GBL s'apprête à retrouver son sommet sur Euronext Bruxelles

Albert Frère entouré de Gérard Lamarche et Ian Gallienne. ©David Plas

GBL doit à la recomposition de son portefeuille le retour à des temps meilleurs en Bourse. Son action monte davantage que le Bel 20 depuis janvier.

GBL n’était pas parvenu en 2016 à offrir un record à son action à l’occasion de ses 60 ans de cotation à la Bourse de Bruxelles. L’événement se fait attendre. Mais si son action devait conserver son rythme de croisière actuel, on ne peut écarter qu’il ait lieu. En hausse de 8,3% depuis la fin 2016 contre 5,5% pour le Bel 20, l’action compte parmi les meilleures progressions cette année dans son secteur en Europe.

La dernière fois que l’action GBL évoluait à ses plus hauts historiques, c’était le 9 juillet 2007, quand elle avait clôturé à 95,10 euros. Perchée à 86,37 euros à ce jour, il ne lui reste plus qu’à monter de 10% pour l’égaler.

Albert Frère avait l’habitude d’augmenter le capital de GBL lorsque le cours atteignait des niveaux record. GBL va-t-il poursuivre cette coutume?

Exit l’énergie…

L’action GBL tente de toute évidence de rattraper le retard qu’elle accumule depuis plusieurs années par rapport à celles des autres holdings. À la Bourse de Bruxelles, AvH avait déjà accompli cette performance en 2013, Sofina en 2014 et Bois Sauvage à l’automne 2016. Il y a un mois, c’était Brederode qui était à la manœuvre. Ce groupe financier vient en effet de balayer un record qui, pour ce qui le concerne, remontait toujours à l’année 1999.

GBL doit à la recomposition de son portefeuille le retour à des temps meilleurs. Le holding a considérablement réduit le poids des secteurs de l’énergie, de moins en moins généreux au niveau de la distribution des dividendes, dans son portefeuille. Exit les actions de l’énergéticien français Engie , la part du pétrolier Total a fondu. L’heure n’est manifestement plus aux investissements dans l’énergie traditionnelle.

… place à la croissance

Autre point peu emballant du portefeuille, la participation dans le cimentier LafargeHolcim n’a jusqu’à présent guère souri aux gestionnaires du holding. Il semble toutefois que le plus dur soit derrière eux en ce qui concerne ce groupe franco-suisse. L’effondrement de sa valeur en Bourse à la fin des années 2000 avait tout bonnement effacé la plantureuse plus-value (plus de 2 milliards d’euros!) qu’avait réalisée GBL en 2006 sur sa participation de 25,1% dans l’allemand Bertelsmann.

GBL vise désormais des niches de croissance pour espérer "créer de la valeur sur le long terme pour ses actionnaires", selon sa formule consacrée. Le holding s’active également aux investissements alternatifs. Dans le même temps, il veille à assurer une répartition géographique plus poussée de ses investissements. Son portefeuille a de moins en moins les couleurs de la Bourse de Paris (Pernod Ricard et Imerys ). Il renferme aussi des participations suisses (SGS et LafargeHolcim), allemande (Adidas ), britannique (Burberry) et, à nouveau, belges (Umicore et Ontex) entre autres.

Analystes peu suivis

Est-ce volontaire ou non, il est frappant de constater que le choix des investissements ne tient pas beaucoup compte des recommandations d’analystes. Parmi les actions citées ci-avant, il n’y a que celle de Total – dont GBL réduit d’ailleurs son poids – qui est plébiscitée par 82% des analystes suivis par Bloomberg et qui se sont prononcés depuis début mars. Ils visent un cours de 52,8 euros en moyenne.

Pour Adidas, ceux qui en recommandent l’"achat" et ceux qui suggèrent plutôt de "conserver" se retrouvent quasi à parité, avec un objectif de cours moyen de 177 euros. Concernant les autres lignes d’investissement, la note "à conserver" l’emporte largement, en particulier pour Burberry , une des toutes dernières trouvailles de GBL. 70% des analystes disent la "conserver" en tablant sur un cours de 16 GBP. Elle cotait hier 17,5 GBP.

Augmentation de capital

Enfin, on laissera le soin aux actionnaires de GBL, qui se réuniront le 25 avril lors de leur assemblée générale ordinaire, d’interroger leurs dirigeants pour savoir s’ils ont l’intention d’augmenter le capital de la société à brève échéance. Albert Frère, qui présidait-il y a peu encore aux destinées du groupe financier, avait coutume de proposer une telle opération à chaque fois que le cours de Bourse caracolait à des… sommets. La dernière fois que cela avait eu lieu, c’était en 2006. La nouvelle action avait été émise au prix de 80 euros.

©Mediafin

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