD Worx émet une obligation de 7 ans avec un coupon brut de 3,80%, intéressante, selon les analystes.

A partir de vendredi, les investisseurs particuliers pourront souscrire aux obligations lancées par SD Worx. Le secrétariat social a lancé une obligation à 7 ans assortie d’un coupon brut de 3,80% (2,66% net). Elle sera émise le 11 juin, à une valeur nominale de 1.000 euros, à un prix d’émission de 100%. Le montant minimum de souscription s’élève à 10.000 euros. La société espère lever entre 50 et 80 millions d’euros. "C’est la première fois qu’une société belge émet une coupure de 10.000 euros. Il n’y a jamais eu un tel montant auparavant", souligne Alexandre Goldwasser, gérant du courtier spécialisé en obligations Goldwasser Exchange. La période de souscription se termine le 28 mai.

Alexandre Goldwasser et Youri Huygen, analyste chez L’Investisseur, soulignent que l’obligation de SD Worx est intéressante. "Les investisseurs particuliers n’ont pas beaucoup de possibilités d’investir dans des groupes belges avec des coupures de 10.000 euros. Les obligations avec une coupure de 100.000 euros sont plus souvent émises", souligne Alexandre Goldwasser. "Le rendement du coupon net est supérieur à l’inflation", ajoute-t-il. Youri Huygen apprécie que l’obligation de SD Worx ait un prix d’émission de 100%. "Cela faisait longtemps qu’une société n’avait plus émis une obligation au prix de 100%", indique-t-il.

"L'obligation SD Worx est plus risquée"
Alexandre Goldwasser
gérant du courtier spécialisé en obligations Goldwasser Exchange

Toutefois, l’obligation de SD Worx est subordonnée. Cela signifie qu’en cas de problème, elle n’est pas prioritaire dans l’ordre de remboursement des investisseurs. "Elle est plus risquée", souligne Alexandre Goldwasser. "La société ne possède pas de rating. Elle n’a pas un profil ultra défensif. Si elle devait avoir un rating, ce ne serait pas un AAA. Elle se trouve, comme Vranken-Pommery, dans une catégorie intermédiaire, mais elle dispose d’un certain historique", ajoute-t-il. "SD Worx n’a pas de soucis du côté de son bilan. Mais elle compte sur le versement de dividendes de ses filiales. Or, sa filiale d'intérim souffre d’un endettement important. Son ratio dette nette/ebitda est de 2,4, alors qu’il ne faut pas dépasser 2. Du coup, elle ne peut pas faire remonter de dividende", indique Youri Huygen. "De plus, SD Worx a réalisé beaucoup d’acquisitions ces dernières années, en conséquence de quoi la société se retrouve avec beaucoup de goodwill dans son bilan. C’est un détail à ne pas négliger, surtout en cette période de ralentissement conjoncturel", précise-t-il. Mais il souligne que "la chance est réelle que l'emprunt soit clôturé anticipativement, dès le premier jour".

Plus d’obligations pour les particuliers

La semaine passée, Vranken-Pommery, une maison française de champagne, a lancé l'émission de trois obligations à destination des investisseurs particuliers, pour un rendement net entre 1,76 et 2,43%, mais à un prix de 101%. Au mois d’avril, le groupe immobilier Atenor avait aussi procédé à une émission obligataire à l’attention des particuliers. SD Worx vient donc grossir la liste des émissions obligataires d’entreprise pour les particuliers. «Elle profite des taux d’intérêt bas pour émettre de la dette», souligne Youri Huygen. Alexandre Goldwasser s’attend à d’autres émissions du même type. «On a connu une longue période où il n’y a pas eu d’obligations d’émetteurs belges sur le marché primaire. En 2018, peu d’émissions ont eu lieu. Cela fonctionne par cycle, nous avons eu pas mal de discussions avec les banques récemment», indique-t-il. «Quand une société parvient à avoir du succès sur le marché, cela donne envie aux autres entreprises d’émettre également de la dette», ajoute-t-il.

 

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