FSA: la Belgique sur la liste des pays à risques

Cet après-midi, les taux belges à 10 ans ont atteint 4,515 %, un nouveau plus haut annuel. L'écart de rendement avec le Bund est toujours installé au-dessus des 200 points de base. Pour ne rien enlever à la tension ambiante, l'autorité financière britannique a demandé aux banques du pays de publier leur exposition à la dette belge, sur fond de craintes de contagion de la crise européenne.

Cela n’aura échappé à personne: la situation de la Belgique inquiète chaque jour un peu plus le marché obligataire. 

Aujourd'hui, les taux longs ont franchi la barre des 4,5 %, un nouveau record annuel, tandis que l’écart de rendement avec le Bund allemand, la référence de qualité en Europe, était toujours installé au-dessus des 200 points de base.

Mais désormais, les craintes de contagion de la crise de la dette à la Belgique ont dépassé le cercle des observateurs et des investisseurs pour prendre un air nettement plus officiel.

Le signal a été lancé outre-Manche, par la FSA (Financial Services Authority). Le gendarme financier britannique a demandé aux banques du pays de faire connaître leur exposition aux pays fragiles de la zone euro. Et la Belgique faisait partie de cette requête, outre la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie et l’Espagne.

Selon Tim Tookey, le directeur financier de la banque Lloyds, "la FSA a commencé à discuter avec les banques il y a deux ou trois semaines et a suggéré qu’elles déclarent leurs expositions. C’est elle qui a suggéré que la Belgique soit ajoutée à la liste".

Dans ses résultats semestriels, Lloyds s’est donc plié aux demandes du régulateur en publiant son exposition aux banques et aux obligations gouvernementales belges, expliquant que les pays choisis ont été "identifiés sur base de leur taux obligataire élevé par rapport au reste de la zone euro et à la Grande-Bretagne". Le groupe britannique est ainsi exposé à hauteur de 467 millions d’euros à notre pays, dont un peu moins d’un quart aux obligations belges.

Cette demande de la FSA, a priori un simple principe de précaution, ne devrait pas être de nature à calmer les esprits.

Réactions du gouvernement belge

Naturellement, le cabinet de Melchior Wathelet, secrétaire d’Etat au Budget, se veut rassurant : "les fondamentaux de l'économie belge sont parmi les meilleurs en Europe. Il est objectivement impossible de mettre en doute la capacité de l'Etat belge a rembourser sa dette". 

Le cabinet du ministre des Finances, Didier Reynders, a également fortement nuancé l’inquiétude que pouvait faire naître la demande du régulateur britannique, quant à l’exposition à la dette belge. Ses arguments portent à la fois sur la dette et sur le budget.

On souligne ainsi que " la hausse du coût de l’endettement est faible pour la Belgique " et qu’une " très grande part des besoins pour 2011 " sont déjà couverts. La hausse des spreads provient plus, analyse-t-on chez Reynders, de la baisse du Bund allemand que d’un problème spécifiquement belge. Les spreads sont effectivement à la hausse pour pratiquement tout le monde.

Le ministre des Finances ajoute que " les fondamentaux économiques et budgétaires de la Belgique sont bons ". " Nous serons en ligne avec l’objectif budgétaire, qui est de ramener le déficit à 3,6% du PIB ", assure-t-on aux Finances. La croissance moins bonne que prévue des recettes fiscales au premier semestre (" L’Echo " de mardi) serait compensée par d’autres postes budgétaires.

 

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