analyse

Football Index, la Bourse des footballeurs, au bord de la faillite

La plateforme Football Index permet d'acheter des actions virtuelles de footballeurs professionnels, comme Eden Hazard. ©AFP

Football Index, la plateforme britannique de trading sur la valeur virtuelle des grands footballeurs est au bord de la faillite. 30.000 spéculateurs pourraient perdre des milliers de livres.

La plus grande faillite de l'histoire des jeux d'argent au Royaume-Uni. C'est ainsi qu'est décrit l'effondrement de Football Index, cette plateforme de trading virtuel de joueurs de football, inspirée à la fois des jeux de fantasy football, des jeux de hasard... et de la bourse.

Créé en 2015, Football Index s'est peu à peu imposée dans le paysage de la Premier League, avec des présences sur les panneaux publicitaires et les maillots de joueurs. Elle a compté jusqu'à un demi-million d'utilisateurs. L'Echo la décrivait en 2018 comme un avatar du football moderne. Elle permettait aux parieurs, boursicoteurs et passionnés de football d'acheter les actions virtuelles de footballeurs professionnels, basées sur leurs performances réelles sur le terrain et sur le rayonnement médiatique qui en résultait.

90
millions de livres
Le montant des investissements sur Football Index qui vont partir en fumée en cas de faillite.

Les "actionnaires" recevaient régulièrement des dividendes, basés sur leur portefeuille de joueurs. La valeur virtuelle de chaque joueur ne dépassait pas quelques livres. Mais la totalité des investissements était beaucoup plus élevée. Si la faillite se confirme - et tout indique qu'elle est inéluctable - pas moins de 90 millions de livres vont partir en fumée, au préjudice des 30.000 traders quotidiens, qui perdront en moyenne 3.000 livres (3.500 euros). Le plus gros perdant doit faire une croix sur près de 100.000 livres.

Alors que la société vient d'être placée en redressement judiciaire, la plateforme est suspendue. Les parieurs ne peuvent pas récupérer leurs dépôts jusqu'à nouvel ordre.

Pyramide de Ponzi

Les raisons de cet effondrement ne sont pas encore clairement établies. Le Times rapporte des témoignages d'employés qui estiment que la plateforme est devenue au fil du temps une pyramide de Ponzi, autrement dit qu'elle distribuait les dividendes grâce à l'afflux et aux investissements de nouveaux traders. La société, dont le siège est basé dans le paradis fiscal de Jersey, rejette ces accusations.

Le point de non-retour a été atteint il y a quelques jours lorsqu'elle a annoncé que le montant maximum des dividendes par action allaient passer de 33 pence à 6 pence.

"Nous avons des inquiétudes sur le fait que Football Index ait exercé ses activités en se prévalant de cette licence, mais sans respecter ses conditions."
Gambling Commision

Football Index est sous la coupe de la Gambling Commission, qui supervise tous les jeux d'argent. Sa décision de suspendre la licence de Football Index vaut quasiment condamnation. "Nous avons des inquiétudes sur le fait que Football Index ait exercé ses activités en se prévalant de cette licence, mais sans respecter ses conditions, et que par conséquent Football Index n'est pas en mesure de poursuivre ses activités sous cette licence."

La commission britannique des jeux n'a pas répondu aux questions de L'Echo sur la nature très spécifique de Football Index, et sur une potentielle réforme des conditions d'attribution de licence pour ce type de jeux qui chevauchent plusieurs industries.

Le naufrage de Football Index pose en effet la question de la compétence de la Gambling Commission pour prévenir les périls d'une plateforme au modèle aussi hybride, voire ambigu. Des questions se posent également sur l'indifférence du régulateur des marchés financiers, la Financial Conduct Authority.

Aussi ludique fût-il, le modèle de Football Index reposait bien sur des activités réelles, sur la spéculation qui en résultait, et sur la distribution régulière de dividendes.

Le caractère relativement modeste des sommes investis la catégorise dans la longue liste - une quinzaine - des sociétés de paris et de jeux d'argent qui ont fait faillite au cours de la décennie écoulée.

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